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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 05:36

Algérie - Après les émeutes - Barons de l'informel : 1 société civile : 0

emeute embrasement algerie

 

L'informel, selon plusieurs experts qui pointent la puissance de ses réseaux. «El Hadj», 56 ans, l'un des plus grands barons de l'informel algérien, se dévoile et met à nu un gigantesque engrenage mafieux. El Watan Week-end l'a rencontré. Il nous livre en brut ses explosives confessions.

Mon âge, peu importe, je le compte en jours, non pas en années, car les jours pour moi ont une signification importante. A chaque jour son virage et pour d’autres, leurs tourments. Mon enfance ne m’évoque pas de souvenirs, à part celui de mon village. Je suis natif de Ferdjioua. Ma jeunesse, en revanche, est pleine d’aventures. A chaque jour, une rencontre. Et à chaque rencontre, une péripétie nouvelle. Peu avant les événements d’Octobre 88, je marchandais, rue de Chartres à la Basse-Casbah. Comme chaque matin, j’étalais ma marchandise, je saluais mes voisins et je hélais les clients : «Six serviettes à 1 DA !» Ce n’était pas chose facile, affronter ces regards, ces dames distinguées et ces vieux délicats. En 1989, j’ai été contacté par un officier de la Sécurité militaire qui se présenta alors comme émigré. Il me proposa une nouvelle activité, le change de devises, et de laisser tomber mon étal à la Basse-Casbah. Un business juteux puisque cela me permettait de gagner 1000 DA par jour. Une fortune inespérée pour moi qui gagnais à peine 200 DA la journée, somme insuffisante pour subvenir aux besoins de ma petite famille. La place de l’Opéra (square Port Saïd) devint mon nouveau territoire, la place financière la plus forte de toute l’Algérie, juste à côté du Palais de justice d’Alger. Le choix de la place n’était pas fortuit : c’est le carrefour entre la sortie de la gare routière, la gare des taxis et, le plus important, la sortie du quai des voyageurs du port d’Alger.

2 millions en urgence

Je me suis installé au café mitoyen de l’hôtel Terminus, pas loin de la rue de la Liberté. Drôle ! Ou étrange. Une symbolique qui fera de cette place le signe du commerce informel où tout s’échange, se négocie, où tous les coups bas sont permis aussi. L’affaire devint florissante. Mon carnet d’adresses était rempli de clients potentiels, avec qui les rencontres étaient programmées à l’avance. Mon parrain venait en fin de semaine récupérer ses dividendes. Avant de disparaître. Un ami m’a alors prévenu : «Fais attention, c’est un agent !» Je décida de reprendre seul l’affaire, en recrutant autour de moi. J’ai rendu visite à mes anciens amis du marché de la rue de Chartres et je leur ai proposé l’affaire. Un soir maussade, mon parrain refit surface et me déclara : «Il faut arrêter de vendre les devises !» Sans la moindre explication. «Mon supérieur a besoin de deux millions de francs en urgence», m’a-t-il ensuite ordonné. Je me suis tout de suite exécuté. Une semaine après, j’ai remis le sac des «Pascals» à l’agent qui me proposa de partir à Marseille dans la semaine. Visa en poche, j’embarquai sur un vol Alger-Marseille d’Air France. A mon arrivée, une personne m’approcha et me demanda de le suivre. Il m’expliqua que je devais prendre attache avec des grossistes et envoyer la marchandise en Algérie. Il prit le soin de m’indiquer la liste et les adresses de commerçants.

Un terrain en cadeau

J’ai pris la commande, quarante conteneurs de café. Mon contact me ramena un sac d’argent : «Tu payes avec ça, le compte est bon.» A mon retour à Alger, j’ai rendu visite à mes employés au square Port-Saïd et j’ai fait les calculs de mon business. La récolte était bonne : dix millions de francs français. Je n’ai plus revu mon premier contact. Un autre a pris le relais,  Daoud. J’ai appris plus tard que Daoud était commandant dans l’armée. Je recevais les ordres et j’appliquais à la lettre ses instructions. En guise de remerciement, un lot de terrain à Kouba m’a été offert. Malgré tout, je n’étais pas tranquille. Mais je devais continuer, je ne pouvais plus faire marche arrière. J’ai multiplié les déplacements à Marseille, d’autres agents prenaient attache avec moi. Ce n’était en vérité que des intermédiaires de généraux que j’allais rencontrer plus tard. J’importais mes premiers conteneurs de café et de légumes secs sans déranger le business des généraux. Eux, à coup de milliards, déversaient des tonnes de sucre, de blé, de bois au port d’Alger. Je me suis aperçu qu’à Marseille je n’étais pas le seul à faire ce «travail» pour le compte des hauts gradés. Je voulais voler de mes propres ailes. Alors avec des associés, nous avons recruté des proches et nous les avons placés à des postes sensibles, dans la justice, la police, les douanes, les ministères et au sein même de l’armée. Les généraux pour lesquels nous sous-traitions n’ont affiché aucun refus et se sont mis à les installer dans leur nouveau poste.

Impossible de reculer

Ils étaient trop occupés pour se rendre compte de ce que nous complotions. Les opérations d’importation continuaient et nous nous occupions de l’écoulement des marchandises dans le marché. Pour cela, on avait mis en place un vrai circuit de distribution. Les marchés de Tadjenent, El Eulma, El Hamiz, Barika et Semar recevaient des marchandises importées du monde entier. Nous les gérions par la manière forte et personne ne pouvait nous concurrencer. Nous bénéficions des largesses du pouvoir et nous, nous nous servions comme nous voulions en lots de terrain et en appartements. Et pour couronner le tout, des permis de port d’arme nous ont été délivrés par la police, terrorisme oblige, mais aussi pour les affaires. Au square Port Saïd, nous recrutions des jeunes de nos patelins. Nous montions en grade et nos noms étaient sur toutes les lèvres. Des hommes politiques de toutes les obédiences et même des hauts responsables de l’Etat s’ajoutaient à notre cercle de connaissances. Nous déléguions leurs transactions à des personnes tiers. Pour protéger nos clients et garantir leur anonymat, nous avons établi des registres de commerce sous de faux noms, de fausses adresses, au nom de personnes décédées ou qui souffrent de troubles mentaux ! Je sais, je sais, nous avons trahi le peuple. Mais nous ne pouvions pas reculer, le coup est parti. Un jour, je rendis visite à un général qui n’est plus de ce monde aujourd’hui. Ce jour de brume, il me parla politique, d’un général pour lequel les affaires semblaient ne plus marcher, d’une bourde qu’il aurait commise, d’un président mou et gênant. Des intrigues, encore des intrigues. Je ne comprenais pas son discours, ni ses confessions ni d’ailleurs la raison qui l’a poussé à me parler de cela. J’appris plus tard, en Suisse, que Liamine Zeroual avait  démissionné. Un agent de l’ambassade est venu me voir et me demanda de procéder comme prévu au versement. Une berline grise fut mise à ma disposition. J’ai été hébergé chez un ami importateur qui venait d’acquérir un hôtel à Genève. Je suis resté quatre mois dans sa maison, où confort et luxe s’entremêlaient.

Cevital et Khalifa

J’ai eu droit à un massage thaïlandais, des sensations auxquelles mon corps et mon esprit n’avaient jamais goûté. Maintien ou limogeage du président, cela ne m’évoquait plus rien. Mais devant l’insistance de mon ami, je compris l’enjeu, moi qui n’étais pas politisé. «As-tu entendu parler de Bouteflika ?» me demande le haut gradé. «Non», ai-je répondu tout de suite. «Si le vent le ramène par là, je te le présenterai», me dit-il. Cela ne  s’est jamais passé. De retour à Alger, j’ai rendu visite à ma mère, très malade. Grâce à mes connaissances, elle a été hospitalisée à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja. Mes enfants avaient grandi, ils avaient quitté l’école et je leur ai confié la gestion des stocks et la vente directe aux grossistes. Ils ont pris la température et ont compris que leur père n’était qu’un grand baron du change de devises et de l’importation. De quoi leur donner  fierté et orgueil. Mais au fond, j’étais toujours morose. J’ai accompli le hadj avec un général de l’armée. Depuis, je m’appelle «El Hadj». C’était à l’époque la mode, tout le monde avait pour nom «El Hadj». Se faire appeler ainsi était devenu une protection et assure l’anonymat. Dans les salons, on ne parlait que de Bouteflika, futur président. Il nous a été présenté comme le messie. «Ne craignez rien, vos affaires sont à l’abri», nous rassurait-on. Justement, on parlait beaucoup de business en haut lieu. Des groupes industriels et financiers émergeaient et prenaient de l’ampleur : Blanky, Cevital et Khalifa étaient considérés pour nous comme une menace. Ce qui s’est confirmé par la suite.

