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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 23:34

Facture d’électricité

Un rabais de 50% pour les habitants du Sud
 
Le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a présidé, hier, un Conseil interministériel consacré au dossier de la tarification de l'électricité dans les wilayas du sud du pays, a indiqué un communiqué des services du Chef du gouvernement.
 
Le Conseil s'est penché en priorité sur la question de la réduction des tarifs de la consommation des ménages, a souligné la même source, ajoutant que la tranche sociale qui est désormais annuelle est portée à 5 000 kwh pour tous les ménages. Toutes les factures se situant au-dessous de ce plafond annuel seront réduites de 50%, précise la même source qui relève, en outre, que ces réductions concerneront environ 90% des ménages. S'agissant du secteur de l'agriculture, le conseil a décidé la mise en place d'un groupe de travail qui sera chargé de faire des recommandations sur les meilleures formes de subvention à apporter aux agriculteurs. Ce groupe de travail devra rendre ses conclusions dans les prochains jours, en vue d'une décision par le Conseil interministériel, note le communiqué, précisant que ces mesures, annoncées dans le programme du gouvernement, sont “destinées à améliorer les conditions de vie des populations des wilayas du sud du pays et montrent l'intérêt que l'État accorde à cette partie du territoire national”.  
Source La Tribune
Le Pèlerin
 
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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 23:01

Santé : Adrar aura son centre anti-cancer

M. Amar Tou vient de clôturer sa visite à Adrar. A ce titre, un arsenal de matériel d’exploitation médicale, tel que les équipements pour les salles d’opérations chirurgicales, de neurochirurgie, d’orthopédie, des centres hémodialyses, des laboratoires, des chaises dentaires, etc., ont été proposés à la tutelle.

Le ministre promettra que « tous les besoins exprimés seront satisfaits. » Les responsables étaient invités à présenter au ministère des fiches techniques relatives au revêtement des espaces des hôpitaux et polycliniques. Lors de son inspection le ministre s’est dit satisfait du secteur de la santé au niveau de la wilaya d’Adrar. Cependant, il a donné quelques orientations relatives au respect de la carte sanitaire nationale qui exige l’implantation de salles de soins avec logements d’astreinte pour les praticiens, au niveau de chaque Ksar ou petite localité, dotées en permanence d’un généraliste et d’un paramédical. Il ordonnera aussi la réouverture de la maternité de Tamentit et la réactivation, avant la fin de l’année, de celle de Sali. Le secteur de la santé dans la wilaya d’Adrar a bénéficié d’une autorisation de programme de 460 milliards de centimes, dans le cadre des différents programmes de développement qui devraient couvrir le financement de 33 opérations d’équipements et de réalisations.

Vaste chantier

Ces programmes concernent le lancement cette année de 9 réalisations d’infrastructures légères pour les 3 secteurs sanitaires, à savoir : la réalisation d’une polyclinique, d’un centre de chirurgie dentaire, d’un centre d’épidémiologie, d’une structure de désintoxication, d’un centre intermédiaire pour la lutte contre la toxicomanie ainsi que d’une maternité rurale à Tinerkouk. Pour ce qui est des grandes infrastructures, 5 hôpitaux seront réalisés. Il s’agit de l’hôpital de 240 lits, d’une gériatrie de 120 lits, d’un centre de psychiatrie de 120 lits à Adrar, d’une maternité urbaine de 60 lits à Timimoun et, enfin, d’un hôpital de 60 lits à Aoulef. D’autre part, M. Tou annoncera l’injonction dans la loi des finances complémentaire 2007 la réalisation d’un centre pour cancéreux à Adrar. Au vu de cet investissement colossal consenti par l’Etat, le ministre avance que la santé publique à Adrar dispose actuellement de moyens équivalents à ceux dont disposent les autres wilayas du nord du pays.

Source El Watan

Le Pèlerin

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 23:46
Djanet : Désenclavement des populations isolées

Une enveloppe de 21,2 millions de dinars a été dégagée par l’antenne de l’Agence de développement social (ADS) de la wilaya d’Illizi, pour la réalisation de six projets de développement communautaire au niveau de la daïra de Djanet.  
Ces projets concernent les infrastructures de base, l’alimentation en eau potable, l’assainissement, l’électrification rurale, l’éclairage public et l’ouverture de pistes de désenclavement dans les localités de cette daïra, précise-t-on à la Direction de l’action sociale de la wilayas. Il s’agit de projets qui ont été retenus après recensement et étude des propositions fournies par les populations ciblées, suite à une enquête effectuée par les cellules de proximité de l’antenne de l’ADS dans les localités reculées de cette région touristique. Les bénéficiaires de ces opérations seront mis à contribution dans la concrétisation de leurs doléances et pourront également compter sur l’assistance technique des services des directions des travaux publics et de l’hydraulique, afin de livrer les ouvrages réalisés avant la fin de l’année 2007, dans le cadre d’un important programme d’amélioration des conditions de vie des populations des localités éloignées de cette région de l’extrême sud-est du pays.
 
Source El Watan

Le Pèlerin
 
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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 23:55

 A la découverte du Sud Algérien

Longues théories de dunes vibrant sous un soleil implacable, lent cheminement des chameliers au cœur d’un monde immobile : c’est souvent la première image qui s’impose lorsqu’on prononce le mot « Sahara ». Et pourtant le plus vaste désert du monde est un milieu étonnant et divers. Clio vous convie à découvrir deux régions du Sahara exceptionnelles par la splendeur de leurs paysages et uniques par l’abondance et la qualité des témoignages artistiques que les hommes du Néolithique y ont peints ou gravés à une époque où cette terre verdoyait sous un climat plus clément : le Hoggar et le Tassili des Ajjers.

Chacun sait que le désert n’a pas toujours été aussi aride qu’aujourd’hui, mais peut-on savoir comment les hommes y vivaient jadis ?

Il y a plus de douze mille ans, quand l’Europe était largement recouverte par les glaces, la zone saharienne connaissait un climat beaucoup plus humide qu’aujourd’hui. Les plateaux étaient couverts d’une savane arborée, les oueds étaient des rivières pérennes et les éléphants voisinaient avec les girafes et les hippopotames. Les hommes du Paléolithique y menaient une vie axée sur la chasse et la cueillette : la fin de la dernière grande glaciation bouleversa leur mode de vie. Une aridification progressive fit régresser la flore et la vie se concentra dans les fonds de vallées humides ou dans les zones de montagnes plus arrosées. L’homme dut s’adapter pour survivre. Le perfectionnement des outils de pierre marqua alors le passage au Néolithique. L’élevage le conduisit à fonder sa vie sur la gestion des troupeaux. L’environnement de plus en plus hostile rendit nécessaire des déplacements toujours plus fréquents : le Sahara devenait le domaine du nomadisme pastoral associé, plus tard, à une sédentarisation marginale dans les oasis vouées à l’agriculture.

Mais que reste-t-il d’une telle civilisation, fugitive par essence ?

Un immense trésor artistique ! Les pasteurs du Néolithique ressentirent le besoin de confier aux parois rocheuses leur reconnaissance envers les animaux nourriciers, leur crainte des grands prédateurs, la fierté du chasseur vainqueur d’un rhinocéros, ou de mémoriser les rites ancestraux. L’homme martela, incisa, polit la pierre pour en faire jaillir la vie. À l’ombre d’un encorbellement rocheux, il broya les ocres, les appliqua uniment, d’un geste précis, sur la paroi. La vie quotidienne, l’imaginaire, les fantasmes de ces hommes allaient traverser plus de cinquante siècles pour émerveiller et émouvoir le voyageur d’aujourd’hui et l’on ne peut que s’émerveiller de l’immense talent de ces artistes qui savaient d’un trait résumer le dynamisme du mouvement d’une antilope, la massivité d’un pachyderme, la fascination de la beauté.

Les hommes ont-ils conservé mémoire de ces traditions ?

