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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:06

Mieux vaut tard que jamais

ca gronde a Ouargla

 

Le Sud ! La vraie Algérie, dans son immensité, dans sa richesse, dans sa diversité, ce pont qui nous lie à l’Afrique, est désormais une préoccupation des pouvoirs publics. L’Algérie cessera-t-elle enfin de se limiter à la bande littorale et au nombril des responsables ? Le Sahara n’est plus synonyme de silence. Le cri de colère des jeunes du Sud a provoqué un séisme dans le Nord. 

La dignité humaine est en jeu. La colère latente a éclaté non pas à la suite de Tiguentourine, ni en rapport avec ce qui se passe dans le nord du Mali, mais à la suite des révélations sur l’ampleur de la corruption qui est la véritable menace contre la paix sociale, contre la sécurité nationale et la cohésion sociale. Tant qu’il y aura des femmes et des hommes libres, il y aura la contestation. Tant qu’il y aura la contestation, l’Algérie se portera bien. Mais tant que la corruption sévit, tant que la médiocrité est aux commandes, tant que le népotisme et l’injustice règnent, il y a de quoi s’inquiéter pour l’Algérie. 

Qui est responsable de la détresse du Sud et de toutes les régions du pays ? N’est-ce pas la mauvaise gestion, les malversations, la bureaucratie, l’autoritarisme à tous les niveaux, le clientélisme et l’incompétence de responsables qui occupent des centres de décision. 

Des programmes pour le développement du Sud et des Hauts plateaux ont été décidés. Le Pndra a mobilisé des sommes colossales. Quel en est le bilan ? Une partie des enveloppes allouées à ces projets a été détournée. Un seul wali a dénoncé cet état de fait et demandé une enquête : le wali de Béchar. Qu’en est-il de l’enquête demandée ? Le mal de l’Algérie se situe à ce niveau et non dans le cri de colère d’une jeunesse qui revendique son Algérianité, ses droits, sa dignité. Le mal de l’Algérie est au sein des institutions de l’Etat algérien et à tous les échelons de responsabilité. Depuis les années quatre-vingt, un processus machiavélique de pourrissement des institutions a été entamé. Il a redoublé de férocité pendant les années de terreur pour gangrener la société. La violence systématique a produit une génération qui a banalisé le crime, le viol, le rapt. Si ces phénomènes étaient avant les années quatre-vingt-dix des cas isolés même si les enlèvements n’existaient pas, aujourd’hui, ils sont devenus chroniques et à grande échelle. Ils obéissent à une nouvelle valeur imposée par des responsables : l’enrichissement rapide par tous les moyens. Cette valeur de la rapine et de la cupidité est devenue une 

philosophie, un mode de vie, une école qui fait des émules. Quant à l’école algérienne qui aurait pu faire barrage à cette mentalité et à d’autres mentalités qui ont ruiné l’Algérie, elle est sinistrée comme l’est le Sud. Des responsables médiocres et incompétents en ont fait un laboratoire pour leurs fantasmes loin des normes pédagogiques et du fonds cognitif nécessaire aux enfants. Le mal est profond et son remède ne peut s’accommoder de mesures improvisées. L’assainissement des institutions est une urgence stratégique. La réhabilitation de la compétence et de la probité comme critères de responsabilité est vitale. Le salut de l’Algérie passe par un véritable coup de pied dans la fourmilière.                

Source La Tribune Abdelkrim Ghezali

Le Pèlerin

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 07:32

Une leçon de patriotisme

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Quelque 2000 chômeurs s'étaient retrouvés au niveau de la place 27 Février 1956, date à laquelle les habitants du Sud étaient sortis pour dénoncer le projet de division du pays que voulait imposer la France coloniale.