«Amis» protecteurs

Certains ont commencé à parler investissement et cela nous a beaucoup dérangés ! Nous avons décidé alors d’agir et de surveiller toutes les transactions aux ports et d’identifier leurs fournisseurs à l’étranger. Entre-temps, nous avons inondé le marché de marchandises à bas prix. Pas de place pour les intrus. Nous avons fait de Dubaï notre nouvel Eldorado. En  France, le jeu était devenu trop dangereux et de nouveaux acteurs arrivèrent. On parlait de gros investissements français en Algérie et nos «amis» généraux se tournaient leurs pourvoyeurs.  Khalifa est ensuite devenu le copain des hauts responsables de l’Etat. Quelque chose se tramait alors que nos contacts commençaient à nous lâcher. Nous l’avons vécu comme une trahison, un drame. L’entourage du président avait fermé le jeu. Mais nous avons vite réagi. Une crise alimentaire se profilait alors à l’horizon, l’arrêt de l’importation en masse des produits de première nécessité allait provoquer une crise, surtout à la veille du Ramadhan. Nous avons relancé nos circuits et l’équation du jeu du pouvoir ne pouvait plus se faire sans notre consentement. Khalifa a été notre premier objectif. Grâce à nos contacts, nous avons réussi à prendre attache avec l’entourage du président et ses conseillers les plus proches. Khalifa, suite au lobbying d’un conseiller à la Présidence ainsi que d’un haut responsable militaire, ouvrit la ligne Alger-Dubaï.

Dubaï business

Une nouvelle aubaine, le transfert d’argent vers l’étranger allait enfin reprendre, les milliards que nous avions engrangés pouvaient enfin circuler ailleurs. Le vol inaugural avait connu un engouement particulier. Sur la liste des voyageurs, il y avait des noms, bien connus, qui sont devenus nos amis. Les réseaux ainsi tissés, le business reprenait de plus belle. Nous avons alors effectué des placements dans des banques et avons procédé à l’achat de biens immobiliers. Nous avions tous des téléphones cellulaires ATM. Nous avons consolidé les marchés sous notre houlette. L’Algérie ne manquait de rien. Nos informateurs, placés un peu partout dans l’administration, nous ont appris que de nouvelles têtes émergeaient dans le business. Il ne s’agissait en fait que des conseillers du président, des chefs et des décideurs politiques. L’essence de leur politique : «L’argent est le pouvoir». Nous avons alors participé à leur financement, le RND, le FLN et le MSP. Ces derniers étaient les plus loyaux, leur business passait par nous. Les politiques étaient là pour nous défendre. Et même si le gouvernement tentait de promulguer des lois à l’encontre de nos intérêts, ça bloquait, grâce à nos amis, qui étaient en contrepartie généreusement remerciés.

«Un sale jeu»

Mais l’entourage du Président, ambigu et barricadé, était difficile d’accès. Heureusement que nos amis militaires étaient là pour nous aider. Entre-temps, Abdelmoumen Khalifa prenait de l’ampleur et dérangeait : on le vit à la télévision en compagnie du Président. Du jamais vu ! Pendant ce temps, la Kabylie était en feu (événements de 2001), nos amis militaires étaient préoccupés par la situation et ne donnaient aucun signe. Après la Kabylie, il «fallait en finir avec la bête». L’affaire Khalifa a alors éclaté. Nous avons appris que Khalifa s’était trop éloigné des deux clans au pouvoir et avait échappé à leur contrôle. Il fallait des boucs émissaires et la justice s’en est occupée. C’était le début de la guerre des clans. Mais pour nous, les affaires reprenaient dans l’ombre. Nous tenions toujours debout, car, au pouvoir, ils ont tous compris que sans nos services le trafic et les affaires n’auraient pas lieu. Au square Port-Saïd, des nouveaux clients apparaissaient, des investisseurs étrangers pour la plupart (tunisiens, syriens, égyptiens, libanais...), tous liés à Djezzy, pour acheter des euros. De très hauts cadres de l’Etat continuaient à nous solliciter pour le transfert d’importantes sommes d’argent… Mais le jeu est devenu de plus en plus sale. Dangereux. J’ai alors décidé de me montrer plus discret et j’ai accompli un autre hadj. Je voulais être loin. Maintenant, la location de mes biens immobiliers me suffit. Mes enfants ont pris le relais, mais ils ont été rattrapés par d’autres gens, beaucoup plus féroces. Ils font à leur tour ce que leur père n’aurait jamais dû faire : le business de l’argent sale ! Le jour où vous ne verrez plus de «cambistes» au square Port-Saïd, on pourra alors dire que l’Algérie a changé ! 

Source El Watan Zouheir Aït Mouhoub

Le Pèlerin

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 04:57

Histoire de l’Algérie - La France donnait son nom à l'Algérie

conquete algérie

Entre Juillet 1834 et Le 18 Octobre 1848

(Précédemment ce Pays était appelé soit Afriqya (Par les pays Arabes) ou Berberie (par les pays Européens)

Le nom d'Algérie correspond à un pays immense (le deuxième de l'Afrique par la taille), pays au moins dix fois plus étendu que le territoire sur lequel s'étendait l'autorité du dey de l'ancienne Régence en 1830, date de l'intervention française.

Pour les géographes arabes du Moyen Age, seule existait «l'île du Couchant» (djeziret el Maghreb), ensemble montagneux, forestier et steppique de l'Atlas, isolé entre, d'une part, l'océan Atlantique et la Méditerranée et, d'autre part, les vastes étendues, monotones et désertiques, de ce qu'on nomme actuellement le Sahara septentrional. Le mot Maghreb a la même étymologie que le mot Maurétanic désignant le pays du couchant, de l'occident par rapport au lieu saint de l'Islam, La Mecque. Appelée concomitamment ou successivement tout au long des siècles Maurétanie, Berbèrie ( de Berbères), Barbarie (qui donnera Barbares), la fraction de cette île du couchant, l'Algérie du nord n'avait pas de nom particulier avant de devenir au XVe siècle, avant l'installation des Turcs, la Régence d'Alger, domaine politique aux limites assez floues

Pour les Français qui s'y établissent à partir de 1830, elle ne prend que progressivement une nouvelle identité. Dès 1831 cependant, le mot Algérie apparaît à deux reprises dans l'ordonnance royale du 1" décembre créant une intendance civile. Mais on parlait toujours de l'ancienne Régence ou des Possessions françaises dans le nord de l'Afrique. Après les travaux de la Commission d'Afrique, fut publiée l'ordonnance du 22 juillet 1834, préparée par le Maréchal Soult en tant que président du Conseil, et qui instituait le régime des «possessions françaises dans le nord de l'Afrique (ancienne Régence)» C'est un texte fondamental dans lequel on a vu l'acte de naissance du pays. Le commandement militaire et la haute administration étaient confiés à un gouverneur général qui, sous le contrôle du Ministère de la guerre, disposait de toute l'autorité, prenant seule- ment l'avis d'un conseil composé des plus hauts fonctionnaires. De plus, décision très importante pour l'avenir, il était précisé que : «Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, les possessions françaises dans le nord de l'Afrique seront réglées par nos services d'Alger» ou Berbèrie.