Aujourd’hui encore, malgré l’irruption du monde moderne qui jette à bas les fondements économiques sur lesquels ont de tout temps reposé les modes de vie pastoraux et nomades, les Touaregs peuvent se prévaloir du lointain héritage des antiques civilisations sahariennes. Ces véritables « princes du désert » ont privilégié le verbe plus que l’image. Leur riche tradition orale, appuyée par la maîtrise d’une écriture originale, apanage des femmes, reste encore aujourd’hui le symbole de leur identité. Chants emplis des grands espaces, de la gloire des combats, de la mélancolie des départs ou troublantes oaristys nourrissent une poésie toujours vivante, toujours vécue, malgré l’abandon des troupeaux et des caravanes.

Quelle différence y a-t-il entre les deux voyages que vous nous proposez ?

Le Hoggar est un vaste massif montagneux, dominé par le massif de l’Atakor et ceinturé par les rebords de plateaux sédimentaires – les tassilis du Hoggar. C’est avant tout la région des paysages fantastiques et des gravures rupestres. Le Tassili des Ajjers, plateau creusé de vallées d’oued parfois étonnamment profondes, est le grand domaine des peintures rupestres sahariennes. Sur ce plan, les deux voyages sont réellement complémentaires. Mais une différence majeure tient au fait que, contrairement au Hoggar qui est sillonné de pistes praticables par les véhicules tout terrain, le Tassili des Ajjers n’est accessible qu’à pied. Même si les conditions de marche ne s’avèrent pas difficiles, ce circuit est naturellement plus exigeant sur le plan de la condition physique que le circuit au Hoggar.

Comment se déroule votre voyage au Hoggar ?

Ce circuit consiste en deux boucles effectuées au départ de Tamanrasset. Au nord, une piste assez difficile conduit à travers le massif du Hoggar – plus précisément de l’Atakor – à travers des paysages grandioses. Dans ce monde minéral, l’écorce terrestre dévoile ses racines et livre l’histoire de toutes ses convulsions. Paysage où l’homme ne peut que ressentir l’humilité, paysage à la mesure d’une personnalité hors du commun comme celle de Charles de Foucauld, qui choisit pour ermitage le sommet de l’Assekrem. Une seconde boucle de cinq jours conduit au sud de Tamanrasset vers les tassilis du Hoggar. À travers le vaste espace du reg, les cordons dunaires et les vallées d’oued, la piste mène vers les basses collines et plateaux rocheux qui recèlent de nombreuses gravures. Ce circuit s’effectue donc en véhicules tout terrain. L’accès aux sites de gravures rupestres est aisé et ne nécessite que de courtes marches.

En dehors des nuits passées en hôtel à Tamanrasset, le voyage s’effectue en bivouac. Je signale également que la nuit passée sur l’Assekrem se déroule à une altitude supérieure à 2 500 mètres.

Dans quelles conditions s’effectue votre voyage au Tassili des Ajjers ?

En l’absence de toute piste praticable par les véhicules tout terrain, seule la marche à pied permet de visiter le plateau des Ajjers et d’accéder aux sites des peintures rupestres. Cette randonnée nécessite une bonne aptitude à la marche, mais ne présente pas de difficulté particulière et n’a rien d’un parcours sportif. La durée journalière des marches est comprise entre quatre et sept heures, mais il s’agit essentiellement de promenades à la recherche des peintures dans des paysages qui n’engendrent pas la monotonie. Seule la longue traversée du plateau des Alendoumen le cinquième jour du circuit (un peu plus de vingt kilomètres) peut présenter une certaine difficulté. Un point important est cependant à préciser : le groupe est accompagné par une équipe locale qui fournit des ânes transportant les bagages tout au long du circuit pédestre. C’est donc les mains libres, sans sac à dos, que vous ferez ces promenades, ce qui est fort appréciable. Mais attention, les ânes ne peuvent supporter la charge d’une personne sur ce type de chemins : ne comptez pas sur eux pour vous transporter ! Naturellement, ce circuit s’effectue entièrement en bivouac, à l’exception des deux nuits à Djanet.

Qu’entendez-vous exactement par « bivouac » ?

Le Petit Larousse nous définit le bivouac comme un « campement provisoire en plein air ». C’est tout à fait exact, et le désert se prête parfaitement à cette expérience. Chaque voyageur aura soin d’emporter un duvet de qualité suffisante : les nuits peuvent être très froides dans le désert et, en hiver, les températures nocturnes oscillent entre 5 et 12 °C, avec une mention particulière pour la nuit passée sur l’Assekrem (circuit au Hoggar) où l’on peut subir cinq degrés en dessous de zéro…

Mais, même s’il s’agit de votre première expérience, je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas. L’expression consacrée de « nuit à la belle étoile » n’acquiert nulle part autant de réalité qu’au Sahara. C’est avec regret que vous retrouverez l’espace clos de vos nuits.

Qu’avez-vous prévu pour les repas ?

Le soir, au campement, l’équipe locale allume le feu du bivouac et prépare le repas. Ratatouille de tomates, oignons et courges diverses, pommes de terre rissolées ou cuites sous la cendre, ragoût de mouton ou de chèvre, brochettes, sauté d’agneau seront préparés sur place, accompagnés de la teguela, galette traditionnelle cuite sous le foyer dans le sable brûlant. Je précise cependant que la viande fraîche ne se conservant pas très longtemps sous le climat saharien, les derniers repas seront plutôt végétariens… L’eau est le bien le plus précieux au désert. Les ânes, et même les véhicules, ne peuvent en emporter des quantités considérables et il faudra vous montrer très économe du précieux liquide et vous contenter durant quelques jours de faire une toilette de chat à l’aide d’un litre d’eau et des lingettes imprégnées que vous aurez emportées.

Quelle est la meilleure saison pour ce voyage ?

Naturellement, les températures estivales excessives interdisent tout voyage dans des conditions acceptables en été. C’est pourquoi nous programmons nos circuits de fin octobre à avril. À cette époque de l’année, vous connaîtrez un climat chaud et sec. Les températures au cœur de la journée atteignent généralement 30 °C en décembre et janvier, 35 °C en novembre et février. Parfois cependant, un vent frais vient diminuer l’impression de chaleur et impose de se couvrir un peu plus. Enfin, la nuit, l’absence de couverture nuageuse entraîne une diminution fort sensible de la température dès que le soleil disparaît à l’horizon. Il faudra donc vous munir d’un anorak pour les bivouacs.

Faut-il prendre des précautions sanitaires particulières ?

Aucune vaccination n’est exigée pour se rendre au Sahara, et il n’y a pas actuellement de maladies endémiques. Il est naturellement conseillé d’être à jour des vaccinations classiques, en particulier contre l’hépatite. Les moustiques, présents seulement autour des rares trous d’eau permanents – les gueltas –, sont peu virulents à l’époque où nous programmons nos circuits. Cependant, ceux qui désirent éliminer tout risque pourront prévoir une prophylaxie antipaludéenne.

Ces circuits s’adressent-ils à tous les voyageurs?

En ce qui concerne leur intérêt culturel, il n’y a pas de doute : ces circuits s’adressent à tous les voyageurs passionnés. Il ne faut cependant pas ignorer que, même si les conditions matérielles sont parmi les meilleures possibles, elles se doivent de respecter la philosophie du désert, et ces circuits ne peuvent s’adresser qu’à des voyageurs qui les acceptent en connaissance de cause. Une mention supplémentaire doit être faite pour le circuit au Tassili qui nécessite une bonne condition physique et une bonne aptitude à la marche.

Pour conclure, à qui conseilleriez-vous de partir à la découverte du Sahara ?

À tous ceux qui ont un jour rêvé du désert, qui ont été fascinés par les légendes des « hommes bleus » et sauront comprendre que rien n’est moins désert que le désert.

