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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 06:52

Elle accueillera 45.000 habitants dès 2017

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«Cette ville interdira les constructions énergivores en intégrant, notamment une centrale solaire, une ferme éolienne.

C'est fait! Les travaux de réalisation de la nouvelle ville de Hassi Messaoud ont été lancés hier. C'est sous une chaleur suffocante que les ministres de l'Energie et des Mines, de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Ville, respectivement Youcef Yousfi et Amara Benyounès ont effectué hier une visite à Hassi Messaoud pour faire jaillir du sable cette oasis urbaine.
«Les études d'aménagement et d'urbanisme ont été validées le 27 juin 2013 par la commission interministérielle présidée par le ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Ville. «Aujourd'hui, on est là pour lancer les travaux», s'est réjoui Youcef Yousfi lors de la présentation de cette nouvelle ville. Heureux de ce projet, M. Yousfi annonce la couleur.
Les premiers habitants du nouveau Hassi Messaoud pourront s'y installer des 2017. «Nous allons commencer à partir de ce jour les travaux de réalisation des quartiers et secteurs prioritaires. Ils permettront d'accueillir 45.000 habitants à l'horizon 2017 et 65.000 habitants à l'horizon 2020», a assuré le ministre de l'Energie et des Mines qui précise que cette ville doit à terme accueillir 80.000 habitants. Youcef Yousfi a aussi souligné le fait que la viabilisation de la ville a été confiée à un groupement d'entreprises publiques (Cosider, Engcb, Kahrif). Cela afin d'augmenter «l'avantage économique et social du projet».
M.Yousfi a également insisté sur le fait que cette «nouvelle ville sera un champ d'application exemplaire des solutions les plus avancées dans le domaine des énergies renouvelables et du solaire en particulier». «Cette ville interdira les constructions énergivores en intégrant, notamment une centrale solaire, une ferme éolienne, la promotion d'habitats à haute performance énergétique, la production d'eau chaude sanitaire à partir d'énergie renouvelable solaire, l'utilisation de l'énergie solaire pour la climatisation,...», a-t-il fait savoir. En parlant d'écologie, Amara Benyounès a noté que cette nouvelle ville sera la première ville écologique du pays. «En plus des projets environnementaux dont a parlé M.Yousfi, cette nouvelle ville intégrera des centres d'enfouissement technique modernes et de tri et recyclage des déchets. Ainsi, que le premier transport écologique du pays...», a affirmé M.Benyounès qui précise que d'autres projets «écolo» sont prévus pour faire de cette ville un modèle en matière d'écologie.
En plus du fait qu'elle sera la première ville écologique du pays, Amara Benyounès a rappelé que ce sera la première nouvelle ville construite au milieu du désert. «Ce sera la première de nos cinq nouvelles villes déjà construites qui se fera au milieu du désert pour ce qu'on appelle ville oasis», a-t-il attesté. Le ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Ville a aussi soulevé le fait que dans cette nouvelle ville, aucun problème de foncier n'a été rencontré. «Contrairement aux quatre autres nouvelles villes.
Ce qui fait que nous irons plus vite dans sa construction», a-t-il certifié. Après l'intervention des deux ministres, une présentation du projet leur a été faite. Ce mégaprojet qui doit accueillir une population de 80.000 habitants, englobera un périmètre d'urbanisation, un périmètre d'extension future de l'urbanisme, une zone verte et une zone d'activités logistiques (ZAL).
La structure et typologie de la nouvelle ville font ressortir quatre quartiers d'habitation de 20.000 habitants chacun avec leurs structures d'accompagnement administratives, commerciales, de loisirs et socioculturelles gravitant autour d'un noyau central (centre-ville) regroupant la grande mosquée, la grande esplanade, des activités d'affaires, un grand parc avec structures de loisirs, de commerces et de tourisme, ainsi que les principales institutions publiques.
Elle sera localisée dans la zone de Oued El Maraâ, à équidistance d'environ 80 km entre l'actuelle Hassi Messaoud et les villes de Touggourt et Ouargla et couvrira une superficie globale de 4 483 ha.
La future ville nouvelle devra également constituer un pôle énergétique où seront établis les sièges des entreprises du secteur opérant dans la région. Pour ce faire, l'Etat lui a consacré une enveloppe de 6 milliards de dollars. Cette grosse somme fait que cette ville a été sujette à des polémiques alors qu'elle était encore dans un état embryonnaire.
Le projet a été, à un moment donné, mis aux oubliettes et retardé à cause de l'attribution du marché. Le projet d'étude, d'exécution et de suivi des travaux de construction de la nouvelle ville en question a été attribué, en novembre 2008, au groupe canadien d'ingénierie SNC Lavalin pour environ 508 millions de dollars. Mais des irrégularités dans l'attribution de ce contrat ont fait qu'il soit annulé par les pouvoirs publics.
L'appel d'offres a été relancé et remporté une fois encore en juillet 2009 par SNC Lavalin pour un montant inférieur au premier contrat de près de 7 milliards de dinars. Malgré cette seconde attribution, le contrat sera définitivement retiré, un an plus tard, en juin 2010, par le gouvernement à la firme canadienne. A l'issue de cette présentation, les deux ministres se sont rendus sur le site pour lancer officiellement les travaux.

Source L’Expression

Le Pèlerin

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 23:10

Les relations transsahariennes de l'Antiquité à l'époque moderne

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Le Sahara, la plus vaste région désertique du monde qui s'étend sur presque toute l'Afrique septentrionale, au nord du XVe parallèle, de l'Atlantique à la mer Rouge, resta longtemps ignoré et ne s'est véritablement ouvert qu'avec l'arrivée des Arabes. Dès lors s'organisèrent, grâce aux caravanes, de fructueux échanges commerciaux. L'importance de ces relations transsahariennes nous est ici expliquée par Bernard Lugan auteur notamment d'une Histoire du Maroc des origines à nos jours (Perrin – 2000) et d'un Atlas historique de l'Afrique des origines à nos jours (édition du Rocher – 2001).

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Une des grandes réalités de l'histoire africaine est la double coupure transversale du continent noir, par le Sahara au nord et par la grande forêt de la cuvette congolaise au centre. Mais les étendues, les limites des déserts et de la forêt ont considérablement varié.

Jusque vers 12 000 av. J.-C., les chasseurs-cueilleurs circulent du Hoggar au littoral méditerranéen ; le Sahara septentrional est alors un monde ouvert. Puis la désertification compartimente cette région, donnant naissance au grand erg occidental et au grand erg oriental.

De 12 000 à 8 000 av. J.-C., le Sahara méridional redevient humide et même lacustre. Le lac Tchad s'étend considérablement et, vers 7 000 av. J.-C., il est peut-être aussi vaste que l'actuelle mer Caspienne. Plus à l'est, le sud du Soudan est lui aussi occupé par un immense lac. Au nord, le désert du Sahara coupe l'Afrique du Nord du Sahel. À l'est, les lacs isolent le Sahel de l'Afrique orientale et nilotique.

II y a 5 000 ans, l'actuel désert est devenu une barrière. Il coupe l'Afrique en deux.

Un monde méconnu des Romains

Sous la dynastie des Sévères (193-235), originaire de Leptis Magna en Tripolitaine, l'Afrique romaine eut sa plus grande extension territoriale, mais Rome ne connut point l'Afrique « profonde »…


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Outre le fait que les Romains ignoraient que des hommes vivaient au sud du Sahara, le problème était d'ordre commercial. Les produits qu'ils recherchaient et qui auraient été susceptibles de provenir du monde subsaharien étaient les animaux de cirque, les plumes d'autruche, les cornes de rhinocéros, l'ivoire… Pourquoi aller les chercher au sud du Sahara quand ces animaux vivaient alors en Afrique du Nord ?

Il est difficile d'établir les limites extrêmes de l'avancée de Rome vers le sud. En 1960, Raymond Mauny, prenant le contre-pied de bien des affirmations plus ou moins fantaisistes, avait proposé une réinterprétation de l'histoire africaine, affirmant que, jusqu'en 1434, date de son franchissement par les Portugais, le littoral de l'Afrique occidentale demeura inconnu des marins méditerranéens, y compris des Carthaginois. Selon lui, le cap Juby constituait en effet la limite extrême des navigations en raison des vents soufflant toute l'année du nord vers le sud et parallèlement au littoral. Dans ces conditions, et puisque la « Volta » ne sera découverte qu'au XVe siècle par les marins portugais, Mauny pensait que ni les Romains, ni même plus tard les Arabes, ne purent s'aventurer sur ces côtes sahariennes. Dans tous les cas, aucune trace archéologique, aucune influence méditerranéenne ou romaine n'a été découverte au sud de Mogador.

Les Romains ne connaissaient-ils donc pas les régions situées au-delà du limes nord-africain ? Cette question qui a fait couler des flots d'encre est résolue, depuis que Desanges a démontré que les neuf périples que nous ont laissés les historiens antiques ne démontrent aucune navigation le long des côtes africaines et que les « duplications de toponymes » ne permettent en aucun cas d'y identifier le mont Cameroun ou le fleuve Sénégal.