Ce texte est l'Ordonnance du Roi des Français n°7654 «Sur l'Administration Civile de l'Algérie», il ne fait que légaliser pour la première fois un terme fabriqué par la langue française où il commence à avoir valeur d'usage. Depuis cette ordonnance

Le Pèlerin

 

 

 

 
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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 04:44

Humour et poésie bretonne

amour-et-campagne.jpg

La nuit était noire, la lune était blanche

Nous étions seuls, elle et moi, sa peau si douce, ses yeux si bleus

Je savais ce qu'elle attendait de moi

Je lui dis de se calmer, de ne pas se rebeller

Je fis courir ma main, doucement sur ses reins

Je n'y connaissais rien, mais je fis de mon mieux

Pour placer mes doigts, délicatement entre ses seins

Je me souviens de ma peur, de l'excitation de mon cœur

Jusqu'à ce moment béni, où ma honte s'enfuit

Après quelques Hisse et Han, Il ne fallut pas longtemps

Pour qu'en un jet puissant, jaillisse le liquide blanc

J'étais un homme à présent, c'était la toute première fois cet automne... 

.........Que je trayais une vache Bretonne.

Le Pèlerin

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:04

Algérie - Campagne moisson - Battage à Tipasa : La production en deçà des prévisions

agriculture

 

Quoique les objectifs tracés par le ministère de l’agriculture dans le contrat de performance inhérent à la production céréalière soient atteints dans la wilaya de Tipasa, il n’en demeure pas moins que les perspectives projetées par la direction des services agricoles (DSA) de la wilaya avant le début de la campagne moisson/battage de cette saison ne sont pas réalisées.

En effet, les prévisions de la DSA, calculées sur la base des surfaces emblavées cette année (16.000 hectares), misaient sur une moisson de 466.007 quintaux toutes espèces de céréales incluses. En détails 286.054 quintaux de blé dur, 121.353 quintaux de blé tendre, 48.100 quintaux d’orge et 10.500 quintaux d’avoine, avec un rendement global de 31 quintaux/ha. Seulement, ces chiffres qui promettaient encore pour cette année une production locale exceptionnelle ont été revus à la baisse à quelques jours de la clôture de l’opération moisson/battage.
Actuellement, la récolte a atteint pratiquement 360.000 quintaux, dont 207.010 quintaux de blé dur, 98.900 quintaux de blé tendre, 44.805 quintaux d’orge et 8860 quintaux d’avoine. «La campagne de moisson/battage se poursuit encore à travers la wilayas de Tipasa. Avec la récolte déjà engrangée on a dépassé les objectifs assignés dans le contrat de performance de la tutelle.
Tout de même on espérait que les rendements soient, comme l’année dernière, exceptionnels, mais à cause de deux contraintes d’ordre climatique, en l’occurrence un choc thermique (chaleur et froid) observé fin février et début mars ainsi qu’un déficit hydrique, on a enregistré une petite baisse de production par rapport aux prévisions tracées», confie un chef de service de la DAS de Tipasa.
En termes plus clairs, les contraintes évoquées par le responsable en question, se sont traduites par l’empêchement d’un grossissement normal du grain après sa formation, dans une partie des champs semés, d’où la baisse du rendement. «L’opération de stockage de la production dans les trois points de collecte de la wilaya implantés à Hadjout, Cherchell et Bourkika qui cumulent, pour information, une capacité de 250.000 quintaux, se poursuit toujours. Jusqu’à maintenant on est arrivé à la collecte de 50% de la moisson», affirme encore le chef de service.
Toutefois, il y a lieu de signaler que, pour la première fois, les exploitants agricoles de Tipasa n’on pas eu recours à l’aide des moissonneurs des autres wilayas pour boucler la campagne de cette année. «Avec les 11 nouvelles moissonneuses-batteuses mobilisées par la CCLS (coopérative des céréales et des légumes secs), qui s’ajoutent aux six engins déjà existants, les fellahs de la wilaya n’ont pas trouvé de difficultés, comme ce fut le cas auparavant, pour procéder à la moisson de leur production. En tout, on a recensé uniquement 16 hectares de céréales déclassés pour manque de rendement et 10 autres ayant subi des incendies. D’une manière générale et techniquement, la campagne s’est très bien déroulée et surtout sans grandes pertes notables», conclut le même interlocuteur

Source Horizons Amirouche Lebbal.

Le Pèlerin

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:00

Algérie - Le RCD appelle à une marche mardi

said-sadi.jpg

Après l’émeute, place à l’initiative politique. Le RCD appelle à mettre fin aux “tergiversations ou aux spéculations partisanes” afin de “sauver l’Algérie du chaos par un engagement citoyen”.

Pour permettre aux citoyens d’exprimer pacifiquement les revendications portées par la dernière révolte de la jeunesse algérienne, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a décidé d’investir la rue. “Le RCD décide de déposer, ce jour (hier, ndlr), une demande d’autorisation pour une marche populaire le mardi 18 janvier 2011 pour permettre aux citoyennes et citoyens algériens d’exprimer pacifiquement leurs inquiétudes et leurs revendications dans un cadre concerté en vue d’aboutir à la mise en œuvre d’une phase de transition permettant au peuple algérien de décider librement de son destin”, affirme le parti de Saïd Sadi, dans un communiqué rendu public hier. “L’heure n’est plus aux tergiversations ou aux spéculations partisanes. Il est encore temps de sauver l’Algérie du chaos par un engagement citoyen à la mesure des enjeux. Nos aînés ont libéré la terre algérienne d’un ordre politique anachronique pour lui substituer un état démocratique et social. Le devoir de tout patriote algérien est d’honorer ce sacrifice et cette promesse”, souligne-t-il encore.
S’il estime que “les émeutes qui ont ensanglanté l’Algérie et la Tunisie interpellent la conscience de tous les patriotes qui œuvrent à un parachèvement de nos guerres de libération par la construction d’institutions légitimes garantissant la paix, la liberté, la justice et le progrès”, le RCD trouve plus de grâce au pouvoir de Ben Ali qu’à celui de Bouteflika. “Si le pouvoir tunisien s’essaie à prendre des mesures d’apaisement en ordonnant la libération de tous les prisonniers et en proposant des réponses structurelles — même tardives — aux contestations qu’il affronte, il n’en est malheureusement pas de même en l’Algérie. Après celui de la Communication, le ministre de l’Intérieur tunisien vient d’être démis de ses fonctions”, relève le parti de Saïd Sadi, qui dénonce le ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, l’accusant de s’adonner à la provocation. “En déclarant que “le seul sport qui intéresse les jeunes, c’est la rapine et le vol”, ce responsable travaille intentionnellement à rallumer la braise pour retarder l’émergence d’une contestation politique organisée”, estime le parti de Saïd Sadi.
Fidèle à sa ligne de conduite, le RCD s’est durement attaqué au régime de Bouteflika. “Face à la dernière révolte, le pouvoir algérien s’enfonce dans l’irresponsabilité en se réfugiant dans le mépris et la répression d’une jeunesse exaspérée”, relève-t-il, avant d’ajouter : “Les sanctions qui s’abattent sur les jeunes manifestants sont, en dépit des violences qu’ils ont pu commettre, une manœuvre injuste et dilatoire. La conjoncture actuelle appelle d’autres décisions que le recours à un juridisme fallacieux.” Le RCD se fait encore plus incisif envers les tenants de la désinformation requise par le régime pour discréditer à la fois les manifestations et l’opposition. En effet, le parti de Saïd Sadi dénonce la “stratégie de provocation” retenue par le pouvoir et qui se décline par “les infiltrations de délinquants dans les manifestations” ainsi que par “la désinformation orchestrée, à travers des relais tapis dans une certaine presse — et quelques clubs universitaires — accablant l’opposition démocratique pour exonérer le pouvoir de sa banqueroute”. Fort de sa conviction qu’“au-delà d’une grave crise politique, l’Algérie se trouve aujourd’hui dans une impasse historique”, le RCD “invite l’ensemble des forces patriotiques, toutes sensibilités confondues, à demeurer mobilisées pour déjouer les provocations et la désinformation”. Pour sa part, il affirme avoir donné instruction à toutes ses structures pour “nouer des contacts avec l’ensemble des forces politiques et sociales acquises à l’avènement d’un état de droit afin d’initier toute action en faveur d’une prise en charge des revendications citoyennes, notamment la libération de tous les détenus”. Si une telle initiative est de nature à démentir les assertions de ceux qui accusent l’opposition et les partis de ne proposer aucune alternative et d’être en déphasage avec les attentes de la société, elle pourrait aussi mettre le pouvoir dos au mur.
Car une question se pose : ce dernier, qui s’émeut du fait que les jeunes n’aient pas emprunté la voie pacifique pour exprimer leurs revendications, laissera-t-il un parti d’opposition organiser une manifestation ? Ou va-t-il se déjuger encore une fois en interdisant cette manifestation pacifique ?