Source Clio.fr

 

Le Pèlerin

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 23:02

  Robert Vernet. Préhistorien, chercheur au Centre inter-africain d’archéologie, professeur aux universités de Niamey et Nouakchott

Certains touristes se comportent en prédateurs


Source El Watan

Le Pèlerin

L’Algérie, comme de nombreux pays d’Afrique du Nord, fait face à la multiplication des affaires liées au trafic et au pillage archéologique. Quelle ampleur prêtez-vous à ces phénomènes ?
 Quoi qu’en soient les chiffres, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Mais il ne faut pas fatalement parler de trafic : le pillage n’est pas seulement le fait de trafiquants. L’Algérie fait partie des pays qui font aujourd’hui un gros effort dans le domaine de la répression du trafic du patrimoine, avec parfois un peu de naïveté. En janvier 2007, une importante saisie de pièces archéologiques en provenance du Mali a été faite à Roissy. Depuis toujours, les « gens du coin » ont récupéré des objets pour leur usage personnel ou pour en tirer profit. L’archéologie ancienne récoltait beaucoup et, à l’époque coloniale, expédiait en général le résultat en Europe. Il faut distinguer d’abord l’archéologie « classique »- grecque, romaine, égyptienne, historique dans le Sahel malien ou nigérien, par exemple - de la préhistoire. La première est beaucoup plus encadrée et plus rare, et nécessite des fouilles clandestines pour le pillage, ce qui n’est jamais facile à organiser ; la seconde, surtout dans le Sahara, étant exposée, dans des lieux presque toujours très isolés, à toutes les atteintes.
 Qui sont les auteurs de ces pillages ?
 Les touristes (expatriés ou venus d’Europe) ramassent très souvent quelques belles pièces. Parfois, ils en achètent aux autochtones, qui s’efforcent de répondre à la demande, puisqu’elle rapporte. Certains ont cependant un comportement de prédateur quasi pathologique, remplissant des cantines entières d’objets archéologiques. Certaines agences de voyages proposent des voyages dont un des thèmes est la visite de sites archéologiques… Quelques personnes financent leur prochain voyage au Sahara en vendant ce qu’ils ramassent ou achètent : ils remplissent leur véhicule et revendent en Europe. De véritables trafics organisés, avec complicités sur le terrain, dans les aéroports et chez les antiquaires en Europe et aux Etats-Unis. Le matériel saisi à Roissy auquel je faisais allusion plus haut était destiné à des antiquaires en Californie.
 Quels sont les types d’objets les plus recherchés ?
 Tout peut être exporté. Bien entendu, l’archéologie « classique » assure les plus gros bénéfices. Quelques cadeaux officiels - en particulier des statuettes de terre cuite ou de bronze - à des chefs d’Etat amis sont restés célèbres, de même que des exemples de pièces achetées par des musées de pays développés à des trafiquants ou d’objets volés dans des musées africains (le Nigeria a vu certaines de ses plus belles pièces sur le marché de l’art, pas toujours très regardant). Dans le domaine que je connais le mieux, la préhistoire, les pointes de flèche, peu encombrantes et fascinantes, les haches polies, les perles… Mais aussi les gravures rupestres découpées au marteau et au burin (j’en ai vu de belles tentatives avortées à Youf Ahaket, dans le Tassili de l’Ahaggar, il y a 15 ans). Le profit des trafiquants, qu’ils soient autochtones ou étrangers, est considérable : il suffit d’aller voir la partie émergée sur internet, où pullulent les sites de vente de pièces archéologiques, à commencer par E-bay, dont l’attitude est particulièrement hypocrite dans ce domaine.
 D’après vos constatations, quelles sont les zones vulnérables, les zones pillées ? Et pensez-vous qu’il y a encore un espoir de sauvetage ?
 Tout ce qui est géographiquement accessible est vulnérable. Aujourd’hui, grâce aux progrès techniques (véhicules 4x4, goudron, détecteurs de métaux, téléphone satellitaire…) qui assurent d’une part la sécurité et, d’autre part, l’accès à des zones autrefois « terra incognita » (GPS, électronique embarquée), aucune zone n’est à l’abri si elle n’est pas protégée pour une raison ou pour une autre. Je pense franchement qu’il est trop tard : nombre de régions sont déjà complètement pillées dans l’ensemble du Nord de l’Afrique.
 Pourquoi d’après vous les structures de recherches sont rarement impliquées dans la préservation du patrimoine ?
 Il est plus juste de dire que les institutions de recherches ont rarement les moyens matériels et humains d’intervenir dans ce domaine et, le plus souvent, pas le poids politique nécessaire.
 Quelle est d’après vous l’ampleur des pertes pour la recherche et pour le patrimoine, pour ce qui est de l’Algérie et ses pays voisins ?
 La perte est irréparable. Ce qui est parti a disparu et même si on saisit des cantines entières d’objets aux sorties des pays concernés, ces pièces archéologiques sont irrémédiablement sorties de leur contexte scientifique. Il n’y a guère d’autre solution que de donner des moyens aux chercheurs pour qu’ils puissent participer à la course de vitesse entre législations et institutions de surveillance d’un côté, et pilleurs - inconscients ou organisés - de l’autre.
 Quelle est la part réelle de responsabilité des tours opérateurs dans le pillage des sites archéologiques ? Faut-il se méfier de l’activité touristique ?
 La plupart des tours opérateurs sont conscients de leurs responsabilités et n’ont rien à se reprocher. Et il y a du progrès depuis quelques années. Malheureusement, certaines agences sont impliquées, parfois sans même s’en rendre compte - par exemple lorsqu’elles signalent que leur circuit passe par un site préhistorique exceptionnel. Il ne faut pas se méfier de l’activité touristique, qui joue souvent un rôle économique irremplaçable dans les régions de pillage. Mais il faut aider les acteurs du tourisme à prendre conscience du problème.
 Comment le phénomène va-t-il évoluer dans les années à venir ? Doit-on s’attendre à une razzia ? Comment en sommes-nous arrivés là ?
 Le progrès du monde moderne et le développement du tourisme de masse ne peuvent pas inciter à l’optimisme. Mais la prise de conscience progressive de tous les acteurs va s’amplifier : un problème n’existe que lorsqu’il est identifié. Les nations doivent découvrir ce patrimoine archéologique.
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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 23:44

  Voir Ghoufi et... le revoir !

C’est incontestablement l’une des merveilles de la nature en Algérie que ce canyon sinueux où se repose l’oued Labiod (Ighzer Amellal) après une longue course depuis les montagnes de Chelia. Une véritable citadelle millénaire qui s’étend de Tifelfetl à Kef Laârous, 90 km au sud de Batna sur la route de Biskra.

Surplombant l’oasis, les balcons de Ghoufi font la quintessence du site. Taillés en cascades dans la roche argileuse, ces balcons naturels ont attiré l’homme dans les temps anciens pour leur climat doux et la protection qu’ils offrent en temps de troubles. Les autochtones y ont construit des demeures aujourd’hui vieillies (axam takdimt), restées témoins d’une histoire incomparable faite de résistance et de recueillement durant les temps de paix. Ces maisons uniques en leur genre, qui, selon les versions connues, datent de 4 siècles, ont été habitées jusqu’aux années 1970. Il s’agit d’une sorte de résidences d’été préférées pour leur fraîcheur naturelle alors qu’en bas sur les berges du oued, des jardins d’éden sont cultivés à l’ombre de la palmeraie. Figues, figues de barbarie et grenades sont cueillies depuis si longtemps et offrent, avec les petits potagers, un vivier utile pour la population qui s’approvisionnait ailleurs en céréales. Durant la guerre de Libération, les habitants, interdits de travailler leurs champs tracés au pied des montagnes, étaient obligés de troquer les fruits et légumes dans les villages d’Arris. L’oasis compte 26 espèces de palmiers, célèbres pour leurs fruits très sucrés appelés bouzemmour, ainsi qu’une myriade de plantes appréciées pour leurs vertus médicales. Durant les troubles dus aux guerres tribales, les familles devaient s’abriter dans les citadelles en pierres taillées, érigées sur les étages les plus élevées. Ce sont les citadelles des archs Ouled Yahia, Ouled Moussa, Ouled Mansour, Ouled Mimoun, Ouled Ouriach, OUled Fateh, Tabaâlith, Ouled Abed, Ouled Idir, Ouled Bouakkaz, Ouled Messaoud, Tifelfel et Ouled H’lel. Tous ces archs composent le douar Ghassira. Les murs de ces anciennes forteresses sont toujours habités par l’esprit des anciens et celui des maîtres religieux installés depuis le 1er siècle de l’hégire pour convertir la population berbère. Les zaouïas de Sidi Zemmour, Sidi Moussa, Sidi H’med Ben Sadek et Sidi Bakhouche vivent encore pour raconter la vie spirituelle et la tradition de la tarîqa rahmania. Le visiteur qui descend des balcons vers l’oued empruntant l’escalier Chentour, âgé de 4 siècles, est subjugué par la magie du lieu et sa virginité. Une beauté féerique qui avait attiré l’une des chaînes hôtelières les plus prestigieuses, le Transatlantique, pour y construire en 1902 un hôtel incrusté dans la falaise épousant le site et les axam takdimt. Avec ses 14 chambres et son messe des officiers, le transat du Ghoufi accueillait une activité touristique importante jusqu’à sa destruction, guerre de Libération oblige, par les combattants de l’ALN en 1955. L’emprunte de la résistance ajoute au prestige historique du site et son mystère. Le tourisme avait continué à animer le site jusqu’aux années 1980 et aujourd’hui encore la beauté de Ghoufi appelle les regards et s’offre généreusement aux invités du pays chaoui.