La période romaine nous a cependant laissé quelques mentions d'expéditions vers le sud, mais aucune ne s'est profondément enfoncée dans le désert. Celle de Metellus chez les Gétules, peuple berbère vivant au nord de la vallée du Draa, est racontée par Salluste. Les expéditions contre le Numide Tacfarinas et contre les Garamantes sont rapportées par Tacite ; celle de Cornelius Balbus, en 19 av. J.-C., encore contre les Garamantes, l'est par Pline l'Ancien. Ptolémée parle de Julius Maternus, un commerçant qui, vers 85 apr. J.-C., aurait marché vers le pays non identifié d'Agysimba, et de Septimus Flaccus, commandant les troupes de Numidie, qui en 70 apr. J.-C. partit de Lepcis pour aller jusqu'au pays Garamante.

De grands empires dans le désert

Aucune de ces expéditions ne fut transsaharienne. Il fallut attendre l'arrivée des Arabes et l'islamisation pour constater une ouverture du Sahara, précédée par la généralisation du dromadaire parmi les tribus nomades berbères vivant dans le nord et la partie centrale du désert. Ce sont eux qui guidèrent les conquérants vers le sud, vers le Bilad al-Sudan ou « pays des Noirs ». À partir de ce moment, le commerce transsaharien apparaît, organisé le long d'axes caravaniers et au départ de villes nées au sud du Sahara.

L'initiative de la création de ces premières villes est due aux Berbères, et les exemples de Tadmakka et d'Aoudaghost le prouvent bien. Fondés pour et par le commerce, les empires sahéliens qui ensuite se succéderont dans la région comprise entre l'océan Atlantique et le lac Tchad auront toujours la même priorité, à savoir la défense des carrefours sahariens et le maintien du monopole des transactions entre l'Afrique du Nord et le Sahel.

C'est dans la zone contact entre les mondes saharien et sahélien qu'apparurent ces grands empires urbanisés de l'Ouest africain que furent le Ghana, le Mali et l'Empire songhaï ou empire de Gao. Ils s'y succédèrent, déplaçant leur cœur depuis le fleuve Sénégal jusqu'à l'est de la boucle du Niger.

Partenaire septentrional du commerce à travers le Sahara, l'Afrique du Nord fut un pont entre le monde méditerranéen et l'Afrique noire ; en contact avec l'Afrique subsaharienne, elle en écoulait les productions en échange des articles de son artisanat et des produits de son agriculture.

Sijilmassa, « port du nord du Sahara »

Durant des siècles, la ville de Sijilmassa, dans le Tafilalet, fut la principale base nord-africaine du commerce transsaharien. Dans les premiers temps, les routes commerciales partaient de Sijilmassa vers l'Adrar avant d'atteindre Aoudaghost-Tegdaoust dans le sud de l'actuelle Mauritanie. D'Aoudaghost, l'on allait à Ghana en six jours.

Sijilmassa était le point obligé pour les caravanes allant vers le sud ou en revenant. Plaque tournante et plus encore lien entre l'Afrique blanche et l'Afrique noire, elle était fréquentée par des commerçants venus de Fès, de Tlemcen et de toutes les villes littorales ou intérieures du Maghreb. Cette position « carrefour » apparaît comme évidente lorsqu'on compte les jours de marche la séparant de tous les pôles commerciaux de la région : six jours pour Ouarzazate, neuf à onze pour Fès, vingt pour Tanger et cinquante pour Kairouan ; vers le sud, douze jours pour Tamedelt et cinquante pour Aoudaghost.

Admirablement située, Sijilmassa est également favorisée au point de vue agricole, grâce à l'eau qui y est abondante. Tout en étant la porte du désert, la ville offre donc toutes les possibilités aux caravanes venues du nord qui doivent s'y approvisionner pour les deux mois de marche à travers 1 500 à 1 800 kilomètres de désert.

De grandes voies commerciales

L'Afrique du Nord fournissait au monde noir des articles de luxe, produits de l'artisanat – bijoux, armes, étoffes… – mais aussi des produits d'usage courant comme les ustensiles de cuisine, la poterie, les tissus ordinaires, les couteaux, les miroirs. Les productions agricoles, tels le blé, les fruits secs, les dattes, entraient également pour une large part dans ce commerce, sans oublier les chevaux.


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Le fret caravanier venu du sud consistait en or produit au Bambouk, à proximité du fleuve Sénégal, au Bouré, sur le Niger et au Lobi, sur la Volta. Dans les deux cas, les zones aurifères étaient situées loin vers le sud, bien au-delà des principales villes du Bilad al-Sudan comme Ghana ou Tombouctou. Mais l'or n'était pas le seul produit fourni par le sud. L'ambre gris, la gomme arabique, les peaux d'oryx (destinées à la fabrication de boucliers), de léopard et de fennec, les esclaves alimentaient également le commerce transsaharien.

Dès le Xe siècle, les routes transsahariennes semblent bien établies puisque Ibn Hauqhal les emprunte pour traverser le désert.

Au XIIe siècle, les Berbères almohades évincent les Berbères almoravides. Avec eux, le Sahel est intégré au monde commercial européo-méditerranéen. Une grande voie de commerce relie désormais l'Espagne musulmane au Niger. Les ports d'Afrique du Nord abritent des colonies de marchands catalans, pisans ou génois qui donnent une impulsion à l'économie maghrébine.

Au XIIIe siècle, avec la naissance de l'empire du Mali, une nouvelle route apparut, toujours au départ de Sijilmassa, mais en direction du Sahara central vers les salines de Tegharza et l'oasis de Oualata qui devenait ainsi la porte du Mali. Puis, à la fin du XIVe siècle, la ville de Tombouctou se développa ; Ibn Battouta a décrit les routes qui y menaient depuis Sijilmassa ou Tlemcen.

Au XIVe siècle, le cœur politique et économique du Sahel commence à se déplacer vers l'est, vers le lac Tchad. La Libye et l'Égypte remplacent alors le Maroc et plus généralement le Maghreb. Les grands axes transsahariens qui permettaient de relier Sidjilmassa à Oualata et au Bambouk, ou Oualata à Taoudeni et à Tombouctou s'effacent peu à peu au profit des pistes orientales qui, par Ghat et Zaouila, conduisent en Libye.

Au XVe siècle et plus encore au XVIe, la découverte portugaise des rivages atlantiques et du golfe de Guinée eut pour conséquence de détourner vers le littoral une partie du commerce transsaharien. Les villes du Maghreb déclinèrent alors, car leur artisanat était désormais directement concurrencé au sud du Sahara par les productions européennes. Ce fut la « victoire de la caravelle sur la caravane ».

Les plus touchées furent les villes marocaines. C'est pourquoi le Maroc lança une expédition militaire à travers le Sahara afin de tenter de rétablir les relations commerciales avec la région du Niger : l'expédition de Tombouctou, qui aboutit en 1591 à la création du Pachalik marocain de Tombouctou.

L'Empire songhai soumis, les Marocains pensaient qu'ils allaient pouvoir rétablir les axes commerciaux transsahariens, mais il était trop tard. Le monde économique ouest-africain avait en effet basculé à la fois vers le nord-est, c'est-à-dire vers l'Égypte, mais surtout vers le sud depuis l'installation portugaise sur le littoral africain.

Le commerce transsaharien ne cessa cependant pas, même si sa période de gloire n'était plus qu'un souvenir. Le trafic caravanier avec le Soudan subsista jusqu'au XXe siècle. Au début du XIXe siècle, il était encore intense.

Par Bernard Lugan

Maître de conférence à l'université de Lyon III Directeur éditeur de la revue L'Afrique réelle Expert auprès du tribunal pénal international pour le Rwanda (ONU)

 

Source Clioscope

 

Le Pèlerin

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 08:00

Sud algérien - Idebir Ahmed. Amenokal des Touareg - «Le Sahara algérien est très convoité...»

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La situation sécuritaire au sud du pays inquiète, l'amenokal des Touareg, Idebir Ahmed, dans l'entretien qu'il nous a accordé chez lui à Tamanrasset, revient sur les «manipulations» de certains pays voisins et affirme que la question du Sahara algérien a été tranchée avant l'indépendance du pays.

L'amenokal dément catégoriquement la présence militaire américaine dans la région et nie toute relation avec le président libyen, El Gueddafi. Selon lui, de nombreuses personnes étrangères ont été inscrites au fichier de la région, dans le but de rendre la situation impossible à maîtriser. L'amenokal alerte sur les «conséquences graves» de la marginalisation de la population locale et reconnaît, dans la foulée, «la difficulté» de contrôler les jeune Targuis, «plus exigeants et moins réceptifs» que leurs aînés. Il décrit une situation inquiétante à cause de l'activité des terroristes et surtout ses conséquences sur le tourisme saharien qui fait vivre un large pan de la société.

Entretien :

-Le Sud algérien est classé par les Français comme une zone dangereuse tout autant que le nord du Mali, du Niger et de la Mauritanie. Pensez-vous que c’est le cas ?

Les problèmes liés à la sécurité ne touchent pas le Sud algérien. Ils sont au-delà de la frontière. Vous avez remarqué que depuis l’enlèvement des 32 touristes allemands et autrichiens en 2003, Dieu merci, il n’y a plus jamais eu d’autres prises d’otages grâce aux services de sécurité et à la population locale. Nous faisons tout notre possible pour que la région reste paisible. Entre l’Algérie et le nord du Mali, il y a une grande différence. Là-bas les gens sont des laissés-pour-compte. Ils n’ont absolument rien. La misère pèse lourdement sur leur quotidien. Ce qui n’est pas le cas dans notre pays.

-Pourtant les activités terroristes sont aux portes de l’Algérie. Ne craignez-vous pas que la situation déborde sur le territoire algérien et que des attaques, comme celle qui a visé les 11 gardes-frontières à Tinzaouatine, puissent être rééditées ?