«Sous le sable, il y a la terre et sous cette terre existent des gisements de pétrole. Quand vous avez besoin de nous, vous venez avec vos caméras. Avec notre chèche qui cache la misère de nos enfants, nous paraissons beaux sur vos images (...).» Ces passages d'une chanson (Les Touaregs) de Idir dans son album Les chasseurs de lumière édité durant les années 1990, est un concentré du message que les citoyens du Sud adressent aux autorités. Ce message ressortait parfaitement bien avant-hier lors du rassemblement organisé par les chômeurs de Ouargla. Empreinte de sagesse, cette manifestation a été aussi une leçon de patriotisme pour les mauvais élèves de la République.
Jeudi, 8h du matin. Un calme précaire s'installe à Ouargla. Même les cafés qui, pourtant, d'habitude grouillent de monde, ont été désertés. Les magasins du centre-ville ont baissé rideau. Les regards, tous les regards, étaient braqués sur la marche des chômeurs qui devait avoir lieu dans la matinée. Tout le monde appréhendait cette marche appelée par les organisateurs, celle du «million» en référence au nombre de personnes qu'elle devait mobiliser. Toutefois, les chômeurs n'auront finalement pas marché. Ils se sont contentés d'un rassemblement au niveau de la place de la mairie de la ville. Quelque 2000 chômeurs s'étaient retrouvés au niveau de cette place qui porte le nom de la grande manifestation pour l'unité du pays, à savoir le 27 Février 1956, date à laquelle les habitants du Sud étaient sortis pour dénoncer le projet de division du pays que voulait imposer la France coloniale. «Nous avons choisi symboliquement cette place pour rappeler des faits d'histoire à ceux qui nous traitent de séparatistes», révèle un des organisateurs de ce rassemblement. Les chômeurs de Ouargla ont insisté sur ce point. D'ailleurs, sur la plus grande banderole déployée lors de ce «sit-in» était écrit: «L'unité nationale est la ligne rouge.» «Le Nord et le Sud, l'Algérie dans le coeur», était un autre slogan qui a pour but de «confirmer notre attachement à l'unité nationale», souligne le même organisateur. En plus des banderoles, les chômeurs de Ouargla ont tenu à commencer le rassemblement avec le lever du drapeau national. Les manifestants ont chanté en choeur, tous ensemble l'hymne national, Kassaman. Il n'en fallait pas plus pour chauffer l'ambiance.
Kassaman est le symbole de la placette
L'hymne national ayant pris fin, c'est le début de la contestation. «Luttons, luttons, jusqu'à ce que travaille le chômeur», scandaient les manifestants. Les «One, two, three, viva l'Algérie», fusent. Des jeunes, des vieux et quelques femmes étaient tous réunis dans cette place rebaptisée pour l'occasion, place Tahrir (la Liberté, Ndlr, en référence à celle de la révolution égyptienne), pour, disent-ils, défendre les droits des enfants du Sud. Même les célèbres slogans du printemps arabe ont été adaptés à la circonstance. «Chaâb youride... el aâmal (le peuple veut...du travail», ont fait partie également des revendications scandées par les jeunes du Sud. L'ambiance monte encore plus quand des slogans «Anti-prédateurs de la République» sont scandés.
«Le peuple veut que Chakib soit jugé. Citoyen, tu es la victime, viens défendre ta cause. Le peuple est opprimé». S'ensuit «Sarakine, hagarine ou igoulou wataniyine» (des voleurs, des méprisants et ils se disent nationalistes)». Certains sont même montés sur le toit de la mairie qui faisait face. D'autres sont carrément montés sur une bâche à eau d'une dizaine de mètres de haut pour que leurs banderoles soit bien visibles. Le drapeau national flottait partout.
Chakib Khelil chauffe les esprits...
Ça chauffe, mais ça reste pacifique. Le nombre restreint de policiers qui étaient présents et qui observaient de loin la manifestation sans intervenir a permis d'éviter que la manifestation ne dérape. Même avec le manque d'expérience des organisateurs qui n'arrivaient pas à gérer la foule et encore moins prendre la parole. Ce n'était pas le cas des manifestants qui en ont profité pour vider leur sac. Ils n'ont pas hésité à interpeller les journalistes, présents en masse, pour leur exprimer leur ras-le-bol. «On est les oubliés de la République», peste Fateh, jeune diplômé en génie mécanique et sans emploi. «On est des Algériens, on réclame juste nos droits d'Algériens», ajoute-t-il avec un air triste, mais en même temps déterminé car il affirme que le combat ne fait que commencer. «On est déterminés à aller jusqu'au bout de nos revendications car on est conscients que notre mouvement a pris de l'ampleur au point de faire peur au gouvernement», soutient-il.
Politique de l'emploi, dites-vous!
Ahmed est du même avis. «On n'aura pas une autre occasion pour obtenir nos droits. Si le train passe, il sera trop tard...», estime-t-il. «Je sais que le chômage touche tous les jeunes du pays, mais nous, nous sommes victimes d'injustices quotidiennes», assure Ahmed qui se demande comment un pays qui prête de l'argent au FMI et qui dort sur 200 milliards de dollars de réserves de change, n'arrive pas à assurer à ses citoyens leurs droits les plus élémentaires. «C'est une question philosophique que même Socrate ne pourra y répondre», ironise Mohamed qui se voit couper la parole par son ami Khaled qui voulait à tout prix s'exprimer devant la presse. «La politique de l'emploi à Ouargla est une véritable hogra. Les bureaux de main-d'oeuvre ne sont qu'une façade car tous les recrutements sont centralisés au niveau d'Alger et sont donnés avec du piston», dénonce-t-il, avant d'ajouter: «Je n'ai aucun problème avec les gens d'Alger, mais je suis contre la politique de deux poids, deux mesures. Je trouve anormal que ceux qui viennent d'Alger soient recrutés en CDI alors que nous, on est recrutés en CDD, en plus avec des salaires inférieurs à ceux du Sud», poursuit-il avec amertume. «On à l'impression qu'ils nous considèrent comme des sous-Algériens. La carte de l'Algérie est une chaussure où le Sud est la semelle qu'on écrase», avance-t-il avec esprit. «Mais la patience a des limites, là, on est usés, donc il faut, soit nous jeter, soit nous réparer...», réplique-t-il avec autant d'esprit.
Colonisé par son propre pays!
Courroucé par tant de mépris, plus expressif, Taoufik, lui, estime que les autorités se comportent avec les gens du Sud comme un colon traite les indigènes. «Ils pompent les richesses de nos terres sans qu'on en profite. J'appelle cela être colonisé par son propre pays», dénonce ce jeune chômeur qui souligne, toutefois, qu'il a nullement des idées séparatistes. «Mais c'est juste un constat que je fais. Vous avez fait un tour à Ouargla? Est-ce que ça ressemble à une ville?», nous interroge-t-il avant de poursuivre: «Eh bien, c'est la wilaya la plus riche d'Algérie, c'est même elle qui fait vivre les 47 autres wilayas du pays, mais elle est dans un état lamentable. Je la considère comme un bidonville urbain.». En effet, à l'entrée de la ville de Ouargla, on est «accueillis» par les odeurs nauséabondes des égouts qui remontent à la surface. «Ce problème de remontée des eaux est soi-disant réglé mais... Regardez juste l'état de notre mairie, regardez nos routes, nos trottoirs, l'éclairage public, les ordures qui s'entassent partout...C'est honteux, honteux, honteux!».
Le travail n'est pas la seule revendication, Khemisti Mohamed Sayeh, journaliste à la radio locale et militant des droits de l'homme va dans le même sens que le jeune Taoufik. Il dénonce l'Etat de délabrement de sa chère ville ainsi que le manque d'infrastructures. «Il n'y a rien à Ouargla», résume-t-il la situation. «Tous les projets que l'Etat prévoit sont des attrape-nigauds qui ne voient jamais le jour», certifie Si Khemisti.
Il prend pour exemple le tramway de Ouargla, l'alimentation de la ville en eau potable et sa protection contre les remontées des égouts. «Ce sont des projets qui devraient être livrés mais ils n'ont pas encore vu le jour», dénonce-t-il. C'est pour ces raisons qu'il affirme que l'emploi n'est pas la seule revendication du mouvement des chômeurs de Ouargla.
«L'emploi est notre priorité, mais il n'est qu'a la tête d'une longue, très longue liste», précise-t-il avant d'énumérer cette liste. «On veut de vrais emplois durables, des logements dignes de ce nom, des loisirs ainsi qu'un développement durable de la région. En résumé, on veut avoir le droit de vivre normalement, tout en retrouvant notre dignité.»
Les dernières mesures prises par le gouvernement ne répondent pas d'après lui à ces revendications. «On sait très bien qu'ils ne vont pas régler les problèmes de 50 ans en deux jours. Qu'ils nous proposent une feuille de route qu'on traitera ensemble», conclut ce militant. Il est midi, le Comité national de défense des droits des chômeurs (Cnddc) annonce la fin du rassemblement. Il demande aux manifestants de se disperser, ce qui ne plaît pas à certains qui restent sur place. Quelques accrochages verbaux s'ensuivent et les premières décisions dans le mouvement commencent. Tous cela sous l'oeil bien vigilant de la police qui a «chômé» avec cette manifestation des chômeurs. Voilà donc l'histoire d'une marche qui ne dit pas son nom dans tout le sens du terme...Elle aura tout de même eu le mérite d'attirer les regards sur la détresse d'un Sud qui a perdu le Nord...