Source El Watan

Le Pèlerin

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 23:35
Le Sahara, définir le désert?
Ancien rédacteur en chef des revues Ulysse et Notre Histoire
 
Le Sahara, contrairement à une image simpliste qui s'est perpétuée durant des siècles, n'est pas qu'un moutonnement infini de dunes de sable. Les rallyes qui, chaque année, le traversent et le dénaturent en donnent au moins des images de plus en plus contrastées. De l'océan Atlantique, à l'ouest, jusqu'à l'Égypte, à l'est, voire jusqu'à la péninsule Arabique, bien rares sont les endroits d'où végétaux, animaux et hommes sont totalement exclus. Quasiment partout, une végétation adaptée nourrit un nombre étonnant d'animaux sauvages et domestiques… Daniel Elouard nous permet aujourd'hui de dépasser nos préjugés et d'appréhender à la lumière des dernières connaissances ce lieu mythique.
Rien n'est plus difficile à définir qu'un désert
 
Rien n'est apparemment plus facile à définir qu'un désert, car on pense qu'il « suffit » d'imaginer un espace sans vie. Or il n'existe jamais de lieu totalement privé de vie, et le souffle du vent sur quelques grains de sable suffit à donner une chance au destin. De la steppe pierreuse aux montagnes dénudées, des immenses dunes aux étendues glacées, il peut prendre des milliers de formes. 
D'ailleurs, jusqu'au XVIIe siècle, le mot « désert » n'avait rien à voir avec ces étendues prétendument mortes, que l'on ne connaissait d'ailleurs pas vraiment en Occident. Au Moyen Âge par exemple, ce mot désignait des lieux écartés, souvent une forêt, une lande, voire des marécages, où s'isolaient des personnes recherchant le silence pour méditer et prier avant, bien souvent, d'y fonder des monastères. Au début de notre ère, le désert de Scété en Égypte et, nettement plus tard, le Sahara ont ainsi accueilli des solitaires cherchant à se retirer du « monde » pour y rencontrer Dieu. Mais depuis des temps immémoriaux ce Sahara, après qu'il eut perdu sa verdure et ses eaux, fut parcouru par des nomades chameliers capables de lire leur chemin dans les étoiles, et de conduire sûrement leurs troupeaux de source en puits, de maigre pâture en steppe broussailleuse. Ils suivaient les pistes incertaines qui mènent vers les oasis, se reposant à l'ombre de leurs palmiers, s'y approvisionnant en légumes, fruits et eau fraîche.
Une économie rurale conditionnée par le climat
 