Je ne le pense pas. Tous nos efforts sont concentrés sur la situation sécuritaire. Mais croyez-moi, cela devient de plus en plus difficile. Pour l’instant, nous pensons maîtriser la situation sur le terrain, mais ce n’est pas évident de se faire entendre comme avant. Les jeunes d’aujourd’hui sont plus exigeants et moins réceptifs. Cependant, nous avons réussi quand même à faire réfléchir les jeunes de Djanet, qui ont, il y a quelque temps, pris les armes, et convaincus de la nécessité de se rendre et d’utiliser des moyens pacifiques de revendications sociales. Il y en a qui ont pu décrocher des postes de travail et d’autres qui attendent. Nous espérons que toutes les promesses faites à l’époque seront respectées. Nous ne voulions pas que la situation nous échappe de la sorte. Mais comme je l’ai expliqué plus haut, les jeunes de maintenant sont moins réceptifs qu’avant…

-Pourquoi, selon vous, les jeunes ne vous écoutent plus comme avant ? Est-ce parce que vous n’êtes plus à l’écoute de leurs préoccupations ou parce qu’ils ne se reconnaissent plus du modèle de vie que vous incarnez ?

Avant la parole était unifiée et se répandait comme un éclair. Quand un mot est dit, il est tout de suite entendu partout au sein de la communauté qui était, faut-il le rappeler, homogène. Mais, aujourd’hui, celle-ci n’est plus comme avant. Nous avons les 48 wilayas et une quarantaine de pays africains qui vivent dans la région. Comment voulez-vous que nos jeunes ne soient pas influencés par cette nouvelle donne. Avant, les parents étaient responsables des agissements de leurs enfants et lorsqu’ils étaient interpellés, la réaction était immédiate.

Aujourd’hui, il est difficile de surveiller les enfants ou de les obliger à respecter un ordre établi par la communauté. En tant que notables, nous concentrons tous nos efforts à ce volet, afin d’éviter les dérapages. Il faut reconnaître que, dans le passé, le territoire était partagé entre les tribus et rien ne se faisait sans l’avis des chefs. Durant cette période, les Touareg étaient les gardiens des lieux, de la faune et de la flore. Il était impensable pour un Nigérien ou un Malien de venir arracher l’armoise ici chez nous. Aujourd’hui, cette herbe médicinale est exploitée à grande échelle et nous n’avons pas le droit d’arrêter les auteurs, de peur d’avoir des problèmes avec les services de sécurité. Pourtant, il s’agit bel et bien d’une plante qui a une importance capitale chez la communauté et elle est en voie de disparition dans certains endroits.

-Certains accusent les Touareg de pratiquer la contrebande et surtout de servir de guides aux terroristes ou de mercenaires dans les prises d’otages. Qu’en pensez-vous ?

De quels Touareg parlez-vous ? Algériens, nigériens, mauritaniens, maliens ou libyens ? Dites-nous où sont ces contrebandiers ou ces terroristes targuis et nous vous donnerons la réponse. Toutes ces nationalités vivent ici à Tamanrasset. Pouvez-vous les différencier ? Il n’y a que ceux qui les connaissent qui en sont capables. Mais pour les autres, ce sont tous des Touareg algériens et donc, qu’ils soient des autres régions du Sahara, cela ne change en rien leur position. Des enlèvements ont eu lieu à Arlit, en territoire nigérien, pourtant, lorsque vous entendez les médias, on parle beaucoup plus de Tamanrasset. Il est vrai que des membres de notre communauté se trouvent entre le nord du Mali et celui du Niger.

Ils y sont pour le commerce, pas parce qu’ils souffrent de la misère. Ils s’y rendent soit pour le pâturage soit pour vendre. Ils n’y vont pas pour voler ou trafiquer. Mieux, beaucoup font travailler les gens là-bas. J’ai été récemment au Niger et j’y ai rencontré bon nombre d’entre eux. Leur seule préoccupation est de pouvoir s’inscrire sans problème auprès de notre consulat. En dépit des problèmes que vit la région, au même titre d’ailleurs que les autres wilayas du pays, les Touareg n’ont jamais rêvé d’une université à Tamanrasset ou d’une station qui ramène de l’eau de 700 km, pour alimenter toute la communauté. C’est un acquis considérable et nous en sommes vraiment reconnaissants. 

-Pourtant il y a bien eu des Targuis impliqués dans le terrorisme et dans la contrebande ?

Ils sont rares et ne peuvent représenter la communauté. Les autres ont fini par apprendre notre langue et nos habitudes. Qui leur a permis d’être parmi nous ? Un vrai Targui n’accepterait jamais que son fils soit un contrebandier ou un terroriste. Cherchez bien la vraie identité des trafiquants et des fraudeurs et vous allez vous rendre compte que l’écrasante majorité vient d’ailleurs…

Ne pensez-vous pas que l’oisiveté peut aussi pousser les jeunes Targuis à rejoindre les rangs des contrebandiers ou des terroristes ?

C’est ce que disent ceux qui ne connaissent pas la région. Ce n’est pas à cause du manque de travail que nous détruisons notre pays. Le terrorisme et la contrebande sont des activités dangereuses qui compromettent l’avenir de la communauté.

-De nombreux ressortissants installés à Tamanrasset réclament leurs papiers d’identité. Ils vivaient en nomades dans la région du Sahel avant de se fixer. Sont-ils réellement des Touareg algériens ?

Je ne nie pas l’existence d’Algériens oubliés, mais pas comme que les médias présentent les faits. Qu’ils nous donnent la liste des noms qui veulent la nationalité et nous allons nous charger de les défendre. Chez nous, chaque tribu touareg reconnaît les siens. Il n’y a jamais eu d’intrus parce que dans chaque commune, il y avait une commission chargée de la naturalisation, constituée des représentants de toutes les tribus touareg. Aucun papier ne pouvait être délivré sans l’avis de cette commission. Mais depuis sa disparition, il y a des années, les inscriptions se font au niveau des tribunaux, sans se référer aux représentants des tribus. De nombreuses personnes étrangères ont été portées sur le fichier national algérien.

-Pensez-vous que cette politique a été délibérée dans le but de casser cette cohésion communautaire ?

Je reste convaincu que cela a été fait exprès dans le but de rendre la situation impossible à maîtriser. Nous connaissons tous ceux qui demandent la nationalité algérienne. Nous avons la liste de tous ceux qui sont venus durant les années 1981-82-83, à la suite de la grande sécheresse qui a sévi dans la région du Sahel. Avant, lorsqu’une seule personne s’introduisait du côté de l’Askrem, quelques heures plus tard, les gendarmes étaient informés et se déplaçaient sur les lieux pour s’enquérir de cette présence. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, parce qu’il y a plus d’étrangers dans la région que de Touareg. La cohabitation entre eux est plus formelle que réelle…

-Pensez-vous que cet état de fait a aidé les terroristes et les contrebandiers à avoir des complices dans la région ?

Lorsque qu’on propose à un chauffeur salarié la somme d’un milliard de centimes en contrepartie d’un convoyage de marchandise d’une ville à une autre, n’espérez pas avoir un refus. L’offre est vite acceptée. Elle attire même tous les jeunes. Nous faisons tout pour les sensibiliser et les maintenir loin de la portée des trafiquants…

-Le président libyen, Mouammar El Gueddafi, a affirmé avoir rencontré l’ensemble des chefs des tribus touareg, algériens, maliens, mauritaniens, nigériens et libyens, pour les fédérer en un royaume du Grand Sahara. Qu’en pensez-vous ?

Le seul que nous reconnaissons en tant que président, c’est Abdelaziz Bouteflika, celui de tous les Algériens. Si Gueddafi veut nous inviter ou nous parler, il doit passer par son homologue et interlocuteur algérien, qui est Bouteflika. En 2005, après le décès de Akhamok, il voulait venir présenter les condoléances, il est passé par la présidence, et ce sont les services du ministère algérien des Affaires étrangères, qui nous ont informés. Il est donc important de rappeler que la région du Sahara algérien a un seul président, c’est Abdelaziz Bouteflika. Les Touareg algériens, qui constituent le cœur même de la communauté, n’ont rien à voir avec ces réunions que Gueddafi a tenues avec d’autres Touareg des pays voisins. Nous gérons nos problèmes avec les pouvoirs publics algériens, nos seuls vis-à-vis que nous connaissons.

-Le même président a accusé l’Algérie d’avoir été à l’origine de la situation actuelle qui prévaut dans la région du Sahel. Quel est votre avis sur ces propos ?

C’est au président de la République de lui répondre et non à moi. Mais je peux vous dire que ceux qui ont aidé à une telle situation sont forts. Ils ont réussi à engendrer un climat d’insécurité qui compromet tout effort de développement dans la région. Nous avons vraiment peur des conséquences…

-Comment voyez-vous la prise en charge de cette situation ?

J’ai toujours dit que s’il n’y a pas de coordination entre l’Exécutif et les élus, il y aura de graves problèmes dans la région. Il est de notoriété que le wali doit être au courant de ce que fait l’Etat et dont la population n’est pas au courant. Son rôle est de servir d’intermédiaire entre les structures de l’Etat et les citoyens, lesquels doivent être impliqués dans tout ce qui concerne la gestion de la collectivité.

-Justement, le décret régissant les agences de voyages et de tourisme et promulgué au mois de juillet dernier a suscité la colère des professionnels du tourisme saharien, qui voient leur activité, dont dépend tout un pan de la population locale, menacée. Qu’allez-vous faire en tant que chef des tribus touareg et député de la région de Tamanrasset ?