Source Liberté Arab Chih.

Le Pèlerin

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 06:57

 L’implantation de Renault en Algérie se précise

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«Le directeur Général adjoint et directeur commercial du groupe Renault Jérôme Stoll a confirmé, lundi, l’avancée du projet industriel de Renault en Algérie.

«Le directeur Général adjoint et directeur commercial du groupe Renault Jérôme Stoll a confirmé, lundi, l’avancée du projet industriel de Renault en Algérie. Un marché qui compte pour le groupe » a rapporté, avant-hier, le site économique Leboursier.com. «Nous avons des discussions avec le gouvernement algérien et nous espérons avancer en 2011» a expliqué Jérôme Stoll, cité par le site économique.

«Ce projet de première usine de Renault dans le pays porte sur une capacité de 75 000 véhicules (4 modèles) différents qui seraient principalement destinés au marché algérien » souligne Leboursier.com.

Pour rappel, le ministre de l’industrie a fait savoir, le 2 janvier dernier, que «depuis six mois, le constructeur français Renault revient avec une meilleure proposition ». « Renault a examiné avec beaucoup plus d’intérêt les attentes de la partie algérienne. Nous attendons effectivement de l’investissement, mais pas seulement pour monter une usine de montage de véhicules», a-t-il précisé. «De ce point de vue, nous pensons aujourd’hui que le projet Renault est beaucoup plus acceptable pour nous», a-t-il estimé devant un parterre de cadres de son ministère et de chefs d’entreprises. «Dans un premier temps, Renault voulait venir uniquement avec son label et ses licences et pas d’investissement dans le capital. Sur cette question Renault est revenu avec de nouvelles propositions, qui nous paraissent intéressantes, y compris en terme de production», a-t-il ajouté. «Dans une première étape, Renault se proposait de monter une usine pour produire 50.000 véhicules par an. Aujourd’hui, il revient avec une proposition pour fabriquer 75.000 unités par an avec une gamme plus variée, qui est passée de deux modèles de véhicules (dans la première version) à quatre modèles», a-t-il fait savoir. Renault a même accepté, selon le ministre, «les conditions de l’Algérie relatives à un taux d’intégration progressif et à faire des engagements pour que ce taux augmente au fur à mesure de la réalisation du projet». Lors de la visite à Alger fin novembre dernier de M. J.P Raffarin, envoyé spécial du président français Nicolas Sarkozy, et chargé des questions économiques, le dossier de l’implantation d’une usine de Renault en Algérie, avait été abordé par les deux parties. M. Benmeradi avait alors souligné dans une déclaration à l’APS que «les détails de l’investissement ne sont pas encore arrêtés, mais le principe retenu lors des discussions entre les deux parties est d’arriver à produire 75.000 véhicules particuliers par an pour trois ou quatre modèles’’. Les discussions portent sur « la création dans une première étape d’une usine de montage, qui sera suivie dans une seconde étape par la fabrication de véhicules avec un taux d’intégration de l’industrie nationale de 40% étalée sur quatre ans», avait révélé le ministre. ‘’Si les négociations aboutissent, l’usine sera implantée sur les sites de la SNVI’’, selon le ministre, qui a indiqué que Renault s’est proposé de ‘’livrer ses véhicules au marché algérien d’ici à 2012′’. Par ailleurs, M. Benmeradi a précisé lors du Forum d’El Moudjahid que «Renault a accepté également que la partie algérienne soit associée à la commercialisation des véhicules produits par la future usine», a-t-il précisé. Renault maintien son leadership sur le marché automobile algérien. Le constructeur automobile a annoncé avant-hier, ses résultats pour 2010. L’Algérie est le 12ème marché du groupe français avec 63.369 véhicules vendus, soit une part de marché de 29,1%. Mais l’année 2010 a été celle des ventes record pour Renault dans le pays. Sa part de marché a ainsi augmenté de 5,7 points par rapport à 2009. En Algérie, Renault reste la marque numéro 1 du groupe grâce aux bons résultats de la Symbol. Dacia est la 5ème marque la mieux vendue dans le pays, avec la Logan notamment. Mais le marché algérien n’intéresse pas seulement le constructeur français. Il y aussi l’allemand Volkswagen. «Aujourd’hui, Volkswagen insiste beaucoup pour venir. Nous avons eu des échanges assez intéressants avec ce groupe», avait indiqué M.Benmeradi lors d’une conférence animée au forum d’El Moudjahid. M. Benmeradi a annoncé la mise en place le gouvernement d’un comité chargé de suivre les dossiers comportant les propositions de partenariat dans le domaine de l’automobile et le développement de ce secteur. Le comité est composé de cadres relevant de différents ministères dont celui de l’Industrie, et également de représentants des sous-traitants algériens de la filière mécanique, ainsi que de responsables de la SNVI.

Source Le Financier

Le Pèlerin

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:48

Algérie - Les politiques économiques du passé peuvent-elles sauver notre avenir ? (2/2)

foire algerie 

 

Lorsque le secteur public freine le développement

Pourtant, les autorités politiques semblent avoir pris conscience dernièrement des limites de l'effet de la dépense publique sur le développement. Le Premier ministre, dans son discours devant le Sénat le 19 octobre 2010, a reconnu que la dépense publique récurrente est intenable sur le long terme et que l'Etat ne peut pas continuer à injecter 3000 à 4000 milliards de dinars chaque année dans le circuit économique. Déjà, au cours de l'été 2008, devant les cadres de la nation, le Président de la République a critiqué publiquement et en des termes sévères la politique économique suivie et notamment les privatisations en déclarant «nous nous sommes trompés et nous avons eu tout faux» sans apparemment provoquer un véritable sursaut pour changer de gouvernance économique.

Mais, en général, la classe politique reste attachée, malgré les multiples réformes économiques (mais aussi judiciaires, éducation formation, foncières) presque toutes avortées, à l'investissement public, notamment dans l'industrie. Elle est aussi attachée à la croyance que tout développement doit venir de l'Etat et que le secteur privé est par essence parasitaire et qu'il est incapable de porter une politique de développement. Elle reste convaincue que la dépense publique dans la sphère économique entraîne ipso facto le développement sans jamais se préoccuper de son efficacité ou de sa rentabilité réelle.

Pourtant, il ne semble pas du tout opportun, en ce moment, de revenir au renforcement du secteur étatique car l'expérience passée a montré son inefficacité pas pour des raisons uniquement idéologiques mais simplement pour ne pas rééditer les travers d'organisation et de gouvernance tout à fait stériles qui se révéleront incapables de faire face à la mondialisation et risque de retarder le développement du pays. Le professeur Taieb Hafsi1 a montré dans une contribution survolant la jeune histoire économique du pays que ce retour relève «d'idées naïves et dangereuses».

Il faut rappeler que l'Etat algérien est un agent macroéconomique autonome qui pendant plus de quatre décennies a été capable d'assurer seul les équilibres globaux de toute la sphère économique. Il a pu le faire parce qu'il a toujours capté l'essentiel de la richesse de la nation, soit la rente pétrolière.

De plus, il contrôlait également toutes les productions essentielles de biens à travers les entreprises publiques. Il a aussi financé les investissements et les déficits par la rente pétrolière, la création monétaire et également par les emprunts sur les marchés internationaux. On a parlé à son sujet d' «Etat démiurge» [De Villers]. Même s'il détient encore une capacité d'intervention financière importante, l'Etat algérien ne dispose plus, aujourd'hui, des moyens de stabiliser la conjoncture, c'est-à-dire de maintenir la demande globale. Malgré le retour au soutien direct et indirect des prix à la consommation assez conséquent (lait, pain, carburants, électricité, eau), il ne peut plus assurer cette mission en raison, d'une part, du recul du secteur public dans la sphère de l'économie réelle et de la montée de la production du secteur privé traditionnel dont la valeur ajoutée dans la production intérieure brute hors hydrocarbures se situe aujourd'hui à environ 80%, et d'autre part, du poids de l'économie informelle.