Source L'Expression Walid Aït Saïd

Le Pèlerin

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 07:30

Le message sibyllin du Sud

reserves de change en dollars le Sud génére beaucoup de ressources..Il n'en profite guère

 

Nos autorités ont-elles décrypté convenablement le sens du message que viennent de nous envoyer les citoyens du Sud? Ont-elles saisi son sens véritable? Notons d'abord, la leçon patriotique qu'ils viennent de donner à ceux qui doutaient encore de leur attachement à ce pays. Dans le chapitre de l'unité nationale, le Sud a fait sa démonstration, il y a de cela 60 ans déjà, quand la même leçon de patriotisme a été assénée par l'Amenokal du Hoggar, Hadj Moussa Ag Akhamokh à l'administration coloniale.
Le général de Gaulle, voulant soudoyer les citoyens du Sud, avait envoyé, vers les années 1960, un émissaire à l'Amenokal. Ce dernier, pour marquer son attachement indéfectible à l'unité nationale a eu cette géniale réponse: «La nature a fait qu'un corps humain soit une entité complète et on ne peut pas séparer un membre de l'autre, alors n'offensons pas l'oeuvre de la nature, mon général.» Passons donc sur cet attachement du Sud à l'unité nationale clairement signifiée jeudi dernier. Mais la question fondamentale qui se dégage de la manifestation des jeunes chômeurs de Ouargla tient d'abord et avant tout à la répartition des richesses. C'est même le coeur du problème en Algérie. L'opulence du pays ne se répercute pas sur le niveau de vie des populations.
Au mieux, le gouvernement se complait dans une gestion à court terme, préférant regarder ailleurs quand il se trouve face à l'un des plus graves problèmes de l'histoire de l'Algérie indépendante. Comment expliquer qu'un pays sans dette, qui prête au Fonds monétaire international (FMI) 5 milliards de dollars, qui dort sur 190 milliards de dollars de réserves de change, ne puisse pas offrir de travail, de logements, de loisirs et perspectives à ces jeunes. Il n'y a pas pire danger pour une nation que la frustration de sa jeunesse, surtout quand elle dure dans le temps. Les cris des jeunes de 1988 ont été qualifiés de «chahut de gamins», le «non à la hogra» scandé durant le printemps noir de 2001 en Kabylie a été étouffé dans un carcan identitaire, on a opposé la prison aux harraga d'Alger, d'Oran, de Annaba, que feront les pouvoirs publics face aux cris du Sud?
L'Algérie a cette faculté de cumuler les paradoxes, puisque le niveau de vie de la population ne correspond pas à la croissance positive du PIB. Encore moins à son matelas financier suffisamment consistant pour offrir du rêve à cette jeunesse qui pétille. Aucune solution, aucune démarche ne sera efficace sans une réelle répartition des richesse de ce pays et une décentralisation de la décision politique. Cela s'appelle la régionalisation qui est une autre question. Un autre problème tout aussi sérieux qu'il va falloir gérer avec la plus grande rigueur.

Source L'Expression Brahim Takheroubt

Le Pèlerin

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 07:25

Le pouvoir au pied du mur

Manifestation Ouargla

 

La manifestation d’hier à Ouargla, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à l’appel de la Coordination nationale des chômeurs, a exacerbé une des plus grandes contradictions du régime algérien : pays riche, peuple pauvre. Boostés par le succès de leur démonstration de force, malgré les tentatives de torpillage du pouvoir et de ses relais, les chômeurs du Sud ont donné une semaine aux autorités pour mettre fin à un calvaire qui dure depuis plus de vingt ans.   