J’ai été interpellé non seulement par les agences de la région, mais également par de nombreux guides et chameliers qui vivent du tourisme. Aujourd’hui même, deux chameliers de Tazrouk et Idles sont venus se plaindre également des sites touristiques qui ont été fermés et qui leur permettaient de faire vivre leurs familles. Le tourisme a été pour eux une aubaine, après la sécheresse qui a sévi pendant plus de six ans. Ils ont repris l’élevage du chameau pour l’utiliser dans les circuits de méhari. La fermeture de certains sites nous a un peu surpris, dans la mesure où le problème de sécurité se pose beaucoup plus au-delà des frontières.

Depuis 2003, après le rapt des 32 touristes, Dieu merci, il n’y a plu eu de touristes enlevés en territoire algérien. Nous sommes les gardiens de la région et nous restons très vigilants, car la sécurité est également notre problème. Les gens qui vivent du tourisme n’ont rien d’autre comme activité. Fort heureusement, cette année il y a eu une excellente pluviométrie qui va permettre à ceux qui ont perdu leur travail dans le secteur du tourisme de reprendre l’agriculture et l’élevage camelin. Nous savons tous que le tourisme est la seule activité qui nourrit toute la région. Nos potentialités sont énormes, il suffit de bien les exploiter pour que des pans entiers de la jeunesse ne basculent pas vers l’inconnu. Les préoccupations des habitants seront soumises aux autorités du pays et il y aura certainement une solution dans un avenir proche.

-Pouvons-nous connaître votre avis sur cette information rapportée par la presse française, ces derniers jours, relative à l’existence d’une base de 400 militaires américains dans la région de Tamanrasset ?

Les seuls militaires qui se trouvent à Tamanrasset appartiennent à l’Armée nationale populaire (ANP). Nous n’avons jamais remarqué la présence de soldats autres que les nôtres. Une caserne de 400 hommes comme cela a été rapporté ne peut passer inaperçue. Nous sommes devant une manœuvre de propagande tendancieuse. Tamanrasset est à chaque fois associée par la presse étrangère à tout ce qui est mal vu.

-Y a-t-il une explication à cette propagande ?

La seule explication est à chercher peut-être chez ceux qui n’ont jamais accepté l’algérianité du Sahara. Vous savez que les positions du Mali et du Niger diffèrent totalement de celle de l’Algérie, en ce qui concerne l’ancien colonisateur. Le Sahara algérien est très convoité et ses Touareg dérangent, parce qu’ils se reconnaissent de l’Etat algérien et n’obéissent qu’à l’Etat algérien. Il est important de rappeler que la question du Sahara algérien a été tranchée par nos aînés bien avant l’indépendance de l’Algérie. Ce n’est pas aujourd’hui que nous allons la remettre en cause.

Source El Watan Salima Tlemçani

Le Pèlerin

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 23:05

Djanet recèle des atouts inestimables
Le tourisme, l’argument à faire valoir…

Djanet est assurément une région touristique par excellence. Elle est réputée pour cela. Grâce à des sites d’une extraordinaire beauté et une nature des plus envoûtantes, elle recèle des atouts touristiques inestimables mais, hélas ! non entièrement exploités. Après des années d’inertie imposée par une conjoncture sécuritaire pénalisante, l’activité touristique dans le Grand Sud algérien reprend de plus belle. On est encore, certes, loin des flux ininterrompus d’étrangers arrivant dans cette région durant les décennies 70 et 80, mais l’engouement suscité par les attraits uniques Djanet, Tamanrasset ou encore Timimoun, augure d’un retour très envisageable à cette période bénite où l’Algérie figurait en bonne place sur les prospectus des agences de voyages étrangères. Ce dynamisme allant en augmentant, Djanet a accueilli pour les seuls mois d’octobre et novembre 2008 plus de 1 000 touristes étrangers, se félicitent les responsables locaux en charge du tourisme. Et ce n’est que le début de la saison touristique, laquelle doit s’étaler jusqu’à avril, le pic étant attendu vers la fin décembre à l’occasion des festivités de fin d’année. En cette fin octobre et début novembre, notre séjour à Djanet avait coïncidé avec celui de l’ambassadrice d’Autriche en Algérie qui témoigne : «J’aime le Sud, il y a beaucoup de choses à découvrir, les danses, la signification des gestes. Djanet est spéciale, je dis toujours à mes amis que l’Algérie est vraiment un pays à visiter. Cela est aussi le travail de ma collègue à Vienne, l’ambassadrice d’Algérie, Mme Ferroukhi.»
La présence de la diplomate avait également concordé avec la libération des otages autrichiens, ce qui lui fera dire ceci : «Le nombre de touristes autrichiens en Algérie n’est pas important. Peut-être qu’avec le dénouement de cette affaire des otages, les choses iront mieux.» Du pain béni donc pour les 26 agences touristiques activant à Djanet, sur un total de 32 réparties dans toute la wilaya d’Illizi. Autant d’agences qui emploient des dizaines d’habitants de la ville et d’ailleurs, y compris des étrangers venus de quelques pays d’Afrique, aussi bien dans le cadre de l’immigration légale que celle illégale. Si l’afflux des touristes est encouragé, à travers notamment les charters reliant directement les villes européennes à celles du Sud, l’activité touristique ne pourra connaître son réel essor si le problème des infrastructures, actuellement trop insuffisantes à Djanet, n’est pas pris en charge. Il n’y a, en effet, que deux hôtels qui ne répondent plus aux normes minimales d’hygiène et de confort, et seulement trois villages touristiques, dont la capacité d’accueil totale demeure limitée.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les touristes étrangers qui séjournent en ville ne constituent pas des rentrées d’argent pour les nationaux : ils viennent généralement à Djanet en escale, le jour de leur arrivée ou de leur départ, l’essentiel de leur séjour étant programmé sur les différents sites du parc du Tassili. A Djanet, ils dépensent très peu. De plus, ils s’arrangent pour ramener de leur pays d’origine tout ce qui peut être transporté en denrées alimentaires et autres besoins pour dépenser le moins possible. Ce qui fera dire à certains habitants que «les étrangers font du tourisme chez nous presque gratuitement.» D’autant que, contrairement aux autres pays, les droits d’entrée au parc demeurent insignifiants (100 DA depuis 1968 !). L’activité touristique allant de pair avec l’artisanat, le développement de la première profiterait à celui-ci, si les concernés ne trouvaient pas à redire s’agissant de la politique nationale du secteur pour encourager ces métiers, lesquels sont confrontés à de multiples problèmes. Ils sont plus d’une soixantaine à vivre et à faire vivre leur famille de ce savoir-faire en péril, essentiellement en raison de la cherté des matières premières. Se répercutant sur le prix final du bijou, les artisans ont du mal à écouler leur marchandise. Le kilo d’argent a atteint 50 000 DA et un bout d’ébène est cédé à 1 000 DA. Même leur doyen, Salah Tikaoui, qui détient plus de 37 ans d’expérience dans le métier, est confronté aux mêmes contraintes. «J’ai de la marchandise qui remonte à trois ans, il faut que les autorités en charge du tourisme et de l’artisanat fassent quelque chose pour sauver cet artisanat.» Si Salah a au moins la chance d’avoir sa boutique en plein centre-ville, le reste des artisans est rassemblé dans un pavillon du marché, situé à la périphérie de celle-ci, sur le site appelé El Oued. Ils y vendent leurs produits dans des conditions précaires, dans des baraques de fortune et sans électricité, une mesure qui a été prise  pour éviter les masses.
«Il y a un infime pourcentage de touristes étrangers qui passent par ici, le reste, ce sont des nationaux qui achètent rarement en raison de la cherté des produits», se plaint l’un des artisans


Source La Tribune


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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 23:08