Il y a au moins trois phénomènes concomitants qui ont disqualifié le secteur public comme vecteur de développement en Algérie : le refus de considérer que le but final de toute action économique est la création en premier lieu de richesses en mobilisant l'épargne réelle pour amorcer le développement, la «répression financière» et enfin le «Stop and Go» propre aux systèmes rentiers

1- La consommation improductive de capitaux

Comme nous l'avons montré par ailleurs2, l'investissement public dans le secteur productif n'a pas permis de créer un véritable tissu industriel ni susciter la croissance et encore moins le développement, en raison notamment d'une mauvaise allocation de capitaux. L'utilisation des richesses tirées des hydrocarbures a conduit en particulier à traiter la notion de rentabilité des investissements avec beaucoup de légèreté.

D'autre part, le système a été perverti par l'absence de contrôle réel sur l'utilisation des ressources rares consenties à l'investissement. Et de faire de la rentabilité financière des projets et de celle des entreprises une mesure de l'efficacité économique. Les entreprises rencontreront des contraintes fortes à tous les stades (main-d'oeuvre qualifiée, technologie, environnement adéquat) sauf au niveau des ressources financières.

- D'abord, c'est une croissance économique fondée sur l'expansion des facteurs de production, et non sur l'accroissement de la production par unité de facteur de production qui a été mise en place. Les lois économiques enseignent que ce type de croissance est inévitablement soumis à la loi des rendements décroissants et que dans ce cas le ralentissement du stock de capital peut être très brutal.

Pour lutter à la fois contre l'effet des ces rendements décroissants et réaliser le développement du pays, l'Etat propose sans cesse de lancer des projets nouveaux et apporter de l'argent frais pour couvrir la demande (assurer les salaires, les transferts sociaux et soutenir les prix des produits de large consommation). La dépense publique est utilisée «naïvement» comme un outil de transformation social et politique que l'Etat doit réaliser à n'importe quel coût.

- Ensuite, les crédits ainsi accordés au lieu d'être recyclés sont en permanence détruits. Aucun retour sur investissement n'en est attendu. Les crédits sont détruits au terme de la réalisation des investissements.

Ceux-ci ne seront pas davantage récupérés à la fin du prochain cycle. Une course perpétuelle d'extension des capacités ou de leur renouvellement se déclenche qui ne réglera pas le problème de l'offre mais engloutira de plus en plus de capitaux: l'investissement devient dans ces conditions une consommation improductive de capitaux (en devises fortes).

Mais, l'opération demeure indolore car elle n'est pas supportée directement par un prélèvement sur l'épargne interne (mais sur la rente, la création monétaire ou les emprunts extérieurs) et elle n'apparaîtra au grand jour que bien plus tard lorsque la rente fera défaut. Parce que ces financements se situent en dehors de la sphère réelle de production, l'ensemble de l'économie s'installe dès lors dans ce que l'on appelle «l'illusion monétaire» où tout lien entre l'»économie réelle» et la base du crédit est rompu. Ainsi, l'ensemble du secteur public vit donc en permanence une grave crise structurelle, soutenu à bout de bras par des découverts bancaires «revolving» que les pouvoirs publics continuent à corriger en proposant à intervalle régulier des restructurations financières de plus en plus onéreuses.

Depuis les années 1970, l'Etat a recours à l'assainissement financier qui consiste en l'effacement par le Trésor de toutes les dettes des entreprises publiques détenues par les banques pour relancer l'investissement. Les montants concernant cette restructuration financière ont été colossaux ces dernières années (sans compter ceux des années 1970-1980) : estimés à plus de 40 milliards de dollars entre 1991 et 2007 et plus de 5 milliards de dollars entre 2008-2009.

Le problème est que ces montants ne visent que le haut du bilan (découverts bancaires, frais d'exploitation) et ne peuvent avoir aucun effet sur la santé financière de ces entreprises en proie à des problèmes structurels (management, environnement, marché, technologie). Cette opération cyclique ne peut trouver aucune justification économique sérieuse sinon celle de préserver la paix sociale en continuant à distribuer la rente sans aucun effet sur la croissance.

- Enfin, l'Etat déverse sur le marché des sommes colossales uniquement destinées à des secteurs non productifs avec des délais de réalisation très courts. Et comme ces investissements dépassent de très loin les capacités d'absorption de l'économie locale, ils vont constituer un appel d'air à l'importation de biens et services à grande échelle. C'est donc un appel sans équivoque aux capacités des très grandes entreprises internationales qui est ainsi lancé. Mettre à niveau les infrastructures de base est sans conteste une nécessité après deux décennies de désinvestissement et de saccage. Mais un programme gigantesque d'infrastructures et de transferts sociaux ne peut pas remplacer un véritable programme économique capable de promouvoir la croissance et générant richesses pour la population et le pays et non destiné, même si ce n'était pas le but, aux multinationales.

Dans ce contexte, l'envolée de la monnaie de crédit, sans contrepartie réelle, devient inévitable et finira par gangrener tout le système économique.

On peut parler «d'intoxication financière» sans compter le «syndrome hollandais». Ainsi, les fuites du système financier vont se déverser sur la sphère de l'économie informelle qui capte aujourd'hui selon certaines analyses plus de 40% de la valeur ajoutée et 2/3 de la masse fiduciaire en circulation.

2- La répression financière et l'illusion monétaire

De ce fait, la relance de l'investissement réellement productif s'est heurtée et se heurte toujours en premier lieu à la «répression financière».

«La répression financière» interdirait aux efforts consentis pour le développement de donner toute leur mesure. McKinnon3 considère les structures monétaires et financières comme le facteur déterminant dans le processus de développement. Une économie est considérée comme financièrement réprimée, «si on est en présence de la coexistence de deux secteurs dont l'un est informel et l'autre est formel».

Le succès de toute stratégie de développement reposerait fondamentalement, selon cette approche, nécessairement sur la mobilisation de l'épargne intérieure par l'adoption d'une politique réaliste de taux d'intérêt et une intermédiation financière efficace (Banques et institutions financières performantes et immergées dans le système financier international). Pour éviter la «répression financière» et par conséquent mettre fin au secteur informel, il faudrait une stratégie qui repose sur le développement de l'intermédiation financière dont l'objectif est la stimulation de l'épargne au service de l'investissement. Les taux d'intérêt doivent être toujours à un niveau réel positif pour pouvoir accroître simultanément le taux d'épargne et le taux d'investissement, ce qui va stimuler la croissance sous l'effet de la hausse du revenu induit.

Lorsque l'on applique ce type de diagnostic à l'économie algérienne on se retrouve au cœur du problème de la relance économique. Le handicap principal de la politique économique actuelle est justement la très mauvaise performance du système financier et l'existence d'un important secteur informel qui décourage les investissements.

L'état désolant de la Bourse d'Alger avec seulement deux entreprises non cotées régulièrement, l'oisiveté des surliquidités des banques publiques, le manque récurrent de liquidités auprès des bureaux de poste ou l'état lamentable des billets de banque et le nombre impressionnant de marchés informels en sont la meilleure illustration.

La sclérose du système financier a été bien analysée par une contribution récente de F. Nemouchi4 qui montre que la diffusion de la rente par le biais de la dépense publique entre en contradiction frontale avec les objectifs de stabilité monétaire recherchés par la Banque centrale. Les fuites monétaires représentent 25,7% de la masse monétaire au sens large en 2009 et la modernisation des instruments de paiement n'a pas eu, non plus, d'impact sur la monnaie sous forme de billets par rapport à la masse monétaire globale (M2) puisque celle-ci est restée stable de 2000 à 2009 autour de 24%. Par contre la circulation fiduciaire a augmenté plus vite atteignant 276% entre 2000 et 2009 (124% seulement en Tunisie et 134 % au Maroc pour la période).