Ils partaient vers les confins méditerranéens, au nord, ou bien vers le Sahel, au sud, au-delà desquels des pluies plus abondantes transformaient les conditions de vie, permettant aux populations sédentaires d'exploiter des pâturages et de cultiver des champs. Même si maintenant l'économie de la région ne repose plus sur les mêmes ressources – les dattes et le sel, peu rentables, ont laissé la place aux phosphates et au pétrole –, ce sont toujours des conditions climatiques extrêmes qui définissent le désert, et en particulier les précipitations. Lorsqu'il tombe moins de cent cinquante millimètres d'eau par an, les cultures deviennent impossibles et les pâturages, incapables de se régénérer, ne peuvent alimenter qu'épisodiquement les troupeaux, après que des pluies les ont fait reverdir.
Dans la partie la plus septentrionale du Sahara soumise aux influences méditerranéennes, l'automne est le moment où, les bonnes années, les pluies peuvent tomber. Dans cette zone, le Sahara commence dès qu'il reçoit annuellement moins de cent millimètres d'eau ; cette limite correspond en gros à celle de l'Atlas, où les palmiers dattiers ne peuvent plus donner de fruits, mais où commence la culture de l'olivier. Plus on progresse vers le sud, et plus les précipitations s'affaiblissent, n'atteignant, dans les endroits les plus bas – Tanezrouft, pied de l'Aïr, Ténéré – que cinq millimètres en moyenne, ce qui signifie qu'il y règne certaines années une sécheresse absolue. Même si les reliefs reçoivent un peu plus d'eau, cela ne permet pas le développement d'une agriculture capable de nourrir des populations importantes. Seuls les nomades, dont le mode de vie errant est adapté à des ressources en eau réduites, peuvent y séjourner temporairement.
Vers le sud, le Sahara s'arrête dès que le niveau des précipitations dépasse deux cents à trois cents millimètres d'eau, car il est alors possible de pratiquer une agriculture sèche. La « frontière » est très difficile à définir, car elle varie d'année en année au gré de pluies plus ou moins abondantes ; le passage du désert sans végétation à la steppe se fait toujours progressivement. Les années humides, le Sahel ainsi que le sud du Sahara reçoivent des pluies estivales caractéristiques des régions tropicales, mais cette pluviosité très irrégulière ne compense pas les années de sécheresse qui les ont précédées. Ce déficit en eau entraîne une extension du désert et chasse les populations vers le sud, y créant une surcharge démographique qui met en danger une économie fragile.
Rare donc précieuse, l'eau reste la clé de la survie
Absente en surface, elle existe en profondeur, sous forme de nappes fossiles qui se sont constituées à l'époque où les précipitations étaient abondantes. Ces réserves furent régénérées par les pluies occasionnelles. Lorsque le climat devint de plus en plus aride, les populations migrèrent, ne laissant dans quelques oasis qu'un nombre limité de sédentaires – éleveurs ou cultivateurs de jardins et de palmeraies – susceptibles d'en vivre. Ils creusèrent d'ingénieux systèmes de puits et de foggaras (galeries souterraines) permettant d'atteindre l'eau, de la répartir et de la faire circuler en surface. Mais ces techniques, bien que très élaborées, ne permettaient qu'une consommation modérée, et les prélèvements ne mirent jamais en danger les ressources profondes. Or, depuis les années 90, les techniques modernes permettent d'utiliser massivement les réserves d'eau fossile. Ainsi, en Libye, elles alimentent d'énormes conduits (des voitures pourraient y circuler) qui les conduisent vers le littoral pour abreuver la population et y développer l'agriculture. Cela permettra-t-il de modifier le climat de la région, accroissant la pluviosité et réalimentant ces nappes fossiles, ou bien cela entraînera-t-il la perte irrémédiable d'une des plus grandes réserves d'eau douce de la terre ?
Au cours des temps, périodes humides et périodes sèches se sont succédé
Si le Sahara n'a pas toujours connu un climat aussi aride, son histoire ne se résume pas en l'alternance d'une période humide ancienne, dont témoigneraient ses vallées ainsi que ses gravures rupestres, avec une période sèche qui se poursuivrait actuellement. Ainsi, il y a quelque 800 000 à un million d'années, les conditions étaient telles que de premiers hominidés purent s'y établir. De même plus tard, entre 100 000 et 25 000 ans, des néandertaliens y vécurent ; jusqu'à 8 000 ans avant notre ère, des homo sapiens fréquentaient le nord du Sahara qui vit, de 8 000 à 2 000 ans avant notre ère, de nouveaux peuples arriver de l'est et du nord. Il fallait bien alors que le climat leur permît de survivre. Mais l'histoire humaine est trop lacunaire, et les analyses trop controversées, pour retracer, depuis les temps les plus reculés, l'évolution précise du climat. 
Pour les périodes relativement récentes, il est possible de définir, quelque 20 000 ans avant notre ère, une période humide suivie, vers 17 000 ans, d'une très grande sécheresse. La fin des glaciations, vers 12 000 ans, provoqua une autre période d'humidité qui se prolongea jusqu'au milieu du sixième millénaire, où une nouvelle période sèche s'étendit à tout le pourtour méditerranéen, créant des bouleversements humains qui furent l'une des causes de la naissance des civilisations de la Mésopotamie et du Nil. Vers 4500, une nouvelle période humide attira au Sahara des peuples qui s'en éloignèrent lorsque la sécheresse s'accentua, au milieu du troisième millénaire. Vers 1000 ans et jusqu'au tout début de notre ère, des pluies revinrent, et le Sahara fut moins désertique. Si l'histoire récente montre donc une alternance entre des périodes plus ou moins arrosées, globalement, depuis quelques milliers d'années, la désertification a progressé, les périodes humides l'étant de moins en moins, et les périodes sèches, de plus en plus.
Une action incessante des vents
Les aléas de la pluviosité ne permettent pas à eux seuls de caractériser le Sahara. Traversé au sud par le tropique du Cancer, le désert subit les hautes pressions de l'anticyclone tropical qui apportent une forte chaleur et éloignent les nuages. Sous abri, la température s'élève à plus de 40°, voire 50°, alors qu'au niveau du sol, où la chaleur se réverbère, elle devient telle que la moindre humidité disparaît. La dessiccation est accentuée par les effets du vent, lorsque, par exemple, l'harmattan souffle du nord-est sur le Sahel. L'Europe méridionale connaît le sirocco, autre vent saharien qu'attirent les basses pressions de la Méditerranée, et qui apporte poussière et chaleur suffocante. Les vents érodent les reliefs, décapent les sols, et accumulent de fines particules – le sable – qui, lors de tempêtes, peuvent étouffer la moindre végétation, combler les trous d'eau, former ou déplacer des dunes.
Sans intervention humaine, les variations brutales de l'amplitude thermique – chaleur extrême le jour et froid la nuit – l'action des vents violents et des eaux torrentielles se sont combinées à divers facteurs chimiques et aux mouvements de l'écorce terrestre, pour façonner des paysages qui ne cessent d'évoluer. Les roches résistantes qui forment le socle africain ont donné des chaînes de montagnes qui ont subi une très longue érosion, et qui ont été ensuite maintes fois déformées. Elles affleurent parfois en gros massifs traversés de vallées ou de gorges, lesquels se fissurent pour dégager des pitons isolés ou des blocs érodés aux formes douces. Dans les cas extrêmes, les roches métamorphiques comme le granite affleurent, et il ne reste plus aucun relief. 
Il arrive aussi que le socle ancien ait été soulevé, exposé ainsi à de nouvelles érosions, ou soit recouvert, en raison d'éruptions volcaniques, de matériaux plus ou moins résistants qui, avec le temps, dans le Hoggar par exemple, ont donné naissance à d'extraordinaires reliefs. En général, les roches dures primitives ont été recouvertes par des sables issus de leur propre désagrégation ; ils se sont agglomérés en grès, eux aussi affectés par l'érosion et les fractures. Autour des montagnes centrales, ils composent des plateaux pittoresques – les tassilis – traversés de vallées profondes où l'eau se cache en quelques bassins – les gueltas. Les failles sont bordées de falaises abruptes. Des éboulements, des grottes sont entourés de rochers étrangement sculptés ; plus loin encore du centre, autour des tassilis, les schistes ont subi les mêmes métamorphoses, qui les ont fissurés, crevassés, parfois déchiquetés. 
À l'ouest et au nord, le Sahara forme de vastes plateaux où alternent des roches dures qui dessinent des corniches nettement découpées, et d'autres plus tendres qui donnent des talus plus fragiles, au relief moins accusé. L'Ahnet, le Tademaït, le M'zab, le Tinrhert composent ainsi des hamadas – c'est-à-dire des plateaux calcaires dont les bords ondulent sur des centaines de kilomètres. À l'intérieur s'étendent de vastes dépressions – d'anciennes vallées – où les eaux ont déposé leurs alluvions et leurs sels, ce sont les chotts, les sebkhas. Aux époques pluvieuses, elles formaient de véritables mers vers lesquelles convergeaient des fleuves grossis de leurs affluents. Au nord, venant des montagnes de l'Atlas ou de la hamada du Tademaït, les oueds, qui ne coulent plus maintenant qu'en cas de grosses pluies, se déversaient dans les chotts algériens et tunisiens. Comme ces dépressions se trouvaient en deçà du niveau de la mer (jusqu'à moins trente mètres), les eaux n'aboutissaient jamais à la mer. Au sud, les eaux dévalant du Hoggar ou de l'Aïr rejoignaient le bassin du Niger.
De dérisoires efforts pour dominer la nature
La faiblesse actuelle des pluies ne permet pas de drainage régulier, si bien que les eaux déposent leurs alluvions dans les moindres dépressions qu'elles comblent peu à peu. De même, le vent contribue à l'aplanissement du relief. Il attaque les roches qui perdent peu à peu leur volume et emporte sur les regs – plaines de cailloux – les éléments les plus fins. Inversement, ce même vent contribue à la formation de véritables collines de sable (jusqu'à cent mètres de hauteur) composées justement de ces particules. Les accumulations de dunes – les ergs – adoptent les formes les plus variées : cordons, filets, croissants…, changent de forme constamment et peuvent se déplacer. Elles ne se stabilisent que lorsque des vents contraires annihilent leur effet, ou qu'elles se heurtent à des reliefs importants.
Le Grand Erg occidental, l'Erg oriental, ou le Tanezrouft ont profité des atterrissements des oueds et des apports du vent. Ils forment les paysages dunaires les plus importants et les plus célèbres du Sahara, mais le sable s'accumule en bien d'autres endroits, et prend les formes les plus variées. Les voies de communication en pâtissent constamment. Il faut dégager les routes asphaltées et tenter de contenir les dunes avoisinantes par des plantations – lorsqu'il y a suffisamment d'eau – ou des « barrières » de roseaux secs qui atténuent les effets du vent à la surface du sol. Il faut aussi retrouver les pistes, en dessiner d'autres. Les efforts doivent être sans cesse poursuivis, mais lorsque souffle une tempête de sable, rien ne peut l'interrompre, toute activité cesse… et tout est à recommencer.
Le monde moderne tente bien de maîtriser certaines franges du Sahara, d'arrêter la désertification du Sahel, de tracer des routes, de forer des puits ou d'exploiter certaines richesses minières. Pour le moment, le Sahara reste si puissant que les efforts pour le dominer semblent dérisoires. Ainsi, l'on a tenté de recourir aux camions pour exploiter les gisements de sel malien ; beaucoup plus riche en éléments minéraux que le sel de mer, il est particulièrement apprécié des populations qui vivent en marge du désert. Mais ce mode de transport, pour moderne qu'il fût, revenait cher et se révélait peu sûr : les camions tonitruants, confrontés à des conditions climatiques extrêmes, tombaient en panne. Ce qui explique que l'on recourt encore aux antiques caravanes de chameaux, lentes mais bon marché, archaïques mais sûres. Dans le Sahara, le temps n'a plus de prise…
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin 
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:37
Le monde mégalithique
par Roger Joussaume
Directeur de recherche honoraire au CNRS Consultant international à l'Unesco pour le mégalithisme
La pierre, élément naturel abondant et très résistant, a de tout temps dans le monde été utilisée par l'homme pour s'inscrire dans la durée : marquer dans la pierre ou à l'aide de la pierre, c'est marquer pour longtemps, peut-être pour toujours. De nombreux peuples ont donc utilisé la pierre à des fins diverses sur le long terme. Elle abrite et protège le mort ; elle signale la sépulture ; elle commémore un événement important dont on veut garder le souvenir à titre individuel ou collectif ; elle peut avoir un rôle cultuel comme les obélisques égyptiens, symboles solaires ; elle peut aussi aider à marquer et calculer le temps qui passe, voire à prédire des événements astronomiques comme les éclipses ; elle peut, plus simplement, servir au marquage territorial en tant que borne ou de repère au voyageur en servant d'amer… Il existe trois types fondamentaux de monuments dits mégalithiques, c'est-à-dire faits de grosses pierres : les pierres dressées, les pierres entassées et les pierres agencées en coffres fermés ou ouverts. Roger Joussaume, directeur de recherches au CNRS et auteur de nombreux ouvrages consacrés aux mégalithes, dont Les charpentiers de la pierre ; Monuments mégalithiques dans le monde (Paris, 2003), nous propose d'en percer les secrets.
Les pierres dressées ou menhirs
Les pierres dressées sont très abondantes dans le monde. Elles peuvent être plus ou moins brutes de taille et s'élever haut dans le ciel comme le menhir – « pierre longue » en breton – de Er-Grah à Locmariaquer dans le Morbihan (France) qui dépassait vingt mètres pour un poids de trois cent cinquante tonnes et qui fut brisé quelque temps après son érection par les Néolithiques eux-mêmes au début du IVe millénaire avant J.-C. Les menhirs sont nombreux et de hauteur variable en Europe de l'Ouest, depuis les îles écossaises des Orcades jusqu'au sud du Portugal. Ils se rencontrent seuls dans la lande ou groupés en files plus ou moins longues, parfois parallèles comme les célèbres alignements de Carnac en Bretagne ou en Corse dans la région de Sartène (France). Certains menhirs portent des gravures symboliques serpentiformes, corniformes, en forme de crosses, zigzag, idoles, cercles et spirales et sont alors de véritables stèles. Ils peuvent également former des cercles dits parfois improprement cromlechs : Almendrez, Portela de Mogos et Vale Maria do Meio en Alentejo au Portugal ; les hémicycles d'Er-Lannic et les structures ovoïdes associées aux alignements de Carnac en Bretagne ; Stonehenge en Angleterre, véritable temple de pierre aux remarquables arches mégalithiques ou encore, non loin de là, Avebury au cercle de pierres doublé d'un impressionnant fossé ; les nombreux cercles du Pays de Galles et de Cornouailles et le fameux anneau de Brodgar et celui de Steness aux Orcades… D'autres pierres dressées en Europe sont appelées statues-menhirs parce qu'elles présentent un aspect anthropomorphe sans être de véritables statues, comme dans le sud de la France dans le Rouergue, le Languedoc et en Provence, où elles sont datées du IIIe millénaire avant J.-C. ou en Suisse à Yverdon sensiblement à la même époque, mais également en Italie, en Sardaigne…
Ailleurs, des pierres dressées plus ou moins aménagées sont connues dans les civilisations précolombiennes de Méso-Amérique et d'Amérique du Sud comme en Colombie où ce sont parfois de véritables statues comme à San-Augustin. Des pierres ont été dressées au Proche et Moyen Orient, en Inde – à Anapara au Kerala –, dans les îles de la Sonde – statues-menhirs des îles de Nias et de Sumba ou du centre de Java –, au Kalimantan, en Malaisie, en Mongolie, en Mandchourie, en Corée et au Japon, mais également dans les îles du Pacifique sans oublier, bien sûr, les exceptionnelles statues de l'île de Pâques. Certaines de ces pierres dressées sont anciennes et peuvent remonter au IIe ou au IIIe millénaire avant J.-C., voire davantage, d'autres sont plus récentes, parfois actuelles comme en Indonésie, à Madagascar ou en Éthiopie.
 