La Saoura, le paradis oublié

Bien pourvue par Dame Nature en sites paradisiaques, Béchar a tout pour être un haut-lieu du tourisme saharien qui pourrait drainer des centaines de milliers de touristes chaque année.Taghit, Beni-Abbès, Igli, Kenadsa, Kerzaz… des noms qui, en d’autres circonstances, figureront en bonne place dans les catalogues des grandes agences de voyages des pays émetteurs de touristes. La réalité est, malheureusement, tout autre : les étrangers qui y viennent séjourner dépassent à peine le millier (1 729 exactement en 2008) et, outre-mer, on ignore presque tout de ces trésors en mal de publicité. Dans toute la wilaya de Béchar, il y a trois agences de voyages qui s’occupent beaucoup plus de hadj et de omra que de tourisme. Un scandale ! Il est vrai que le pays a beaucoup souffert de la détérioration de la situation sécuritaire pendant la décennie noire et continue toujours d’en payer les frais. Il est tout aussi vrai que les Algériens ne font pas beaucoup de choses pour mettre en valeur leurs produits, même si le ministère du Tourisme essaie tant bien que mal de rectifier le tir sans pour autant réussir, du moins pour le moment, à faire bouger les lignes. Est-il plus aisé de faire des schémas sur papier que de changer des mentalités forgées par des années de laisser-aller ?  À l’épreuve de la réalité, le tapage médiatique fait autour de la réhabilitation du tourisme saharien apparaît beaucoup plus comme une profession de foi qu’une volonté politique de doter le pays d’une véritable industrie touristique. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à Taghit — une région souvent présentée comme un fleuron du tourisme algérien — ou à Béni-Abbès pour voir la désinvolture avec laquelle est “préparée” la saison touristique et l’état dans lequel sont laissées ces villes, leurs palmeraies, leurs ksour. Voyage au cœur d’un paradis victime de l’oubli.
Taghit : l’enchanteresse  aux prises avec l’incurie
Le touriste qui se rend à Taghit n’a pas besoin de trop vadrouiller dans ses ruelles pour découvrir sa beauté. Il est séduit avant même d’avoir foulé son sol. Comment ? L’écriteau y souhaitant la bienvenue est à peine dépassé que le regard du visiteur, encore sous le charme des étendues rocailleuses (les fameuses hamadas) parsemées çà et là d’arbustes et d’acacias, est brusquement mis face à un décor édénique : un agglutinement de maisons enrubanné par une bande vert-noirâtre (la palmeraie) sur un arrière-fond doré fait de monticules de sable. Et le ravissement du visiteur s’agrandit à mesure qu’il s’approche de la ville en empruntant une route qui traverse d’abord un oued, fend la palmeraie puis enserrée par des colonnes d’arbres qui ombragent ses rebords, entame sa montée vers le centre-ville avant d’aller à nouveau se perdre dans le désert. De son entrée presque jusqu’à sa sortie, la ville offre à ses hôtes un visage attrayant. Contrairement à beaucoup d’autres villes du Sud, les façades des maisons attenantes à la rue principale sont recouvertes. Mieux, les trottoirs, agrémentés de lampadaires et de bancs, sont bien pavés et la place centrale très bien faite.
Quelques pâtés de maisons après le siège de la poste d’où sort une grande antenne qui, comme une balafre sur un beau visage, défigure complètement la ville, s’élève dans toute sa splendeur une grande dune dont la hauteur dépasse les 130 mètres. “Taghit est un véritable musé à ciel ouvert. En plus des dunes, elle dispose d’une chaîne de montagnes. En plus d’une réserve naturelle, notre région dispose de pas moins de 6 stations de gravures rupestres”, s’enorgueillit M. Nadhor, P/APC RND de la commune et en même temps responsable de l’office local du tourisme et président d’une association. “Notre ville est un véritable havre de paix. Il n’y a ni vol ni agression. La sécurité est totale”, insiste-t-il.
À quelques mètres en bas de la placette centrale, juste en face du siège de la daïra, s’élève une superbe bâtisse : l’hôtel Taghit. Surplombant la palmeraie, cet établissement est inaugurée en 1971 par l’actuel président de la République du temps où il était ministre des Affaires étrangères. Certes, l’établissement n’a pas beaucoup perdu de sa superbe, mais les temps ne sont plus ce qu’ils étaient. Fini la belle époque quand d’illustres hôtes (Charles Bronson, Alain Delon, Sophia Lorraine, Bertho Lucci, sans parler des ambassadeurs) y viennent séjourner.
Fini la période faste des années 1970 quand la région était prise d’assaut par des essaims de touristes étrangers.
Aujourd’hui, ce n’est pas le grand rush. Les touristes étrangers qui y viennent passer quelques jours ne sont pas des masses. À peine un millier en 2008 alors qu’ils étaient des dizaines de milliers à la fin des années 1970. Petite consolation : quelque 10 000 nationaux y ont séjourné l’année dernière. “La tendance s’est renversée. Alors que par le passé, ce sont les étrangers qui composent le gros des touristes qui viennent, aujourd’hui, ce sont les nationaux qui détiennent la palme”, constate le P/APC de la ville, rencontré dans son bureau. “Mais il faut reconnaître que, depuis 2000, l’activité touristique a repris. Le nombre de touristes est en augmentation constante. En tout cas beaucoup mieux que les années passées”, se félicite-t-il.
Le festival du court métrage ou l’arbre qui cache la forêt
Mais que fait-on à Taghit pour réussir la saison touristique qui vient à peine de commencer ? Rien ou presque. Engoncée dans son ronron quotidien, la ville affiche une mine des jours ordinaires, même si les premiers touristes, ramenés par une agence touristique de Mostaganem, sont déjà là.
C’est vrai qu’il y aura quelques manifestations culturels et folkloriques qui meubleront une saison touristique qui sera des plus rachitiques sur le plan animation. Ainsi, à la fin du mois d’octobre, se tiendra le Festival national du court métrage qui en est à sa troisième édition. Il est géré par l’ENTV et la fondation le Fennec d’or de Hamraoui Habib Chaouki. Trois à quatre waâdas seront aussi organisées. Des festivités folkloriques qui ont un aspect exclusivement local. Ce sont les habitants des communes environnantes qui y viennent.
Quant au marathon des Dunes, ni M. Nadhor ni une quelconque autre personne ne sait si, cette année, il va se tenir ici ou non. Idem pour le circuit autocross de Taghit qui ne s’est pas tenu depuis 1995. Des sportifs venant des pays du Maghreb et du pourtour méditerranéen y prenaient part. “L’initiateur de cette activité, un investisseur originaire d’Aïn Sefra, a été vu ici. Mais on ne  sait pas s’il organisera ou pas le cross”, explique M. Nadhor.  Une chose est sûre : le fameux Maoussim Taghit, tenu d’habitude fin octobre avec le début de la récolte des dattes, n’aura pas lieu cette année. La raison ? “On avait un grand problème d’accueil. Par le passé, on recevait les gens dans les écoles qui, à l’issue de la manifestation, subissaient beaucoup de dégâts. Aussi, nous avons décidé de le suspendre momentanément en attendant la réception des infrastructures en chantier”, explique le P/APC.
Pour pallier l’absence d’infrastructures, Taghit a bénéficié de plusieurs projets qui ne tarderont pas à être réceptionnés : une maison de jeunes, un centre de jeunes, une auberge, un camping et un centre culturel. Deux dortoirs privés ont ouvert leurs portes cette année et les travaux de construction d’un complexe touristique 5 étoiles sont lancés. L’étude pour l’implantation d’une ZET à 3 kilomètres du chef-lieu est en cours. Elle sera achevée avant la fin de l’année. D’ores et déjà, plusieurs investisseurs ont montré leur intérêt. “Taghit est devenu un grand chantier”, se félicite M. Nadhor.
Il reste que la ville manque de beaucoup d’autres choses : pas de banque, pas de marché, pas de douches, pas d’agences de voyages. De plus, les dernières intempéries ont occasionné beaucoup de dégâts à la palmeraie qui souffre déjà d’abandon et d’eaux usées. Le Ksar est lui aussi sérieusement endommagé.
Construites en toub, beaucoup de ses bâtisses, 40% selon les estimations d’un jeune, se sont affaissées comme des châteaux de cartes, alors qu’il a été réhabilité par le ministère de la Culture il y a à peine deux ans. Même le minaret de la vieille mosquée a cédé sous la pression des eaux en furie. “Le charme du ksar de Taghit est son minaret. Le jour où il est tombé, la réputation du ksar en a pris un sale coup”, s’offusque un jeune. Et parce que les autorités ne se sont pas empressées de réparer les dégâts occasionnés à ce site classé pourtant patrimoine national, ce sont les jeunes de la région qui, de leur propre chef, ont décidé de déblayer et de reconstruire les maisons dégradées pour pouvoir y recevoir des touristes. “L’année dernière, juste après les inondations de septembre, une équipe du ministère de la Culture est venue constater les dégâts. Rien n’a été fait depuis”, déplore-t-on. Et les touristes qui visiteront ce trésor architectural auront tout le loisir d’apprécier la grande estime dans laquelle le pays tient son patrimoine culturel.
Source Liberté Arab Chih
Le Pèlerin

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:02

Sud algérien - La divination, histoire et rites

La géomancie était très pratiquée au Maghreb et au Sahara et, aujourd’hui encore, des gezzanate ou diseuses de bonne aventure y recourent. Au XIIe siècle, déjà, le géographe arabe, el-Idrissi, l’évoque comme une pratique courante chez les Touareg Ajjers. On l’utilisait notamment pour retrouver les objets perdus ou volés. «Lorsque l’un d’entre eux, écrit El-Idrissi, grand ou petit, a perdu quelque chose ou lorsqu’une pièce de son bétail s’est égarée, il trace des signes dans le sable et, au moyen de ces signes, il découvre où est l’objet perdu.» Concernant les objets volés, El-Idrissi écrit : «Si un voleur dérobe un objet quelconque et l’enfouit sous terre, près ou loin, le propriétaire trace des caractères pour connaître la direction qu’il doit prendre, puis d’autres pour trouver le lieu précis de la cachette… il fait appel aux chefs de la tribu, qui, eux aussi, tracent des signes magiques et, par ce moyen, arrivent à discerner le coupable de l’innocent.» Au XIVe siècle, Ibn Khaldoun insiste sur ce procédé divinatoire répandu, et il semble, selon lui, que c’est un Berbère qui a formulé ses règles : un certain cheikh Mohammed Al-Zénati, auteur d’un ouvrage intitulé : Kitâb al-façl fi uçul ‘ilm al-raml. Cet ouvrage qui a été réédité à maintes reprises, a connu un grand succès dans le monde arabe et musulman.

Source Info Soir A. Haddadou

Le Pèlerin

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 23:00

Les avatars de prismes déformants

region tamanrasset

 

Après la fête de la Sbeiba, célébrée dans le sud algérien dans l'intervalle de temps séparant le 1er Moharram du jour de l'Achoura, les journées précédant la fin de l'année ont toujours été de grands moments de fièvre touristique où la région reçoit principalement des touristes européens venus passer les deux réveillons (Noël et la Saint Sylvestre).