Alors que la masse monétaire a augmenté de 16,3% en 2008, elle va brusquement chuter à 3,21% en 2009. Ces fluctuations brutales empêchent à la Banque d'Algérie de stabiliser la masse monétaire au niveau recherché autour de 13% pour 2009. Cette situation d'instabilité ne permet pas à la Banque centrale de lutter contre l'inflation (autour de 6%) et de stabiliser le taux de change au moyen des recettes monétaristes classiques. Ne pouvant réprimer la masse monétaire, il ne reste plus à la Banque centrale qu'un seul levier : celui d'agir sur le crédit interne en limitant les crédits à l'économie. C'est ainsi que se justifient amplement l'interdiction du crédit à la consommation pour les particuliers et les règles drastiques dictées aux banques primaires pour limiter l'accès des entreprises au financement des investissements. Seuls les investissements de faible valeur dits « productifs » d'accompagnement des programmes sociaux à taux bonifiés y échappent (ANSEJ, CNAC, ANGEM, FNDRA). Cette politique est en contradiction totale avec les besoins des banques de faire fructifier leur surliquidité oisive qui ont été de l'ordre de 2249 milliards de dinars en 2009. La Banque centrale va donc reprendre cet excès de liquidité pour 1100 milliards de dinars en 2009, comme placement des excédents des banques primaires dépassant leurs réserves légales.

Il ne faut pas croire que le secteur privé a manqué d'ambition ou de projets capables d'absorber cette masse monétaire. Durant la période allant de 2002 à fin 2008, un total de 51 456 projets d'une valeur de 5 799 milliards de dinars a été enregistré par l'ANDI (Agence publique d'orientation des investissements). Ces projets, devant créer plus de 843.000 postes d'emploi, provenaient principalement d'investisseurs nationaux pour 72% d'entre eux. Il semble que moins de 10% de ces projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation. Les autres projets n'ont pas pu voir le jour souvent faute de financement adéquat et d'assiette foncière ou d'autres barrières bureaucratiques.

Par exemple, actuellement, sans intervention politique appuyée (en dehors de tout cas de corruption) pour des projets rentables, structurants et inscrits dans les priorités du Gouvernement, il est très difficile d'obtenir un financement ou un terrain d'assiette pour un investissement privé d'envergure. Il reste encore assez difficile pour une PME d'obtenir un crédit d'exploitation ou une ligne de financement pour ses importations. L'opinion la plus répandue dans la sphère des agents de l'Etat gérant l'économie (administration, banque, douane, impôt) est que l'argent public doit aller au secteur public et que le secteur privé doit se financer à 100% à partir de sa propre épargne. Dans le cas contraire ils estiment que ce privé n'a pas sa place dans le secteur économique puisque il est incapable d'apporter le capital nécessaire. Il considère que si son projet sera réalisé au moyen des prêts bancaires, il va forcément devenir « un riche arrogant et un fraudeur parasitaire ». Cette idéologie « socialisante » post-indépendance reste encore assez répandue.

Il faut également rappeler que les taux d'intérêt sont négatifs depuis ces dernières années afin, semble-t-il, d'encourager l'investissement. Pourtant, le taux d'investissement brut est resté relativement stable sur la période. Le cours du dinar participe également à la fuite du système au moyen d'un mode de fixing administratif opaque préféré à un réel marché interbancaire de la devise. Le dinar est décroché du cours parallèle qui, lui, semble mieux refléter les performances réelles de l'économie locale (30% au dessus du fixing en moyenne actuellement, le FMI recommande en général de le garder à 10% du taux officiel).

Enfin, les déficits du budget de l'Etat sont très importants et sont financés exclusivement par monétisation à partir du Fonds de régulation des recettes pétrolières ce qui accroît encore plus les désordres monétaires. Ce Fonds (FRR) devait au départ servir à neutraliser la rente pétrolière pour éviter qu'elle ne pollue l'économie réelle et servir exclusivement à réduire l'effet des chocs pétroliers à venir. En réalité, il va servir au Gouvernement de cagnotte pour faire face aux dépenses imprévues et à financer le déficit du secteur public.

3- Le Stop and Go

Un autre phénomène est lié aux syndromes précédents, le «Stop and Go ». Il est l'une des caractéristiques les plus significatives des systèmes rentiers. Il se manifeste pendant les périodes fastes par une augmentation significative des importations en fonction des rentrées et ces mêmes importations sont immédiatement réprimées dès qu'arrive une baisse drastique et brutale des recettes. Ce « Stop and Go » va à chaque fois effacer les gains de développement ou de croissance de la période précédente. D'ailleurs, nous pouvons constater que suite à l'amélioration du niveau des recettes pétrolières les importations sont passées d'une moyenne de 10 milliards de dollars par an en 2002, à près de 40 milliards de dollars en 2009 et pour les importations de services qui était très modestes auparavant l'Algérie a déboursé plus de 11 milliards de dollars en 2009.

Entre autre résultat, aujourd'hui, l'économie algérienne après 40 ans de « Développement », est en train de décrocher par rapport aux économies sœurs des pays du Maghreb (Maroc, Tunisie) dont la valeur ajoutée du secteur industriel dépasse les 15% du PIB alors que celle de l'Algérie qui était à 18% dans les années 1980 a régressé à moins de 5% en 2009 et sa structure se rapproche un peu plus des économies voisines pauvres du Sahel.

Finalement, deux plans plus tard tous les indicateurs économiques et sociaux sont en berne.

L'Algérie a perdu des points en matière d'index de compétitivité. Avec un score de 3,7 l'Algérie (99e) est derrière la Libye (91e), le Maroc (73e), la Tunisie (36e).

Le Forum mondial relève entre autres : le peu d'intensité de la concurrence locale (113e), l'absence d'un marché financier dynamique et moderne (132e), le manque d'efficience du marché du travail (132e), la capacité de l'innovation (133e)5. On peut toujours remettre en cause les critères de classement des divers organismes internationaux, ils restent tout de même dans l'absolu un élément de comparaison assez crédible.

Les réformes sans cesse remises aux calendes grecques

On peut ainsi s'apercevoir que nous sommes en train de vivre une véritable crise de gouvernance économique et que les décisions économiques aussi radicales que celles de La LFC 2009 apparaissent le plus souvent que comme du bricolage ou au mieux des décisions hâtives et émotionnelles. Les mesures prises n'ont aucun rapport avec les problèmes économique du pays. Ce n'est pas l'activité des citoyens, des entreprises ou même celle des « fraudeurs » qui sont la cause principale des désordres mais ce sont les contradictions de la politique économique erratique de l'Etat qui en sont en grande partie la source. Se recroqueviller sur soi ne va pas nous sauver des effets de la mondialisation et ne fera pas de notre économie un compétiteur solide et « autocentré » ni faire sortir miraculeusement à partir de sociétés moribondes des « champions ».

On peut en effet constater que les recettes du FMI, si elles ont eu des effets réels rapides concernant les grands équilibres macro-économiques, au prix de grandes privations, elles ont eu par contre peu d'effets au niveau des privatisations et de la relance de l'investissement car les réformes structurelles qui devaient suivre ont été abandonnées.

Les privatisations

Concernant les privatisations du secteur public, imposées en réalité dans le cadre des mesures libérales du plan d'ajustement structurel du FMI, la volonté politique a manqué dès lors que les recettes de l'Etat ont permis de s'en passer en mettant des fonds importants à la disposition des entreprises publiques structurellement déficitaires. Le « flou artistique » de la politique économique, qui dès lors va naviguer entre libéralisme et étatisme avec souvent peu de rigueur et de réalisme dans sa conduite, rend l'horizon économique illisible pour l'ensemble des opérateurs et surtout pour les IDE (Investissements directs étrangers). Malgré de nombreuses campagnes de promotion lancées dans le monde et en Europe en particulier, cette politique n'aura pas permis de convaincre les repreneurs internationaux de l'attractivité du pays. Les velléités de privatisation sont apparues comme des gesticulations politiques suivies de nombreuses hésitations malgré les convictions affichées et le poids politique de M. Temmar, ministre alors en charge du dossier. Le poids et le rôle du syndicat UGTA a été également déterminant pour geler ce dossier et revenir à la situation ante, sans pour cela entraîner une remise en cause officielle du processus.