Un vent de sable s’est levé, apportant avec lui une forte odeur de gaz et une fumée noire diffuse. Les torchères des champs pétroliers se trouvent à quelques kilomètres seulement. Au bout de routes noires impeccablement goudronnées jurant avec la lumière dorée des dunes. Celle qui relie Hassi Messaoud à Ouargla, soumise au ballet incessant de camions poussiéreux et d’impétueux minibus, et où le sable s’engouffre dans les fissures du bitume, est moins photogénique. «Il faut s’estimer heureux, c’est la seule route potable de la ville.» Hakima, la trentaine, relativise. Elle vit dans la commune la plus riche d’Algérie mais son décor est fait de panneaux de signalisation cassés, de trottoirs défoncés, de poubelles éventrées et de carcasses d’appareils électroménagers. Employée d’une des filiales de Sonatrach, maîtresse toute puissante de la ville, elle avoue «s’en tenir à son boulot», vu que, de toute manière, «à Hassi Messaoud, il n’y a rien d’autre à faire.» Ah si.

Il faut chaque matin trouver un itinéraire bis pour contourner les routes coupées par les chômeurs qui manifestent devant l’agence locale de l’emploi. Ce jeudi, ils ont rejoint la grande manifestation organisée à Ouargla à l’appel de la Coordination nationale des chômeurs sur la symbolique place de l’ALN, rebaptisée «place Tahrir». L’objectif du million de manifestants n’a pas été atteint, mais ils étaient tout de même quelques milliers. Une réussite compte tenu de toutes les tentatives menées par le pouvoir depuis le début de la semaine pour faire imploser le mouvement. La condamnation des chômeurs en début de semaine à de la prison ferme, par le tribunal de Laghouat, n’a pas eu l’effet de dissuasion escompté. Les discours de Hanoune ou de Ghoul appelant les jeunes à ne pas sortir pour «contrecarrer toute tentative de déstabilisation de l’Algérie» au nom de «la sécurité et l’unité du pays» n’ont, quant à eux, pas eu d’effet du tout.

Dignité

Pour couper court à toute rumeur de manipulation, les organisateurs avaient prévu une distribution générale de fanions aux couleurs nationales, la diffusion de chants patriotiques par une sono, un drapeau algérien à hisser en chantant Qassaman le poing levé, et surtout, une banderole sur laquelle était peint «L’unité nationale, une ligne rouge». La veille, dans un quartier populaire, entre chien et loup, cachés par des maisons basses et le sable soulevé par les bourrasques de vent, les militants se sont bien préparés autour de Tahar Belabbès. Leur charismatique leader au béret et aux yeux cernés n’a cédé ni à la pression, ni aux rumeurs le décrivant comme un «soulard», un «drogué» manipulé et acheté par des forces obscures. A 33 ans, il s’est imposé aujourd’hui comme un nouveau leader du Sud aux côtés de Yacine Zaïd, l’infatigable syndicaliste de Laghouat, ou de Abdelmalek Aibek, mi-Targui de Tamanrasset, mi-Ouargli, numéro 2 et tête pensante de la Coordination. Autour de Belabbès, il y avait Tayeb, un homme discret à l’œil malicieux. Les cheveux ont blanchi, le dos s’est courbé un peu, mais Tayeb Termoun, une des têtes du Mouvement des enfants du Sud pour la justice (MSJ), veut montrer qu’il est toujours là, même après une longue éclipse. «Le Mouvement des chômeurs du Sud est une continuité de notre lutte, lance-t-il avec un grand sourire. Le mot d’ordre du MSJ a toujours été la dignité, et c’est exactement le combat de ces jeunes d’aujourd’hui, explique un proche du mouvement. C’est une manière de dire que, dix ans après, les gens du Sud sont toujours confrontés aux mêmes problèmes.»

Prison

Né à El Bayadh en 2004, et après deux rencontres à Djelfa puis à Ouargla, le mouvement, composé de jeunes cadres et de militants politiques et associatifs, a payé cher la férocité de la répression menée contre son noyau dur : arrestations, torture, mises en détention sans procès durant des années, licenciements… La plupart ont carrément disparu, certains croupissent toujours en prison, d’autres ont réintégré leur travail et rasent les murs. Et puis, il y a ceux qui se sont radicalisés. En cassant ce mouvement qui se voulait pacifiste, le pouvoir a donné des arguments de radicalisation aux plus activistes qui ont choisi la dissidence, comme Mohamed Lamine Bencheneb, qui prendra la tête du Mouvement des enfants du Sud pour la justice islamique, et qui fut tué lors de l’attaque de Tiguentourine en janvier dernier. En faisant référence à l’attaque contre l’aéroport de Djanet et la tentative de rapt du wali d’Illizi, «le pire des scénarios s’est réalisé, car les groupes armés ont pu mobiliser la déception de certains cadres du MSJ, même si la plupart refusent la violence et préfèrent soutenir les initiatives comme celle des chômeurs», précise un de ses membres. Jamais, par exemple, la division entre le Nord et le Sud n’a figuré parmi les revendications du MSJ. Une fois seulement, lors de la réunion constitutive d’El Bayadh, Bencheneb a évoqué la question, et devant le refus catégorique de ses camarades, a dit : «Exigeons le maximum pour obtenir le minimum.»