La saison touristique dans le Sud prend le relais de la saison estivale du Nord à partir d'octobre et se termine en avril. Cependant, la concentration des flux touristiques se déploie précisément pendant cette semaine qui clôt l'année du calendrier grégorien.

Il est vrai que, au cours de ces dernières années, la situation sécuritaire a constitué une contrainte de poids pour l'activité touristique dans le Sahara algérien sans qu'elle atteigne néanmoins la «sinistrose» du milieu des années 1990. A partir de cette date, des dizaines d'agences touristiques ont mis la clef sous le paillasson conduisant à la mise au chômage de centaines de travailleurs, sans parler d'autres préjudices causés à l'économie locale (commerce, hôtellerie, transport,…).

La reprise, à une cadence prometteuse, des activités touristiques à partir de 2005 a été régulièrement perturbée par des «incidents» sécuritaires, certes isolés, mais capables de semer la peur ou, du moins, susciter des réticences chez les potentiels candidats au voyage dans les profondeurs du Sud algérien.

Si le Sud algérien attire tant les étrangers – il y en a même qui s'y rendent pendant la saison torride de l'été –, c'est qu'un charme particulier, une insondable magie exercent leur magnétisme sur les hommes sans que les Algériens du nord, souvent tentés par des vacances en Europe ou chez nos deux voisins maghrébins, n'en prennent tout à fait conscience.

La nature et la culture des terres maternelles du Sud algérien sont en effet les deux moteurs de leur attractivité. Dunes de sable, regs caillouteux, rochers sculptés du Tassili, oasis hyalines, traces de l'homme préhistorique, religion de la paix individuelle et du bonheur collectif, rites et chants qui nous renvoient à un moi et un inconscient collectif des plus fertiles, et, enfin, un sens de l'hospitalité rare sous d'autres latitudes, sont des réalités qui nous délivrent d'un maladif mode de vie trop diligent et happé par la cupidité et le conflit permanent.

Comment faire pour que cette immersion dans la nature et la culture sahariennes ne soient pas vécues comme un simple exotisme de pacotille ?

Vision lacunaire

Il faut reconnaître que, malheureusement, à l'exception de certaines manifestations folkloriques par lesquelles les autorités culturelles du pays s'acquittent de leur conscience en en ressassant les images à échéances régulièrement fixées, la culture saharienne n'a pas encore trouvé son chemin sur le plan de l'expression pour qu'elle soit partagée d'une façon conviviale et harmonieuse par l'ensemble de la collectivité nationale.

Les aspects folkloriques qui ont mis cette culture ancestrale au contact des gens du Nord étaient au départ de véritables valeurs pleines l'authenticité, tournées vers l'œcuménisme d'un message humaniste transmis par les habitants de ces vastes espaces dits désertiques. Et si le véritable désert était là où on le soupçonne le moins !

L'historique imzad, feu Othmane Bali, le chanteur Adel M'zab, le fidèle Djibril (le légendaire guide touristique qui a été à l'origine de la célébrité dont jouissent Henri Lhote et les gravures rupestres du Tassili) et d'autres figures ou aspects rituels – à l'image des fêtes du Moussem et de la Sbeiba –, n'arrivent pas à bénéficier d'une véritable pédagogie culturelle et de mise en perspective qui les projetteraient comme valeurs culturelles authentiques, comme données historiques fertiles et porteuses d'un message écrit par des hommes à d'autres hommes ; pour tout dire, des valeurs faisant partie d'un monde qui n'aurait jamais dû cesser d'être nôtre.

Les images, les sons, les gestes et les messages qui nous parviennent de ces territoires à la fois proches et lointains sont malheureusement brouillées par nos prismes déformants et nos visions stéréotypées. On n'est pas loin d'un certain exotisme que l'on reproche souvent à des Européens chez qui l'on trouve des penchants «orientalistes», lesquels prolongeraient quelque part le véritable courant artistique orientaliste qui a connu ses heures de gloire au 19e siècle.

Est-ce que la volonté des pouvoirs publics de développer le tourisme dans le Sud algérien parviendra à faire valoir les richesses culturelles, artistiques, historiques et naturelles de ce vaste territoire ? Il est vrai que l'économie rentière permise par les hydrocarbures a mis sur la marge le secteur touristique aussi bien au sud qu'au nord du pays.

Selon des témoignages que nous avons recueillis au nord de la wilaya d'Illizi, jusqu'à la fin des années soixante du siècle dernier, et dans la seule oasis de Bordj Omar Driss (ex-Fort Flatters) distante de 700 km par rapport au chef-lieu de wilaya par la voie goudronnée, des flux touristiques de grande ampleur, constitués d'Européens, venaient passer les fêtes de fin d'année sur le sable fin de cette petite ville d'à peine 3 000 habitants où il n'y a aucune structure hôtelière. Les rencontres avec les populations locales se faisaient en pleine nature, dans la convivialité et la sécurité. A l'époque, Bordj Omar Driss disposait d'un… aérodrome.

L'homme et la nature : un équilibre à entretenir

Le festival des cultures et civilisations des déserts qui se tient chaque année dans un pays touché par le phénomène de désertification climatique est un forum qui essaye d'inculquer l'importance de la richesse culturelle des peuples et des communautés habitant ces espaces dits désertiques. L'Algérie est un pays actif et influent dans ce forum et a reçu les activités de ce festival à deux reprises (2003 à Timimoun et 2007 à Alger).

Les organisateurs de ce festival lui ont fixé des objectifs aussi bien culturels – échanges et interactions entre les communautés des contrées concernées – qu'écologiques de façon à pouvoir dégager les voies les plus rationnelles et les moyens les plus appropriés pour contribuer à la lutte contre la désertification. Les données de la géographie physique placent l'Algérie parmi les pays les plus touchés par cette notion de désert. Sur l'ensemble de sa superficie, une proportion de quatre cinquièmes représente les zones arides, soit environ deux millions de kilomètres carrés.

Bien que notre pays possède une façade maritime de 1 200 km de littoral, son histoire est plutôt marquée par une orientation vers l'intérieur, hormis la période phénicienne et turque où la mer avait joué un rôle prépondérant respectivement dans le commerce et la guerre. Les historiens et les sociologues ont relevé cette particularité dans laquelle a baigné notre ambiance culturelle.

Les territoires des pays qui sont présents d'une façon régulière dans le festival des cultures et civilisations des déserts comptent naturellement une grande partie de terres désertiques.

Si ces espaces se trouvent aujourd'hui désertés par les populations en raison de la rudesse des conditions de vie qui y prévalent, il n'en a pas toujours été ainsi. Pour preuve, les cultures profondes et ancestrales de ces pays portent l'empreinte d'une vie, certes marquée par l'effort et le labeur, mais riche, dense, voire même parfois exubérante. Pour le cas de l'Algérie, deux ères de l'histoire proche et lointaine confirment une activité débordante des espaces sahariens où, malgré l'adversité, les populations ont su évoluer dans un équilibre qu'elles ont ingénieusement instauré et entretenu. La période de l'industrie néolithique a vu, au Tassili des Ajjers, l'une des civilisations les plus florissantes de l'époque s'établir au sud du pays, phénomène qui, depuis les explorations d'Henri Lhote et Théodor Monod au milieu du 20e siècle, n'a cessé de surprendre et d'intriguer les chercheurs par sa profondeur et son étendue. Malika Hached, Nadia Mecheri Saâda, Mouloud Mammeri, Slimane Hachi – chacun selon son profil ou spécialité – ont investi à leur tour, par leurs recherches et investigation, une partie de ces territoires. La région, déclarée Parc national – le plus grand musée à ciel ouvert du monde – s'étend de Djanet jusqu'aux confins de Tamanrasset.

Le festival qui se tient depuis le début de l'année 2011 sous l'intitulé «Tlemcen, capitale de la culture islamique» a exhumé, ne serait-ce que partiellement, l'autre grand moment de l'histoire des territoires sahariens. Il s'agit du grand mouvement commercial ayant établi les routes sahariennes et les caravansérails de Tombouctou à Ouargla et de Sijilmassa à Tlemcen.

À l'occasion de ces échanges commerciaux, les échanges culturels et les brassages ethniques ont assis l'aire culturelle sahélo-saharienne faite de berbérité, d'islam et d'africanité.

L'un des systèmes communautaires sahariens les plus efficaces, bâti sur une organisation sociale solidaire, un équilibre environnemental sans faille et une domestication de la nature au profit de l'homme – ce qui correspond approximativement au concept de développement durable tant chanté par la littérature scientifique d'aujourd'hui – a été établi et bien entretenu il y a dix siècles El Ateuf, une ville faisant partie de la Pentapole de la vallée du M'zab.

Les perturbations grevant actuellement la vie des populations qui y vivent et les déséquilibres urbanistiques et architecturaux ont conduit par exemple à la catastrophe des inondations d'octobre 2008. C'est toute l'organisation ancestrale (construction, architecture, aménagements urbains,…) qui a été battue en brèche par les effets anarchiques d'une modernité mal assumée.