Il semble que dans le monde où nous vivons la privatisation (peut-être partielle) est inéluctable et la retarder est contre-productif. Pourquoi l'Etat se priverait-il de la Bourse pour conduire l'ensemble des entreprises publiques viables vers la privatisation ? C'est en réalité une des formules des plus valables pour créer un véritable marché financier. C'est le moyen le plus sûr, le plus efficace et le plus transparent pour réussir la privatisation. Comment les autres partenaires pourraient faire confiance à la Bourse d'Alger si son principal animateur et fondateur l'Etat s'en éloigne ?

Ouverture ou insertion dans l'économie mondiale ?

On a estimé que l'ouverture a été un échec. Mais quelle ouverture avons-nous pratiquée ?

L'Etat a conduit une politique libérale en usant des instruments de régulation de l'économie dirigée. On a eu évidemment le mariage de la carpe et du lapin. De plus, avoir basé toute sa stratégie sur les IDE, dès le début des années 2000, s'est révélé une grave illusion. Aucun pays au monde n'a été développé par des étrangers. Egalement, ouvrir son marché, sans en mesurer les conséquences, conduit à la catastrophe. Quels gains pouvait attendre une « économie contrainte » qui importe environ 80% de ses besoins et n'exporte que des matières premières d'un traité de libre-échange ? En dehors de quelques hypothétiques retombées politiques cet échange est un marché de dupes sauf si on dispose d'un plan de développement cohérent anticipant sur l'avenir. Par exemple, faire de l'Algérie une plate-forme pour l'exportation de produits des pays émergents qui n'ont pas accès directement aux marchés européens et arabes, sécuriser les exportations de gaz, fédérer les pays maghrébins dans un marché unique

Par ailleurs, un marché informel des devises toléré par l'Etat ne peut servir qu'à des importations illégales et aux fuites des capitaux. On a, également, attendu des banques internationales installées en Algérie qu'elles dynamisent notre marché financier mais la Banque centrale, au lieu de s'inspirer de leur expérience, va leur imposer la même gouvernance obsolète que celle des banques publiques sous prétexte d'application de règles prudentielles. Nous nous retrouvons avec des clones de banques publiques qui en plus pompent nos devises.

La relance de l'investissement

Il serait probablement temps de mettre fin à l'insertion passive par les hydrocarbures (le slogan de l'après-pétrole n'a de sens que si nous nous affranchissons d'une manière ou d'une autre de la rente comme moteur de la croissance) en se fixant comme objectif :

- mettre en place avec pragmatisme et sans tergiversation les règles d'une véritable économie de marché.

- Faire des hydrocarbures des matières premières à faire valoriser d'abord sur place et envisager la fin des exportations de ce produit dans le moyen terme en valorisant sur place chaque goutte de pétrole et chaque mètre cube de gaz. Sachant que la pétrochimie reste un secteur porteur et rentable, il n'y aurait certainement pas trop de difficulté à réussir ce pari. Il conviendrait de faire de même pour l'ensemble des gisements miniers et pour les ressources agricoles à valoriser (alfa, dattes, olives, agrumes, vignoble).

- Il faudrait probablement créer des noyaux durs sous forme de pépinières (incubateurs) à partir des universités et de la recherche pour ne pas décrocher sur les créneaux porteurs d'avenir (nouveaux matériaux, énergies nouvelles, NTIC).

- Il serait également judicieux de doter les administrations techniques en charge des infrastructures et de grands projets de véritables expertises et multiplier les « think tank » pour donner au pays les anticipations nécessaires sur toutes les questions de son avenir et mettre à niveau les ressources humaines.

- Concernant l'industrie, il semble qu'il soit contre-productif de chercher à courir derrière la fiction des « stratégies industrielles » rêvées. Qui connaît la « stratégie industrielle » officielle de la Chine, des Etats-Unis ou de l'Union européenne ? Le capital ira vers les marchés et les projets les plus rentables quel que soit la branche et il est difficile de prévoir à moyen terme et encore moins à long terme sa destination. Des pays industrialisés plus richement dotés que nous et disposant de solides expériences mobilisant leurs Gouvernements et leurs opinions publiques ont échoué au jeu des « filières stratégiques » et il suffit de se rappeler « le flop » du plan sidérurgique ou le plan calcul français qui n'ont pu doter la France d'une industrie dans ces domaines, ni seulement les garder. Il est toujours bon de rappeler que le développement ne s'achète pas et ne se décrète pas et ne réussit que s'il est porté par des capitaux et des hommes se mouvant en toute liberté. L'Etat devra veiller à la transparence et à la sincérité des transactions.

La seule stratégie valable est celle de mettre à la disposition de tous les investisseurs sans discrimination (nationaux et étrangers, publics et privés) ou de créneaux les meilleures conditions et les facilitations leur permettant de réaliser des projets bancables. On peut imaginer pour des raisons de rattrapage que l'Etat accorde des bonifications d'intérêt ou des baisses d'impôts pour des projets particuliers en petit nombre ou pour des catégories de citoyens (handicapés, femmes) ou des régions, sans pour cela léser les autres investisseurs ou les évincer.

Il nous faut travailler sur le fameux climat des affaires et rendre notre pays attractif pour ses enfants, sa diaspora et accessoirement pour les IDE. Les étrangers ne viendront que s'ils sont mis en confiance par les investisseurs locaux et que ces derniers sont satisfaits de leurs conditions économiques.

Notes

1-Taieb Hafsi - Socialisme et étatisme : des idées naïves et dangereuses - Site : TSA -Algérie du 8 et 9-04-2010.

2- M.Hadjseyd « L'industrie algérienne : crise et tentative d'ajustement » L'Harmattan, Paris 1996.

3- R.I. McKinnon «Money and capital in economic development» The Brookings Institution, Washington D.C, 1973.

4- F. Nemouchi « La rente et l'instabilité monétaire », Le Quotidien d'Oran du 9-12-2010.

5- Rapport Forum économique de Davos « La compétitivité -2009 ».