Carrière

En réalité, le sentiment d’injustice contre la mauvaise répartition des richesses, porté par le MJS au début des années 2000, s’exprimait déjà timidement au début des années 1990 avant d’être occulté par la lutte antiterroriste. «Après les émeutes d’Octobre 1988, la victoire du FIS et les événements de Kabylie en 2001, on peut considérer le mouvement des chômeurs comme le quatrième mouvement capable de mobiliser de larges pans de la société, capable de résister à un bras de fer avec le régime», analyse un élu. Pourtant, l’argent est bien là. La wilaya de Ouargla dispose d’un budget de 50 milliards de dinars par an, pour 630 000 habitants. Mais en 2012, elle n’en a dépensé que 22%. «On sait tous que le mal est local. Qu’il ne vient pas d’Alger, lâche Mohamed Kamel Abazi, député TAJ à Ouargla. La volonté politique d’améliorer la situation du Sud existe. Les décisions, comme celles qu’a annoncées le Premier ministre en début de semaine sont bonnes. Le problème, c’est l’application sur le terrain ! Les gestionnaires envoyés dans le Sud le sont suite à des mesures disciplinaires, ou alors ils sont en fin ou en début de carrière !» Daho Ould Kablia peut bien se vanter que les trois plans quinquennaux depuis 2000 ont permis d’injecter dans les treize wilayas du Sud (Adrar, Tindouf, Tamanrasset, Béchar, Illizi, Ghardaïa, El Oued, Biskra, Ouargla, Laghouat, El Bayadh, Naâma, Djelfa) presque 500 milliards de dinars. S’ils n’ont pas été décaissés – faute d’incompétence, de bureaucratie, de mauvaises évaluations, d’entreprises pour réaliser les projets… – ils ne servent qu’à exacerber la colère des jeunes.

Claquettes

Moussa, 24 ans, est de ceux-là. Il brandit une de ses claquettes, rafistolée à l’aide d’attaches en métal, pour mieux illustrer la misère dans laquelle il se trouve. «Je porte les mêmes claquettes depuis neuf ans ! Et depuis neuf ans, je fais tout ce qu’on me dit de faire : voter, demander la carte militaire, déposer un dossier au bureau de main-d’œuvre…  A chaque fois qu’un nouveau directeur de l’emploi est nommé, il me fait des promesses mais mon nom ne sort jamais dans la liste. Alors, avec les autres, on s’est énervés et on a cassé le portail de la wilaya. Maintenant j’ai un casier judiciaire. Ils nous ont salis. On ne peut plus trouver d’emploi.» Souad Chaouche, enseignante à l’université de Ouargla, dénonce pour sa part la malédiction du pétrole. «On n’a pas le droit de faire disparaître nos palmeraies au prétexte que l’agriculture  ‘’ça ne rapporte pas’’. Il ne faut pas oublier que le Sud est à 70% rural ! Si on en est là aujourd’hui, c’est le résultat d’une dévalorisation du métier de fellah. Pourtant, sur le papier, la stratégie de développement rural est la bonne. Elle comprend entre autres un volet sur l’amélioration des conditions de vie.» En clair : encourager l’agriculture implique aussi de construire un château d’eau, une école, un hôpital, à proximité des exploitations. Mais là encore, l’application sur le terrain est «catastrophique».

Petits métiers

«Le développement rural passe par une politique ascendante : on aide les fellahs à s’organiser en groupe qui canalise les revendications, explique la géographe. Ce n’est pas un problème puisque la djemaa, assemblée de proches, soit par le sang, soit par le voisinage, fait partie de leurs traditions. Mais aujourd’hui, on leur demande d’intégrer une organisation socioprofessionnelle ! Comment voulez-vous qu’ils s’y retrouvent ?» Aujourd’hui, les enfants d’agriculteurs ne veulent pas vivre dans les mêmes conditions que leurs parents. Alors ils voient en l’industrie pétrolière le moyen de sortir de leur misère. Hichem a 23 ans. Son visage est tellement marqué qu’il en paraît dix de plus. Pour cet enfant du Ksar, quartier populaire de la ville, en dehors du pétrole, point de salut. «C’est un droit. On demande juste à ce que les autorités nous regardent un tout petit peu. Que le mandif (bureau de main-d’œuvre) nous traite correctement. Dès qu’on s’énerve, les policiers nous frappent. J’ai été personnellement agressé par un policier. J’ai pris six mois de prison avec sursis et 500 000 DA d’amende. Juste pour m’être mis en colère, raconte-t-il, le regard désemparé. Tout ce qu’on réclame, c’est un boulot  et que cette vie soit vivable.» Pour le député Mohamed Kamel Abazi, le salut passera aussi par la formation. Une des mesures-clés annoncées par Abdelmalek Sellal. Car sur ce dossier en particulier, l’Etat paye cher d’avoir délaissé depuis des années les formations aux petits métiers du secteur pétrolier au profit de formations universitaires à l’issue desquelles seuls quelques heureux élus parviennent à trouver du travail sur place. «Car aujourd’hui, explique une enseignante, les soudeurs, clarkistes, conducteurs d’engins ne sont pas recrutés sur place. Ils sortent des écoles d’Oran ou de Constantine.»

Nouveau citoyen

Youcef Yousfi, ministre de l’Energie, souhaite d’ailleurs créer un centre de formation professionnelle affilié à Sonatrach et rouvrir, dans le Sud, l’Institut algérien du pétrole qui existait autrefois à Hassi Messaoud et qui est devenu Naftogaz, une filière de Sonatrach, qui ne forme que des techniciens supérieurs (bac +3). «Quant à l’Institut national de formation professionnelle spécialisé de Hassi Messaoud, chapeauté par le ministère de l’Energie, en théorie accessible sans bac, aucun jeune ne peut espérer y entrer sans maârifa. Et de toutes les façons, souligne l’enseignante, l’institut a choisi de privilégier les formations de type bac+3 et bac+5 et de laisser tomber les CAP. Enfin, il existe bien des écoles privées, mais qui a les moyens de se payer une formation de quinze jours à 150 000 DA ?» Le député, aussi docteur et fervent partisan d’un CHU et d’un institut de médecine à Ouargla, insiste : «Il est urgent de donner de l’emploi à nos enfants mais aussi de revoir l’éducation, la formation, pour que naisse un nouveau citoyen du Sud, positif, qui ne soit pas assisté, qui soit instruit, pour réclamer ses droits, se présenter aux élections, etc.»