Source Les Débats Saâd Taferka

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 23:56

Sud algérien - Les trafiquants l’utilisent pour fabriquer du musc - Le massacre de la gazelle algérienne continuemassacre-des-gazelles.jpg

 

Le braconnage continue dans le sud algérien. Cette fois-ci ce n’est pas les émirs du golfe qui en sont à l’origine. Il s’agit de chasseurs algériens de certaines régions du sud du pays qui se sont lancés dans la traque de certaines espèces animales en voie de disparition. Cette activité, qui est évidemment non autorisée, leur rapporte beaucoup.

Les braconniers œuvrent en accointance avec des contrebandiers spécialisés dans la revente de certaines espèces de la faune à travers des circuits informels.
Selon des sources crédibles, les contrebandiers ont pu transiter frauduleusement, au fil du temps, un nombre important de Rym vers des pays arabes, après les avoir acquis chez des braconniers locaux. Les gazelles capturées vivantes – le grand Rym – sont vendues entre 20 000 et 50 000 DA. Des parties importantes de ce gibier, notamment son crâne, sa corne sont récupérées, dit-on, par les capitaines de l’industrie cosmétique ou parfumerie. Parmi les pays concernés par la contrebande du Rym figurent entre autres la Tunisie, la Libye, l’Arabie Saoudite et notamment la Syrie. D’ailleurs et selon nos sources, Damas est réputée par ses industries développées dans la fabrication de meilleure qualité de musc, réputé à l’échelle internationale.
Le musc syrien est produit, faut-il le souligner, à base d’une matière se trouvant dans le corps du Rym algérien. Les massacres perpétrés quotidiennement contre le Rym, l’absence d’un parc naturel, l’abattage excessif de dizaines d’arbres et plantes notamment ceux constituant les principaux aliments du Rym, mais aussi l’indifférence et la passivité totales des responsables de ce qui s’est passé et ce qui se passe contre cet animal sont les causes primordiales qui ont poussé des centaines de gazelles à fuir le territoire algérien pour se réfugier dans des pays frontaliers notamment la Tunisie et la Libye. Là-bas, nos gazelles ont trouvé de nouveaux pâturages et d’autres bois et elles sont en sécurité.
Il faut souligner que les massacres perpétrés contre le Rym se poursuit d’une façon inquiétante dans les vastes oasis et les déserts du sud-est algérien notamment. Le manque de contrôle par les services concernés a offert aux braconniers, sans scrupules, une aubaine pour s’adonner en toute liberté à la chasse, non autorisée, de cette rare espèce dont le nombre a considérablement réduit. En dépit de la rigueur des textes de loi, les trappeurs ne cessent d’agir au mépris des règles les plus élémentaires de respect de l’environnement et de l’écosystème. Des paysans rencontrés dans certains marchés de bétail à El-Oued ont affirmé avec déception que “auparavant, dans les années 1980/90, il suffisait de parcourir quelques dizaines de kilomètres dans le désert aux alentours d’El-Oued pour observer d’importants troupeaux de Rym éparpillés çà et là, alors que maintenant, on devra sillonner des centaines de kilomètres pour pouvoir apercevoir quelques têtes”.
Selon des sources locales, des braconniers de la région d’El-Oued se lancent dans des parties de chasse à la gazelle à près de 200 km au sud-est de la zone de Hassi-Messaoud.
Les mêmes sources ajoutent que dans des régions communément connues sous les noms de Bir Gharafa, Oglat-Blaïd et Sahn Baraka, des trappeurs pourchassent cette faune à bord de véhicules tout-terrains de type Toyota-Station des dizaines de Rym avec leurs petits.
“Après une course-poursuite, ces animaux essoufflés tombent à même le sol. Le ventre et les poumons de certains d’entre eux ont explosé.” Pour cela, les boucaniers utilisent des fusils de chasse pour abattre des Ryms résistants. Et même les chiens de chasse tels que les “slouguis” sont également utilisés pour rattraper un Rym récalcitrant, selon une source locale.
Il faut dire que les campagnes d’extermination “inédites” de chasse non autorisée ont diminué le nombre de Rym dans la région. Devant cet état de fait, les animateurs de l’Association algérienne du patrimoine, de l’environnement et de la promotion des zones sahariennes (AAPEPZS) d’El-Oued ont tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises, mais en vain. Selon son président M. Boughazala Bachir “la chasse outrancière du Rym par des assaillants risque sérieusement d’anéantir le très petit nombre de cette espèce qui continue de résister aux multiples attaques”. Le nombre de Rym vivant dans certains coins des régions d’El-Oued, de Ouargla et d’Illizi ne dépasse pas les quelques dizaines de têtes alors que les troupeaux de Rym, jusqu’en début des années 1990, était important.
Plus loin, le président de l’association (AAPEPZS) déplore que la chasse au Rym se fasse tout au long de l’année et notamment les week-ends, mais le braconnage se multiplie en été qui pousse les Rym, en quête de repos, à rechercher l’ombre et l’humidité sous les arbres.
Ces criminels de l’environnement, pour paraphraser le président de l’association, ne laissent jamais ces animaux jouir tranquillement de leur existence. Les chasseurs profitent de cette période de grandes chaleurs pour perpétrer leurs massacres contre les malheureux Rym, surpris à chaque fois par des véhicules tout-terrains.
Le président de l’association a indiqué que les groupes spécialisés dans la chasse du Rym activent notamment au niveau de Guemar, Debila, Douar El-Ma,
El-Ogla, Robbah et El-Oued.
Pour lui, ces gens sont d’une telle atrocité qu’ils ne reconnaissent ni la période de la reproduction ni celle de la croissance.
Et que les femelles et les petits Rym, âgés de cinq mois à un an, sont souvent la cible de ces chasseurs.
Le bureau d’El-Oued de ladite association a adressé dernièrement une lettre au ministre de l’Aménagement du territoire et de  l’Environnement pour intervenir et protéger la faune dans cette région. “L’association tire la sonnette d’alarme et demande une intervention urgente du ministre pour protéger les zones sahariennes de toutes sortes d’exploitation effrénée”. lit-on dans la lettre. Et d’ajouter : “la situation est extrêmement grave et les zones sahariennes sont devenues la proie de différents actes criminels tels que l’abattage des animaux, des végétaux, des oiseaux et des arbres.” Cette situation, ajoute la lettre, est imputée à l’indifférence et le non-contrôle des lieux concernés par les actes précités.
Avant de conclure, le président du bureau d’El-Oued a signalé que des émirs du golfe se sont adonnés à des parties de chasse à l’outarde houbara, comme c’était le cas il y a deux mois dans le désert nord-ouest d’El-Oued.
Les massacres des braconniers ont poussé un grand nombre de Rym à prendre le chemin des territoires tunisiens et libyens où la chasse est interdite ou bien réglementée.
Selon le président de l’association, le nombre de Rym était dans les années 1990 près de 1,5 million de têtes disséminées d’El-oued jusqu’à Illizi. Ce nombre ne dépasse pas actuellement les 200 000 têtes.

Source Liberté Mohamed S. / Hanafi H.

Le Pèlerin

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 23:59

Ghardaïa : Tourisme thermal

Zelfana la bénédiction 

Pour les adeptes des eaux thermales, Zelfana est une adresse tout indiquée. Située à 70 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Ghardaïa et à 480 m d'altitude, cette station attire des milliers de personnes de tous âges venues des quatre coins du pays.
Les dizaines de voitures en stationnement sur le parking du Hammam aux différentes immatriculations l’attestent. L’affluence reste élevée, même en cette période de scolarité. Et on vient même d’Europe, preuve du succès de cette station véritable espace de repos, de détente, de mise en forme mais, aussi, de traitement. Les vertus de ses eaux ne sont plus à démontrer et les résultats des cures sont sa meilleure publicité. En effet, les eaux limpides dont la température est de 41,5 degrés, ont des qualités thérapeutiques variées. C’est le cas, en particulier, pour les affections neuro-respiratoires, rhumatismales et dermatologiques, notamment les eczémas. En période de pointe la station reçoit en moyenne plus de 200 visiteurs par jour. Ce qui contraint le gérant du Hammam, Saâd Boudjerid, à demander aux nouveaux arrivants d’attendre leur tour. «Cette moyenne est enregistrée, principalement, les week-end avec un afflux record durant les vacances scolaires d’hiver et de printemps», dit-il, précisant que lors des autres jours de l’année, une moyenne de 100 à 120 entrées est enregistrée. Possédant deux entrées distinctes l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes, l’établissement public de Zelfana est un véritable pôle de rencontre des 48 wilayas du pays. El Hadja Khetouma, accompagnée de sa fille et de sa petite fille, est venue d’Aflou. «J’ai entendu parlé des bienfaits des eaux de Zelfana et, voilà, je suis ici pour une cure d’une semaine», dit-elle Une autre dame, la cinquantaine bien entamée, s’est déplacée pour les mêmes raisons de Laghouat. «Durant toute ma vie, je n’est jamais quitté mon village. Il a fallu que je connaisse des problèmes d’articulations pour venir profiter de cette source don de Dieu». Ici les aléas de la santé publique et le poids du stress disparaissent comme par magie. Sans conteste, la région thermale de Zelfana est un espace de convivialité.