Les tumulus
Les pierres entassées forment des « tumulus », encore appelés « cairns » dans l'ouest de la France, dont on remarquera que certains sont essentiellement constitués de terre plus ou moins associée à de la pierraille, que l'on nomme tertre. Il en existe des dizaines de milliers dans le monde qui présentent des formes diverses en plan – ronds, quadrangulaires, allongés, trapézoïdaux, triangulaires, en croissant, à antennes – comme en coupe – hémisphériques, pyramidaux, à degrés… Ils sont de taille très variable, certains pouvant mesurer plusieurs centaines de mètres de longueur comme les tombes des empereurs du Japon, appelés misasagi dont une, près de Nara, dépasse deux cents mètres de long pour vingt mètres de haut, quelques longs tumulus néolithiques danois, polonais, anglais et français… ; d'autres atteignent des hauteurs considérables : Silbury Hill en Angleterre mesure quarante mètres de hauteur pour près de cent soixante-dix mètres de diamètre à la base, ce qui en fait le plus volumineux tumulus d'Europe élevé au Néolithique. Ils appartiennent à toutes les époques depuis le Néolithique jusqu'à nos jours selon les régions du monde. Tous ne sont pas à proprement parler des monuments mégalithiques dans la mesure où ils ne recouvrent pas une chambre constituée de grosses pierres – dolmen ou coffre –, mais seulement une chambre en bois ou le simple dépôt d'une urne funéraire, ou encore un ou plusieurs squelettes, voire, parfois, rien du tout.
Les coffres de pierre ou dolmens
Les coffres de pierre n'appartiennent aux monuments mégalithiques que s'ils sont bâtis avec de grosses pierres. Ils peuvent être ouverts, plus exactement « ouvrables » par un côté, ou complètement fermé. En France le coffre mégalithique au plan variable – rond, polygonal, quadrangulaire – qui s'ouvre sur l'extérieur soit directement, soit par l'intermédiaire d'un couloir, est appelé dolmen. Il existe donc des dolmens simples qui ouvrent directement sur l'extérieur, des dolmens à couloir qui possèdent un passage entre la chambre et l'extérieur, et des dolmens en allée couverte qui présentent la particularité d'être de forme quadrangulaire allongée : ce sont en quelque sorte de longs dolmens simples. Tout cela est évidemment assez schématique. La toiture du dolmen peut être réalisée à l'aide d'une ou plusieurs dalles de pierre ou être montée en encorbellement formant une coupole au-dessus de la chambre faite de petites dalles qui se chevauchent en se débordant légèrement. Il arrive que plusieurs chambres soient desservies par un même couloir. Le dolmen était originellement situé à l'intérieur d'un tumulus qui pouvait prendre des formes diverses. Il y a donc un lien direct entre le dolmen et le tumulus qui recouvrait le dolmen. Toutefois, de nos jours, de nombreuses chambres mégalithiques ont perdu leur enveloppe tumulaire qui a souvent servi à empierrer les chemins ou à la construction des maisons environnantes. Il ne reste plus alors dans la lande que le squelette mégalithique populairement appelé dolmen. Le problème se complique quand cette chambre funéraire est construite uniquement à l'aide de petites pierres empilées formant des murs – comme La Hogue et la Hoguette à Fontenay-le-Marmion en Normandie – ou, pis encore, quand ses parois et sa couverture étaient réalisées en bois comme à Haddenham dans l'est de l'Angleterre. Morphologiquement et fonctionnellement ces monuments sont les mêmes, seul le matériau de construction diffère. Comment doit-on les nommer ? Il n'y a aucun consensus sur le sujet ce qui a amené de nombreux chercheurs à abandonner l'emploi du terme dolmen et à le remplacer par d'autres tout aussi imprécis ou impropres : « tombe ou sépulture mégalithique » par exemple.
Chambres funéraires
Les dolmens étaient donc des chambres funéraires qui contenaient plusieurs corps déposés sur le fond, parfois entassés. C'est dans l'ouest de la France, de la Normandie aux Charentes qu'ils sont les plus anciens, édifiés dès le Ve millénaire avant J.-C. et utilisés jusqu'au IIIe millénaire avant J.-C. Des formes comparables, auxquelles on a donné des noms divers – anta, mamao –, existent dans tout l'ouest de l'Europe atlantique depuis la Suède jusqu'au sud de la péninsule Ibérique en passant par les îles Britanniques, le Danemark, l'Allemagne, la Suisse, le Benelux, la France et les îles de la Méditerranée – Sardaigne, Malte, Baléares.
Le phénomène des tombes à couloir, qui sont donc des sépultures collectives, a pris naissance dans l'ouest de l'Europe, probablement dû à l'évolution de la tombe collective simple, c'est-à-dire à ouverture directe sur l'extérieur, sans couloir, elle-même issue de la tombe en coffre à dépôt funéraire plus ou moins collectif, connue dès le Mésolithique, dont l'ouverture devenait difficile pour de nombreux dépôts. Ce processus a pu s'établir de manière indépendante dans plusieurs régions du littoral atlantique et interférer assez rapidement d'une région à l'autre, ce qui expliquerait que l'on trouve des dolmens à couloir dans des petits tumulus circulaires – au Portugal, en Espagne, en France – comme dans de très longs tertres – en Angleterre, au Danemark, en France – qui paraissent une spécificité plus nordique, les longs tumulus n'étant pas connus au Portugal et dans l'ouest de l'Espagne.
Des monuments de type dolmen se retrouvent dans de nombreux pays au monde en dehors de l'Europe. Ils sont caractérisés généralement par un espace limité par des pierres dressées qui maintiennent une dalle de pierre à l'horizontale au-dessus du sol. La simplicité de cette définition fait que nombre de monuments sont des dolmens et que beaucoup ont cru y voir le témoignage d'une civilisation ou d'une religion mondiale liée au mégalithisme. Et les idées ont la vie dure ! Pourtant qu'y a-t-il de plus simple que de vouloir planter une pierre pour marquer de manière durable un événement important, qu'y a-t-il de plus simple que de mettre le corps des défunts dans un tombeau de pierre si l'on veut en sauvegarder matériellement le souvenir ? Est-il vraiment nécessaire de voir dans ces gestes une religion ou une civilisation internationale ? Certainement pas !
Aperçu du mégalithisme au Proche-Orient
Berceau du Néolithique européen, le Proche-Orient a vu la réalisation de grandes structures en pierre (Jéricho). Ce n'est cependant qu'au IVe millénaire avant J.-C. que furent édifiés les dolmens de la vallée du Jourdain (Ala-Safat). Conçus en blocs de calcaire locaux, ils sont en général formés de cinq dalles de pierre, quatre pour les parois et une pour la couverture. La dalle d'entrée présente souvent une perforation quadrangulaire dans laquelle venait se loger un panneau de bois ou de pierre. La plus grande concentration de dolmens se trouve à l'est du Jourdain. D'autres sont signalés en Galilée, autour du lac Tibériade où des milliers de constructions mégalithiques sont connues dans le Djolan : dolmens, parfois sous tumulus, et pierres levées, seules ou disposées en alignements ainsi que des enceintes de pierres.
Dans le Sinaï les nawamis sont des monuments funéraires en forme de tour arrondie, parfois rectangulaire ou carrée, construits en pierre sèche, qui mesurent de deux à trois mètres cinquante de diamètre et atteignent trois mètres de hauteur. Ils possèdent une chambre ronde à toiture en encorbellement et on y accède par une porte. Des monuments assez comparables sont connus jusqu'au sud de la péninsule Arabique, en particulier au Yémen où ils sont appelés dirm, dans la première moitié du IIIe millénaire avant J.-C., au Bronze ancien. Ici ces tombes sont fréquemment associées à des alignements de pierres dressées.
Des ensembles mégalithiques ont été reconnus sur le pourtour de la mer Noire et plus particulièrement au Caucase au IIIe millénaire avant J.-C. Les sépultures de la riche culture de Maïkop étaient aménagées dans des fosses sous tumulus appelés kourganes, mode sépulcrale qui occupera les IIIe et IIe millénaires avant notre ère, dans une vaste région de steppe qui s'étend de la Sibérie méridionale au Caucase. Parmi les objets recueillis dans les kourganes de cette civilisation, quelques-uns en métal ainsi que des pierres semi-précieuses proviendraient d'Anatolie et de Syrie, d'autres d'Iran et d'Inde, indiquant une intense circulation des biens sinon des personnes.
Dans le Caucase occidental, en bordure du Kouban et sur le territoire de l'Abhasie, les dolmens occupent une vaste surface qui recoupe le territoire de la culture de Maïkop. Les plus anciens sont datés du milieu du IIIe millénaire avant J.-C. et sont concentrés dans la zone d'extraction du cuivre du Caucase. Près de deux mille monuments, formant des sous-types différents, ont été recensés parfois concentrés en grandes nécropoles.
La hauteur des monuments peut varier de soixante-dix centimètres à deux mètres quarante alors que la longueur atteint jusqu'à cinq mètres quarante. La caractéristique essentielle des dolmens du Caucase est la perforation généralement circulaire qui affecte la dalle antérieure du monument et qui était fermée par un bouchon de pierre. Certains étaient enfouis sous un tumulus circulaire limité par des pierres. Des signes ont été gravés sur les parois intérieures et extérieures des dolmens : zigzags, lignes brisées, traits, cannelures et cupules.
 