Rockstar

A N’Goussa, daïra à 30 kms de Ouargla, une micro-opération pilote est menée depuis cinq ans pour pallier la défection des cadres. Quand les résultats du bac sont rendus publics, les habitants organisent des rencontres avec les patriarches. En fonction des besoins de la région (médecins, enseignants…), ils orientent les nouveaux bacheliers vers les formations diplômantes recherchées. «En médecine aussi par exemple, il faut instaurer des cycles spécifiques à notre région, poursuit Mohamed Kamel Abazi. Le Sud ne doit plus être le tombeau scientifique des médecins. Et il faut s’y mettre tout de suite. On ne peut pas se permettre d’attendre dix ans que les gens du Sud aient le même niveau que ceux du Nord.» Sur la place de l’ALN, le soleil de midi commence à réchauffer les manifestants, qui portent leur leader Tahar Belabbès comme le public porte une rockstar. Abdelmalek Aibek, enroulé dans un drapeau algérien, ne cache pas sa satisfaction. Il ne sait pas encore qu’à Laghouat, Tamanrasset, Hassi Bahbah (Djelfa), Metlili, Ghardaïa, El Menea, ils étaient aussi un millier. «Ce rassemblement est la plus grande preuve de l’adhésion à notre mouvement. Il est la meilleure réponse à tous les milieux officiels qui nous ont attaqués et ont voulu détruire cette dynamique.» Et que si, à Alger, le pouvoir a réussi à faire imploser les revendications politiques d’une société civile a la peine pour mobiliser autour de l’idée de «changement», il n’en ira pas de même pour les militants du Sud, bien assis sur des dizaines d’années de revendications socioéconomiques.

Une autre manifestation à Djelfa

La contestation ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après Ouargla, c’est la wilaya de Djelfa qui accueillera une «grande manifestation», selon le Mouvement du Sud pour la justice (MSJ). Les organisations s’attellent actuellement à l’évaluation de la réaction adoptée par les pouvoirs publics vis-à-vis de la marche d’hier avant de finaliser les préparatifs d’une autre marche prévue pour bientôt.

L’appel sera lancé en direction des wilayas du Sud et du Nord. Même les archs de la Kabylie seront concernés. «Nous avons choisi Djelfa du fait que cette région est très accessible pour le plus grand nombre. Des appels sont déjà lancés et la date sera bientôt communiquée. D’autres actions de protestation sont également au menu», affirme Hafnaoui Ghoul.      N. O.

200 chômeurs manifestent à Tamanrasset

Près de 200 jeunes chômeurs de la wilaya de Tamanrasset ont investi la rue, hier matin, pour dénoncer le «népotisme caractérisant le marché de l’emploi dans le Sud» et le désœuvrement dont souffre la majorité écrasante de la population de l’Ahaggar. La marche, qui s’est ébranlée du siège de l’APC jusqu’à celui de la wilaya sur une distance d’un kilomètre, a été organisée dans un cadre pacifique par le comité des chômeurs en signe de solidarité avec les initiateurs de la manifestation de Ouargla.

Sur les banderoles des protestataires, on peut lire : «On en a assez de la marginalisation des autorités» ; «Où sont nos droits à l’emploi et au logement ?» ; «Les jeunes veulent du travail» ; «Non à la hogra»… Les protestataires, quadrillés par un important dispositif sécuritaire devant l’enceinte de la wilaya, ont critiqué «les responsables ayant toujours fait preuve de mercantilisme et d’opportunisme aux dépens des enfants du Sahara, mamelle nourricière de tout le pays».

Les manifestants ont précisé que ceux qui ont pris part à ce mouvement de protestation sont pour la majorité des étudiants et des cadres universitaires à qui la chance de trouver un poste d’emploi décent n’a toujours pas souri. «On en a ras-le-bol de cette situation qui perdure. Certes, l’Etat a mis en place une batterie de lois pour résoudre l’épineux problème de l’emploi dans le Sud, mais la mise en application de ces textes réglementaires demeure insuffisante compte tenu des dépassements enregistrés lors des différentes opérations de recrutement», ajoute notre interlocuteur.

A mentionner que les membres du comité des chômeurs ont tous été reçus par le nouveau wali de Tamanrasset, Chater Abdelhakim, juste après la cérémonie de son installation et de la passation de consignes qui s’est déroulée à son cabinet en présence de son prédécesseur, Saïd Meziane, des membres de l’exécutif, des élus locaux et des représentants de la société civile. Tout en insistant sur l’application des lois en vigueur, M. Chater a assuré de prendre sérieusement en charge le dossier de l’emploi, lequel a été préalablement inscrit sur la feuille de route reçu du Premier ministre.  Ravah Ighil
 Il a dit. Yacine Zaïd militant de Laghouat

«Je ne comprends pas comment des manifestants qui ont déposé des plaintes avec certificats médicaux à l’appui sont déboutés, alors que des policiers, sans aucune preuve, se permettent des poursuites, qui peuvent entraîner de la prison ferme.»