Le Miraculé de Zelfana


Comme le veut la tradition pour toute source thermale, les eaux de Zelfana ont aussi leurs miracles. C’est le cas d’un citoyen, originaire de la ville de Médéa, devenu par la force des choses une référence, un témoignage vivant des propriétés curatives de cette station. « Ramené par les siens enroulé dans un drap, perclus de rhumatismes et d’eczémas purulents, sa famille l’a transporté jusqu’ici comme dernier recours.
Car l’homme vivait un calvaire : au moindre mouvement et c’est le martyre. «Une véritable loque humaine qui nous a été laissée mais qui a été prise en main par les employés de la station», se rappelle le gérant du hammam. Commença alors pour lui la cure par des bains quotidiens. «Au bout d’un mois, il a commencé à marcher. Au sixième mois de la cure, renforcée par une nourriture régulière, le malade a retrouvé ses capacités physiques.
Il s’est complètement métamorphosé au point où sa propre famille, venue le chercher 6 mois plus tard, ne l’a pas reconnue», raconte fièrement Saâd Boudjerid. Le miraculé de Zelfana, donné pour mort, a retrouvé toutes ses forces grâce à la contribution bénévole des employés de l’établissement. En dépit de sa station thermale et de sa renommée, Zelfana est pauvre en matière d’infrastructures hôtelières. Le Hammam est encore à l’état traditionnel : une grande piscine en plus des box individuels, ce qui est loin de répondre aux exigences des curistes et autres visiteurs.
Dotée de quelques hôtels dont celui des PTT avec une capacité globale estimée à 640 lits, la commune de Zelfana ne peut prendre en charge les citoyens en quête d’une thérapie. Côté restauration, c’est aussi la dèche. Les touristes sont contraints de se rabattre sur le poulet pour toute restauration. L’épicier du coin, pour son bonheur, à toutes les raisons de se frotter les mains. Il reste que pour s’approvisionner et préparer les repas à l’intérieur des chambres, l’entorse à la règle hôtelière est tolérée. Nécessité fait loi. La nuitée est facturée entre 642 et
1587 DA.
Possédant des atouts solides, cette localité, blottie dans les méandres des dunes, reste cependant à la traîne. Toutefois des projets ont été lancés à même d’asseoir une base touristique de qualité.
Ainsi une zone d’extension touristique s’étalant sur une superficie de plus de 90 hectares, vient d’être dégagée. L’étude, réalisée par l’Entreprise nationale des études touristiques (ENET), prévoit de nombreuses infrastructures et des services, tels que les équipements récréatifs, culturels et sportifs en sus d’équipements hôteliers et thermaux, ainsi que des opportunités d’investissement pour la réalisation d’une station thermale aux normes universelles. Dans le programme de développement à court terme, les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie pour l’extension des zones de détente de Zelfana, l’aménagement et la réalisation de nouveaux hammams modernes et la réhabilitation et la rénovation des thermes existants afin d’agrémenter les séjours des curistes. 
  
Source Horizons

Le Pèlerin

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 23:51

Visite guidée à Ghardaïa  

L’incontournable escale

 

 

 

 

Ghardaïa, vous serez sûrs de ne rien manquer de tout ce qui fait le charme d’une ville impériale. D’un côté, il y a le désert et ses interminables étendues ocres. De l’autre, Ghardaïa avec son minaret qui perce le ciel pur.  

Sur une colline perchée et nichée au cœur de sa splendide palmeraie, Ghardaïa se déploie dans un festival d’architectures qui témoignent de son histoire millénaire. Ses concepteurs ne furent ni architectes ni urbanistes, ils n’ont jamais côtoyé les universités faiseuses de bâtisseurs. Ils n’avaient que des mains expertes. Armés de volonté, ils ont bâti pierre par pierre pour faire d’un territoire que la nature ne dorlotait point, un petit coin de paradis, dont la simple évocation est déjà une évasion. Le visiteur restera émerveillé devant le génie scintillant d’hommes qui n’avaient que leur courage à faire prévaloir sur des terres stériles et arides. Le M’zab, et plus particulièrement Ghardaïa, apporte au tourisme plus qu’aucune autre région. Un génie qui s’est déployé au Xe siècle. 

 

Ghardaïa est née 

 

Son histoire commença à ce moment-là par Daïa la bédouine, qui, à tout hasard, rencontra Cheikh Baba Ould Djenima et s’accordèrent une pause tendre qui aboutit à une chaude accolade qui les unit à tout jamais. C’est la destinée de cette grotte isolée au sommet d’une colline. Ghardaïa naît : elle devient l’escale incontournable qui suborne tant de visiteurs avides de se libérer des lacets angoissants de la grande ville. On vient à Ghardaïa comme en pèlerinage. L’air saharien extrait une oisiveté et une nonchalance qui, par enchantement, deviennent valeurs. Les corps livrés à eux-mêmes retrouvent une allègre volupté. L’imaginaire s’éclate ; le désir retrouve ses ailes ; la tête rongée par l’incommodité quotidienne se gravant de songes. Le désert devient plénitude ; il emplit le vrai désert qui est en nous. L’on retrouve cette légèreté qui doit être d’essence humaine. Découvreurs, les premiers habitants du M’zab engagent un combat sans merci pour enraciner les piliers d’une ville et s’imprégner des vrais vertus de l’lslam. Il fallait vaincre l’adversité maîtresse des lieux qui, telle une gardienne, déployait ses manœuvres qui décourageaient plus d’un. Mais la rage de vivre et de vaincre étaient plus fortes que la chaleur et le vent de sable réunis. L’espace réduit et l’intransigeance du climat imposent une architecture typique qui soit à la fois utilitaire et esthétiquement irréprochable. Le pari insensé d’aménager un espace viable qui vient tempérer les balades des vents de sable et les coups de chaleur et qui devient, en prime, une curiosité mondialement reconnue et magistralement tenu. La pentapole du M’zab fait penser à une fourmilière où les variations de formes convergent harmonieusement avec les couleurs aux tons purs où dominent le blanc, le bleu et le beige. L’activité de la population est comparable à celle des fourmis : les unes aux autres, unies et engagées pour un travail collectif. Sa majesté la mosquée est l’omniprésente gardienne des valeurs musulmanes, des traditions et de la discipline communautaire. La grande force et la bonne santé du M’zab tient en grande partie au respect des valeurs ancestrales qui restent le meilleur rempart contre le déferlement de la civilisation qui menace les fondements de sa société. A observer la fébrilité des populations, on cherche sans chômer à débloquer dame paresse. « Le travail, rien que le travail » telle est la devise inscrite au fronton d’une ville modèle par bien des aspects. Les ruelles labyrinthes de la ville s’animent d’une fébrilité chaque jour renouvelée. Toute cette agitation converge de la rue Aouassaâ, de la rue Cheikh Ami Saïd et de la rue Ibn Rostom vers la place du marché, véritable baromètre de l’activité commerciale. On y trouve pêle-mêle des légumes toujours frais, fruits d’une agriculture saharienne prometteuse mais souffrant d’un manque évident de moyens matériels. Dans cette fourmilière, tout s’achète et tout se vend ; du tapis du M’zab qu’on exhibe avec une pointe d’orgueil, aux condiments qui répandent leurs exhalaisons odorantes en passant par un bric-à-brac bien romantique. Epicentre de la ville, le marché de Ghardaïa est un lieu de vie et de fête pour des centaines de nomades qui déferlent d’Aflou, de Ouargla, d’Adrar ou de Timimoun pour acheter ou écouler leurs marchandises. Il est le rendez-vous tant attendu d’une foule composite qui va du marchand au client, en passant par le touriste et le simple curieux. Dès l’aube, ils investissent un espace qui, soudain, devient coloré et vivant d’une vie saine faite de gestes et de pratiques séculaires. 

 

Le marché, un lieu de rencontres 

 

Les truffes de Béchar et les cacahuètes de Seb Seb côtoient les légumes de Laâdira et de I’Intissa et les vieux marchands à la criée, tannés par le soleil, symbolisent toute la beauté et la générosité de la vie mozabite. Les nombreuses boutiques parsèment de chaque côté le marché et s’ouvrent tels des joyaux pour découvrir une floraison de tapis, de burnous et de babouches qui font de ce lieu un musée à ciel ouvert où l’ancien côtoie, dans une discordance difficilement conjugale, un présent (l’électronique et les portables quoique informels). Le marché joue un rôle important dans la vie des gens du Sud. Il est le lieu privilégié où le nomade s’accorde une halte pour s’enivrer des couleurs abondantes. Quant au sédentaire, il retrouve par la magie de ce grand rassemblement un espace important de sa belle époque que les perfidies du temps tendent à engloutir. Et le touriste découvre, dans un élan de curiosité empreint d’exotisme, la chaleur humaine qui transparaît sur chaque visage mozabite et qui dissipe les séquelles de ce fléau des temps modernes appelé stress. Au fil des heures, la ville s’échauffe de ses gens et du soleil pour atteindre le plein bouillonnement, en milieu de journée, la foule compacte se disperse (prière oblige) en se donnant rendez-vous pour le lendemain pour un éternel recommencement au goût de fête. A votre retour, en quittant Ghardaïa, l’hiver vous paraîtra beaucoup moins long. Ainsi, vous aurez constaté que la naissance de Ghardaïa est incontestablement le fruit de la volonté et de l’amour de ses concepteurs. Elle est condamnée à rester belle. Aidez-là à rester belle, ne serait-ce que par votre pensée. 

 

Source El Watan 

 

Le Pèlerin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ghardaïa, vous serez sûrs de ne rien manquer de tout ce qui fait le charme d’une ville impériale. D’un côté, il y a le désert et ses interminables étendues ocres. De l’autre, Ghardaïa avec son minaret qui perce le ciel pur.

 

 

Sur une colline perchée et nichée au cœur de sa splendide palmeraie, Ghardaïa se déploie dans un festival d’architectures qui témoignent de son histoire

 

 

 

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