D'autres dolmens existent sur le pourtour de la mer Noire, en Crimée méridionale, dans la région de Gaspra et d'Aloutcha ainsi que ceux de la vallée de Baydar. Il s'en trouve quelques-uns sur le littoral de la Bulgarie au nord d'Andrinople alors que des monuments à dalles perforés ont aussi été signalés en Thrace.
L'ensemble mégalithique indien
Nombreux sont les monuments mégalithiques en Inde, essentiellement en Inde péninsulaire méridionale, bien que quelques groupements se trouvent au nord, jusque dans le Cachemire et non loin de la frontière du Népal. L'ensemble le plus à l'ouest se situe au Pakistan, au nord de Karachi, et à l'est sur la frontière entre l'Assam et le Bangladesh où subsistent actuellement des formes particulières de mégalithisme. Des alignements de pierres dressées ont été signalés au cœur même du Tibet : à Do-Ring près du lac de Pang-gong. Des rapprochements formels sont à effectuer avec les alignements de Carnac en France, mais également avec ceux de Mohamed-al-Hamli au autres pierres dressées sont connues au Tibet et au Bhoutan.
L'ensemble mégalithique indien est particulièrement important. Les chercheurs sont à peu près d'accord pour reconnaître deux types de dolmens selon qu'ils sont construits avec des dalles plates bien taillées ou au contraire avec des blocs bruts. L'exemple typique du premier groupe est fait d'une chambre quadrangulaire limitée par quatre dalles dressées qui se débordent l'une l'autre pour former en plan une sorte de svastika qui ne doit probablement rien aux Aryens qui incinéraient leurs morts. Ici la chambrecontient le dépôt de nombreux ossements déconnectés accompagnés de céramiques rouges. La dalle située à l'est est munie d'une perforation circulaire qui donne accès à un couloir. La couverture de la chambre était réalisée par une dalle de pierre. Deux murs de parement concentriques entourent la chambre et maintiennent le tumulus. De tels monuments sont parfois groupés en vastes nécropoles : Rajankolur, Hire… C'est ainsi qu'environ deux mille tombes mégalithiques ont été signalées autour de Brahmagiri.
Le deuxième type est formé d'une chambre mégalithique, au plan parfois transepté, constituée de pierres brutes et située à l'intérieur d'un tumulus circulaire qui peut lui-même être inclus dans une plate-forme quadrangulaire.
Des monuments d'un type un peu particulier furent dressés dans le Kerala, district du sud-est : les topikallus ou « chapeau de pierre » faits d'une dalle hémisphérique en équilibre sur quatre pierres dressées qui se rejoignent au sommet. Les kadakallus sont également des dalles hémisphériques mais, posées sur le sol, elles recouvrent une fosse. Des pierres dressées peuvent être en relation avec divers monuments. Certaines de ces pierres forment des alignements. Les plus anciens monuments mégalithiques ont pu être construits dès le IIe millénaire avant J.-C. et trouvent leur plein épanouissement au Ier millénaire avant J.-C.
Des monuments de type dolmen sont encore en usage en Indonésie et plus spécialement dans l'île de Sumba, sépultures collectives en coffre de pierre surmonté d'une table de pierre maintenue à l'horizontale au-dessus du sol grâce à quatre piliers graciles cylindriques souvent décorés. Le dépôt d'un nouveau corps dans le sépulcre nécessite le lever du couvercle.
Les mégalithes en Extrême-Orient
En Extrême-Orient des dolmens sont connus en Chine, où ils sont appelés Che-pin, en Corée, au Japon et jusqu'à Taïwan qui peut marquer un prolongement du mégalithisme du sud-est asiatique. Ils sont répartis en deux types : celui du nord caractérisé par une chambre quadrangulaire à couverture mégalithique, construite au-dessus du sol ; et celui du sud qui est un coffre de pierre ou une fosse recouverte par une grosse pierre. Bien que l'on puisse situer la limite entre les deux groupes au niveau du fleuve Han du Nord, les deux ensembles s'interpénètrent par endroits.
Plusieurs dizaines de milliers de dolmens ont été identifiés en Corée, mais ils sont plus nombreux à l'ouest, région moins montagneuse et qui est aujourd'hui la plus habitée. Ils peuvent être isolés ou groupés en véritables nécropoles. Les dolmens, tous de type Nord, sont moins nombreux en Mandchourie et dans la péninsule de Shantung qu'en Corée, mais ils sont souvent beaucoup plus volumineux avec des dalles de couverture pouvant atteindre jusqu'à soixante-dix tonnes. Les dolmens de type Sud occupent le sud de la Corée et l'île de Kyûshû au Japon ainsi qu'une partie de la Corée du Nord-Ouest. Les dolmens seraient apparus au début du premier millénaire avant J.-C. en Corée septentrionale, époque d'apparition du bronze en Corée, et se seraient maintenus pendant tout ce premier millénaire avant J.-C. dans ce pays.
Deux types dolméniques se rencontrent au Japon. Le premier, composé d'une dalle sans piliers de soutènement, fut introduit sur la côte ouest de Kyûshû vers le IIIe siècle avant J.-C., venant de Corée du Sud. Ces monuments contiendraient des incinérations et leurs constructeurs auraient introduit l'agriculture en terrain sec. Limités dans l'espace, ils appartiendraient à la culture du Jomon final. Le deuxième type, avec piliers, se trouve au nord de Kyûshû et marque des changements sociaux qui correspondent à la culture de Yayoï. Un peuple de grande taille venu de Corée du Sud au début du Yayoï apporta la technique de la culture du riz en terrain inondé. Les dolmens de type nouveau, avec piliers, ont donc été édifiés par un peuple coréen mélangé aux autochtones.
Les dolmens de l'Extrême-Orient sont des sépultures individuelles, souvent après décarnisation, parfois après incinération, mais toute la population n'était pas enterrée sous dalle et la taille même de la dalle de pierre indique probablement un ordre social, une hiérarchisation.
Au Japon s'installe, au milieu du IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vague d'immigrants venus de Corée. Jusqu'au milieu du VIIe siècle, les personnages de haut rang seront déposés, à leur mort, dans des sarcophages de bois ou de pierre, voire à même le sol, dans une chambre mégalithique à laquelle on accédait par un couloir à travers un tumulus. Ces dolmens sont inclus dans un tumulus de terre, ou tertre, généralement circulaire. Les chambres sont toujours quadrangulaires et se développent le plus souvent dans l'axe du couloir. Elles sont construites en pierres brutes sans aucun ciment, les parois étant constituées par l'amoncellement de gros blocs. La chambre est plus haute que le couloir.
Afrique, Pacifique, Amérique
Le mégalithisme de l'Afrique regroupe des monuments de type dolmen – Afrique du Nord, Éthiopie et Madagascar –, des coffres mégalithiques – République Centrafricaine –, des pierres dressées et des stèles, funéraires ou autres, – Éthiopie, Kenya, Soudan, Égypte, Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Togo, Nigeria, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar… – ainsi que des tumulus, quelle que soit leur période d'utilisation. Certains mégalithismes africains remontent au IIe millénaire avant J.-C., comme les dolmens du Harar en Éthiopie, voire même dès le Ve millénaire avant J.-C. avec les cercles de pierres dressées en Égypte, alors que des peuples comme les Konso, également en Éthiopie, dressent encore des pierres à différentes occasions, tout comme les Malgaches qui utilisent toujours leurs tombeaux d'ancêtres construits avec de grosses dalles de pierre.
Du Pacifique aux Amériques
En continuant notre voyage vers l'est, nous pourrions citer de nombreuses constructions plus ou moins mégalithiques des îles du Pacifique et surtout l'île de Pâques. Mais il faut atteindre le continent américain pour retrouver des monuments de type dolmen et plus particulièrement San Augustin et Alto de Los Idolos au sud des Andes colombiennes. Sur de grands aménagements du relief, des statues de pierre ont souvent été déplacées. Elles sont associées à deux types de constructions mégalithiques : grand coffre et chambre quadrangulaire allongée précédée d'un étroit couloir surbaissé en pierres brutes, à l'intérieur d'un tumulus circulaire de terre et de pierre, limité par une série de dalles dressées ou par un mur bien appareillé. Les fouilles ont livré un important matériel : outils en obsidienne, éléments de parure et statuettes monolithiques. Des statues de pierre, représentant des personnages ou des animaux, sont situées de part et d'autre de l'entrée du couloir soutenant une dalle plate.
La culture de San Augustin a occupé plus de deux millénaires depuis le VIe siècle avant J.-C. jusqu'au XVe siècle de notre ère. Il est à peu près certain qu'au cours de cette longue période des changements ont eu lieu amenant de nombreuses modifications dans les coutumes funéraires encore assez mal étudiées.
Les mégalithismes sont donc nombreux et variés dans le monde et cette présentation sommaire n'est qu'un survol très rapide du sujet.
 