L’avis de l’expert Abderrahmane Mebtoul. économiste :

«On ne crée pas des emplois par décret ! Cela génère de l’inflation, car ces emplois ne créent pas de la valeur ajoutée. Sonatrach compte 50 000 à 60 000 employés et 120 000 autres environ au sein de ses différentes filiales. Hors, une telle entreprise ne devrait fonctionner qu’avec 75 000 employés. On ne peut pas gonfler les effectifs d’une entreprise, quelle qu’elle soit.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les Algériens sont les employés les moins productifs du bassin méditerranéen. Le sureffectif dans les administrations et entreprises publiques est monnaie courante. La vocation de Sonatrach n’est pas de créer des emplois. C’est une banque qui met à disposition des autres secteurs des ressources financières. Ce qui m’inquiète est qu’on demande à Sonatrach de recruter.

Ce n’est pas sa vocation. Dans le Sud, il faut imaginer des projets novateurs qui collent avec la réalité locale. Et il y a des différences notables entre la wilaya de Béchar, Adrar ou encore Tamanrasset. Il faut une vision stratégique du Sud qui passe par une véritable décentralisation. Le Président avait demandé un rapport sur la refonte de l’Etat en 2001-2002.

Le rapport a préconisé une régionalisation économique. C’est la meilleure solution, selon moi. Les walis seraient des technocrates dont la mission serait de faciliter le dialogue participatif des citoyens, un peu comme ce qui se passe aux Etats-Unis.»           Nesrine Sellal

Les instructions du 11 mars 2013 :

-1 - Les besoins en main d’œuvre des entreprises implantées dans les wilayas du sud doivent être obligatoirement satisfaits en priorité par le recours à la main-d’oeuvre locale.
-2 - Les entreprises faisant appel à des prestataires de services sont tenues d’inclure dans les contrats une clause portant sur l’application d’une grille des rémunérations qui ne saurait être inférieure à 80% de leurs grilles en vigueur pour des postes similaires.
-3 - Un centre professionnel relevant du secteur de l’énergie devra être concrétisé au plus tard, fin avril.

Source El Watan.

Adlène Meddi, Houria Alioua, Mélanie Matarese

Le Pèlerin

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 06:49

Des milliers de manifestants se rassemblent à Ouargla Manifestation-Ouargla.JPG

 

A l’appel de la coordination nationale des chômeurs (CNDDC) des milliers de  manifestants, près de 10 mille, selon notre correspondant sur place, se sont rassemblés pacifiquement depuis ce matin à  la Place de l’ALN  (près de la mairie) de  Ouargla.

Les manifestants ont hissé  le drapeau national et des  banderoles où est écrit : « Unité nationale, une ligne rouge » pour répondre à  ceux qui les ont accusés d’être manipulés par la « main étrangère ».

Ils ont scandé des  slogans socioéconomiques où ils demandent de l'emploi et le développement des régions du sud. Ils ont aussi dénoncé à travers des banderoles de hauts responsables impliqués dans la corruption : « Chakib Khelil viens, viens… », a-t-on répété , «des voleurs qui se prennent pour des nationalistes »…

Des forces de l'ordre se sont déployés autour de la Place mais se sont montrés très discrets. Aucun dépassement n'a été signalé. Vidéo du rassemblement diffusée sur Youtube ce jeudi 14 mars.

Ali Belhadj, voulait rejoindre les manifestants mais  a été interpellé à l’entrée de la ville. Plusieurs militants de différentes organisations se trouvent sur place ,à l'image de Tahar Belabès, Tarek Mameri, des représentants du collectif des familles de  disparus, les représentants de l'association Enfants de Hassi Messaoud et des représentants du bureau de  la Ligue algérienne des droits de l’homme.

Aux dernières nouvelles et selon notre correspondant, les meneurs de la manifestation ont appelé les protestataires à se disperser dans le calme. Mais ces derniers comptent rester sur place. Certains ont même menacé de revenir sur les lieux "On veut maintenant du concret sinon on revient sur les lieux".

Un «  job »s’il vous plait !

Le rassemblement de ce jeudi devant l’A P C de Ouargla, auquel ont participé des milliers de citoyens, s’est déroulé dans le calme, et les jeunes chômeurs espèrent que la «houkouma» prendra au sérieux ces quelques revendications somme toute légitimes: un emploi stable pour tous les jeunes du pays; non à la division et au mensonge, stop à la «hogra» et à la corruption, développer le sud et les autres régions du pays, juger Chakib Khalil et relâcher les chômeurs emprisonnés.

De la bouche des dirigeant de ce mouvement, comme Tahar Belabes, la principale revendication de la jeunesse de Ouargla et d’ailleurs est « un job s’il vous plait ! ».

Des  marches et des actions pacifiques sont et seront organisées jusqu’à l’obtention d’une réponse concrète et immédiate à ce dossier.

Les chômeurs qui ont brillé par une organisation impeccable se matin, mettent en garde contre les manipulations, les récupérations et les dérapages que le système si aime bien utiliser, pour fausser toute revendication sociale légitime.

Les fausses rumeurs autour de citoyens honnêtes qui essayent de s’organiser pour revendiquer leurs droits, la répression, la prison, le mensonge, la fabrication de faux portes paroles et l’intimidation, ne serviront à rien plaide Tahar Belabes, «le problème subsistera toujours et le pouvoir ne pourra pas mettre des millions de chômeurs en prison »…

Les promesses faites par le passé ne sont pas tenues, et il devient difficile de croire encore et de voir des incapables sourire alors que la seule et unique promesse qui a été tenue, est celle de dire non à la jeunesse algérienne mise à genoux. L’heure est grave et le pouvoir n’a plus le droit de montrer son incapacité …

S’il a les moyens de «chuchoter », sans que l’on sache de quoi il retourne, avec le FMI, il a sûrement les moyens d’offrir un emploi à la jeunesse du pays…

Source El Watan A Z A

Le Pèlerin

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 04:21

En avance sur son temps, Biskra était la Mecque des touristes et de la jet-set venus des quatre coins du monde!

biskra 

Ce livre retrace avec poésie et nostalgie l’histoire de cette ville surnommée, à raison, la «Reine des Zibans».