Source le Quotidien d’Oran Mahrez Hadjseyd

Docteur. Economiste-consultant

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 09:26

Corruptions : Algérie, pays riche et peuple pauvre en colère

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Dans le «Soir Corruption» de lundi dernier – 3 janvier 2011 –, nous avions évoqué dans un article intitulé «Risque d’explosion des prix du pétrole en 2011/La grande corruption en forte hausse en Algérie», à travers les énormes recettes issues de l’exportation des hydrocarbures, et les dérives créées par le Fonds des recettes excédentaires, le gouvernement n’étant lié par aucune obligation de rendre des comptes.
Dès le lendemain, le 4 janvier, le directeur de la prévision et des politiques au ministère des Finances, sur les ondes de la radio Chaîne III, confirmait nos interrogations et indirectement reconnaissait la gravité de la situation quant à l’opacité prévalent dans l’utilisation notamment des dépenses d’équipement. Deux jours plus tard, des émeutes explosaient un peu partout en Algérie. Pays riche, peuple pauvre et en colère. En pleine crise économique mondiale, l’Algérie continue d’afficher une santé financière insolente. Fin décembre 2010, les disponibilités du Fonds de régulation des recettes étaient de l’ordre de 4 800 milliards de dinars, soit plus de 65 milliards de dollars. «Il y a un accroissement de 500 milliards de dinars par rapport à leurs encours fin 2009», a annoncé Abdelmalek Zoubeidi, directeur de la prévision et des politiques au ministère des Finances, invité mardi 4 janvier de la Chaîne III de la Radio nationale. Le Fonds de régulation des recettes est alimenté par le différentiel entre le prix réel du baril de pétrole sur le marché international et celui fixé pour le calcul dans la loi de finances. Ce dernier est de 37 dollars le baril pour 2011. Les réserves de change de l’Algérie étaient, selon le même responsable, de 155 milliards de dollars fin 2010. «Cette assise financière permet de conduire le programme 2011 dans des conditions soutenables. Il y a aussi une marge de sécurisation pour les années à venir», a-t-il dit.
Contexte d'expansion de la dépense d’équipement
Cependant, M. Zoubeidi a reconnu l’existence d’un déficit du Trésor. «Cela est lié au fait que nous sommes dans un contexte d'expansion de la dépense d’équipement. Il y a quatre lignes pour financer ce déficit : le financement bancaire, non bancaire, extérieur et le Fonds de régulation», a-t-il expliqué. Excluant le financement extérieur, il a indiqué que le fonds de régulation permet de financer partiellement le déficit du Trésor. Il a observé que le niveau de la dépense pour 2011 est assez lourd avec des budgets d’équipement et de fonctionnement dépassant les 6 000 milliards de dinars. «Il faudrait veiller à ce que les projets inscrits à un certain montant ne soient pas alourdis avec des réévaluations additionnelles. Celles-ci peuvent provenir soit d’une maturation insuffisante soit d’une évolution imprévisible des prix des matériaux», a-t-il expliqué. Selon lui, la séparation entre l’étude et la réalisation des projets permet de maîtriser la maturation et éviter les réévaluations. Il a rappelé que l’Inspection générale des finances (IGF) a désormais la prérogative de procéder au contrôle de la dépense publique quel que soit le statut de l’entité qui procède à cette dépense. Cela concerne aussi les entreprises privées qui bénéficient de subventions de l’Etat, de prêts ou de garanties. «Le programme d’action de l’IGF est validé annuellement par le ministère des Finances. Le fait de contrôler les choses et de les suivre constitue un facteur de sécurisation contre les dérapages», a-t-il noté. Est-ce que ces contrôles sont effectifs ? Pourquoi ne pas les rendre publics ? Et ces dérapages, quels sont leur nature, leur nombre et leur volume ? Et le gaspillage qui prévaut à grande échelle ? Et la gabegie, pratique quasi généralisée, au sein des institutions de l’Etat, à tous les niveaux.
Source Le soir d’Algérie D. H.

Le Pèlerin

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 09:21

Airbus - Méga commande d’A320 en ce début d’année 2011

A320 neo

 

Airbus, la filiale d'EADS, a dévoilé ce jour une commande record de 180 appareils A320 de la part de la firme indienne à bas coûts IndiGo, comprenant 150 appareils moyen-courriers de version NEO (new engine option) ainsi que 30 modèles classiques. La commande, inédite par son ampleur, représente un montant aux prix catalogue de 16,4 Mds$ environ ! De toute l'histoire d'Airbus, jamais le constructeur n'avait enregistré une commande ferme d'un si grand nombre d'avions. Il s'agit également d'un record plus général dans l'histoire de l'aérien commercial.
Source Finance  Plus

Le Pèlerin

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 07:47

Algérie - Les politiques économiques du passé peuvent-elles sauver notre avenir ? (1/2)

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Pascal Lamy

 

Par La crise financière mondiale dite des « subprimes » semble avoir pris au dépourvu les pouvoirs publics algériens au début de l'année 2009, dès qu'elle a provoqué la baisse soudaine de la demande mondiale d'hydrocarbures durant le deuxième semestre 2008.

Pourtant, les autorités n'ont pas cessé d'affirmer, au début de cette crise, que celle-ci nous a épargnés et n'aura aucun impact sur notre économie. Les arguments fournis ont voulu nous convaincre que, au moins pendant les trois prochaines années, notre économie sera à l'abri parce que la bonne gestion des finances publiques a anticipé ce type de scénario.

En effet, le FMI fait remarquer, avant la crise monétaire [rapport annuel 2007] qu'en fin de cycle les grands équilibres macro-économiques sont stables, la croissance hors hydrocarbures a été vigoureuse, l'inflation est restée faible et l'État a accumulé une épargne considérable dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) pour financer un vaste programme d'investissement public tout en ramenant la dette extérieure à de très bas niveaux.

Brusquement, en 2009, face aux déséquilibres annoncés de la balance commerciale le Gouvernement promulgue dans l'urgence la loi de finances complémentaire (LFC) 2009. Elle avait pour but de faire face à la baisse significative des prix des hydrocarbures et à celle du cours du dollar, monnaie de paiement des exportations, qui représentent 98% de nos exportations et 50% des revenus du Trésor public. Le Gouvernement avait estimé qu'il fallait mettre rapidement et sans concertation préalable en place des garde-fous pour prévenir des dégâts à venir plus importants et surtout réduire le volume des importations.

Ainsi des mesures phares sont prises : instauration du crédit documentaire comme unique moyen de paiement des importations, suppression du crédit à la consommation et imposition à tout investisseur étranger de prendre un partenaire algérien à hauteur de 30% pour les importations destinées à la revente en l'état et 51% pour les autres secteurs économiques.

Des Fonds d'investissements sont prévus pour renforcer en priorité le secteur public et amorcer une politique de l'offre sur un modèle keynésien. Les entreprises du secteur public qui vont recevoir ces fonds devront devenir des «champions» pour affronter, y compris sur les marchés internationaux, les grandes entreprises multinationales. La LFC 2009 débloque également des dépenses pour les transferts sociaux afin de traiter le chômage et la pauvreté.

La stérilité des stratégies de gestion à court terme

Ces mesures chocs de la LFC 2009 qui ont traumatisé le secteur privé et les investisseurs étrangers ont reçu le nom de «patriotisme économique». On peut faire remarquer que ce programme est, tout d'abord, intenable sur le long terme et dépend entièrement du niveau des recettes des hydrocarbures. Ensuite, il est peu probable que les mesures dites de l'offre puissent avoir un impact quelconque sur la structure de l'économie réelle et pourraient au mieux provoquer «une croissance sans développement». Elles ne semblent pas, non plus, de nature à provoquer une offre spontanée sur un marché approvisionné à plus de 80% par l'importation. L'offre supplémentaire qui devrait venir du secteur privé est entravée par les mesures bureaucratiques d'accès au crédit et à l'indisponibilité du foncier. Celle du secteur public se heurterait obligatoirement aux rigidités structurelles des entreprises et au manque d'autonomie de leurs anticipations malgré les fonds qui seront mis à leur disposition. Par ailleurs, les gestionnaires du secteur public sont placés en permanence dans un statut précaire où l'acte banal de gestion peut leur faire courir un risque pénal très élevé qui les tétanise et les confine à l'immobilisme. Ce n'est certainement pas de ce côté-ci qu'il faut attendre le sursaut de l'offre.

La crise financière va mettre en lumière les vulnérabilités structurelles anciennes de l'Algérie qui est «une économie contrainte» dépendante entièrement du marché mondial aussi bien pour ses importations que pour ses exportations. L'embellie des prix des hydrocarbures sur le marché mondial pendant dix ans semble avoir fait oublier cette réalité. Cette crise, comme la chute des prix du pétrole en 1986, semble avoir donné les mêmes résultats que par le passé et susciter les mêmes angoisses et les réactions de défense brutales et intempestives des pouvoirs publics. On constate qu'en l'absence d'une véritable stratégie économique, les Lois de finances sont devenues une politique de gestion à court terme de l'économie et du commerce extérieur. Au fil du temps elles sont devenues des politiques dirigistes de gestion économique appelées à corriger certaines dérives ou à durcir les règles légales observées par les structures administratives (impôts, douanes, commerce).

Elles sont généralement destinées à déjouer certaines fraudes, très souvent le fait d'une très petite minorité, par une généralisation de ces règles à toute l'économie alors que légalement elles ne devaient servir qu'à réguler les dépenses publiques (affectation des recettes et dépenses de l'Etat).

C'est pourquoi les dispositions draconiennes de la LFC 2009 ont été perçues comme un encadrement strict par l'Etat de certaines opérations commerciales et bancaires qui ne peuvent relever que de la libre appréciation des entreprises (instruments et techniques de paiement, maîtrise du risque de non-paiement, représentation juridique de l'entreprise, etc.) et même plus, comme un empiètement sur le droit de propriété.

A suivre

Le Pèlerin

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