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin
 
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 23:23
Projet de transfert des eaux souterraines de In Salah à Tamanrasset
 
Le projet, qui vise à alimenter Tamanrasset à partir des eaux souterraines de la daïra de In Salah, mise sur un transfert de 50 000 m3/jour et jusqu’à 100 000 m3/jour d’ici 2030.
Devant s'opérer sur une distance de 750 kilomètres, le projet nécessitera la mise en place de 1 259 kilomètres de conduites, 24 forages et 6 stations de pompage, le tout impliquant la mobilisation d'une enveloppe de près de 1,3 milliard de dollars.
Seize entreprises et groupements nationaux et internationaux ont soumissionné le 27 janvier dernier.
La réalisation de 24 forages a momentanément été attribuée à l'entreprise chinoise CGCOC. Pour la suite, dont la réalisation de 6 stations de pompage et la pose des canalisations, des offres techniques émanant d'entreprises chinoises, espagnoles, portugaises, russes et françaises ont été réceptionnées
 
Source Horizons
 
Le Pèlerin
 
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 23:17
projet de transfert des eaux souterraines de In Salah à Tamanrasset
 
Le projet, qui vise à alimenter Tamanrasset à partir des eaux souterraines de la daïra de In Salah, mise sur un transfert de 50 000 m3/jour et jusqu’à 100 000 m3/jour d’ici 2030.
Devant s'opérer sur une distance de 750 kilomètres, le projet nécessitera la mise en place de 1 259 kilomètres de conduites, 24 forages et 6 stations de pompage, le tout impliquant la mobilisation d'une enveloppe de près de 1,3 milliard de dollars.
Seize entreprises et groupements nationaux et internationaux ont soumissionné le 27 janvier dernier.

La réalisation de 24 forages a momentanément été attribuée à l'entreprise chinoise CGCOC. Pour la suite, dont la réalisation de 6 stations de pompage et la pose des canalisations, des offres techniques émanant d'entreprises chinoises, espagnoles, portugaises, russes et françaises ont été réceptionnées

 
Source Horizons
 
Le Pèlerin
 
 
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