Au cours de la première moitié du siècle précédent, la mode, — le must, comme aujourd’hui aller à Miami ou Monte Carlo —,  était de passer l’hiver à Biskra pour les «richs and famous» du monde entier. Par bateau jusqu’à Alger, puis par la route, par train, voiture ou véhicule tiré par des chevaux, les heureux vacanciers créaient des embouteillages aux carrefours de la «reine des Zibans» qui abritait, alors, moult dîners de gala dans une ambiance de dolce vita... Les Anglaises sirotaient leur «darjeeling tea» à l’heure du «tea time» dans les jardins fleuris de Biskra.

Il y avait aussi un gros contingent d’artistes, d’écrivains. Dans son très beau livre, Mohamed Balhi nous donne une liste de ces glorieux «specimens», parfois décadents, assoiffés de soleil et d’air limpide : Oscar Wilde, Bela Bartok, Marlène Dietrich, Eugène Fromentin, Henri Matisse, Etienne Dinet,  Isadora Ducan, André Gide, Robert Hitchens,Claude Debussy...

Comparée à Biskra, Marrakech à cette époque-là n’était qu’une sombre bourgade sans électricité où campaient des légions de dromadaires. Avant même Las Vegas, Biskra possédait un grand casino aux confins du désert. La ville était enveloppée d’une immense palmeraie d’une grande splendeur, qu’irriguaient des sources d’eau claire serpentant au milieu des vergers.
Très loin de la décrépitude actuelle des hôtels en Algérie, Biskra possédait de splendides palaces où les employés faisaient des assauts de courtoisie et où les riches clients ressentaient le charme inimitable de l’hospitalité du Sud.

Dans son livre, fruit d’intenses recherches, Mohamed Balhi a réuni des tableaux de grands peintres et des photographies inédites de lieux, comme le beau jardin Landon, où Biskra déploie ses plantes exotiques et des palaces dont il ne reste plus, hélas, aujourd’hui aucune trace : Hôtel du Sahara, Hôtel Royal, Hôtel Transatlantique, Hôtel Oasis...

L’écrivain et journaliste Balhi nous livre ainsi le brillant passé de sa ville natale, avec un texte d’une langue lumineuse et historiquement très précise. Il ne fait pas un drame de ce que Biskra a perdu, sachant bien que nul ne peut se délecter longtemps du passé colonial. On connaissait le grand reporter qui publiait dans Algérie Actualités ses récits de voyage à la manière d’un Kérouac. Avec son nouveau livre, il nous fait entrer par la grande porte dans le passé de sa ville. Biskra miroir du désert rend instantanément visible et présente la mémoire d’une belle ville. On est transporté sur les rives de l’oued Zidi Zarzour, dans les confins d’Oumèche et de Tolga, on revisite la petite gare d’où partait le train mythique Biskra-Touggourt, sur cette voie ferrée qui a failli se poursuivre jusqu’aux rives du lac Tchad ! C’est une sensation très forte.
Ce qui devrait pousser les éditions Anep à ressortir une autre édition de Biskra miroir du désert, car c’est devenu une rareté dans les librairies d’Alger.

Biskra miroir du désert, de Mohamed Balhi éditions Anep 2011 246 pages , 1400 dinars

Source El Watan AFP Azzedine Mabrouki

Le Pèlerin

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 08:47

Lancement d’un vaste programme de développement du tourisme saharien au profit des jeunes

Un ksar de la region de Bechar et Taghit.

 

Le secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Belkacem Mellah, a annoncé vendredi à Taghit (Bechar), le lancement d’un vaste programme de développement du tourisme saharien au profit de la jeunesse et du mouvement associatif.

Le programme, qui vient en application d’une convention signée récemment entre les ministères de la Jeunesse et des sports et du Tourisme, prévoit l’intensification des échanges de jeunes entre les 14 wilayas du littoral et ceux du sud du pays, a-t-il indiqué lors d’une visite de travail de deux jours dans la wilaya.

Le secteur du tourisme, à travers l’Office national algérien du tourisme (ONAT), apportera une contribution logistique à ce programme dont bénéficieront également les lycéens, tandis que le secteur de la jeunesse mettra à leur disposition ses différentes structures d’accueil, a expliqué le représentant du gouvernement.

‘‘Avec nos 133 auberges de jeunes et autres structures d’hébergement, qui totalisent une capacité de 10.000 lits, nous pouvons contribuer avec aisance au développement du tourisme saharien au profit de toutes les catégories de jeunes’’, a-t-il souligné.

Ce programme, dont l’élaboration et l’initiation s’inscrivent dans le cadre de la stratégie du secteur de la jeunesse et des sports visant une meilleure prise en charge des préoccupations des jeunes en matière de loisirs et de tourisme, prévoit aussi la création d’un pôle de formation du mouvement associatif à Taghit, a affirmé M. Mellah.

Dans ce cadre, des cycles de formation dans les domaines liés à l’animation touristique, à l’accueil et aux activités de guide touristique, seront encadrés par des cadres et autres spécialistes au niveau du camp de jeunes de Taghit, a-t-il fait savoir.

M. Mellah, qui a visité en compagnie des autorités locales, les différentes ailes de cette structure de jeunesse d’une capacité de 200 lits en chambres et 200 autres sous forme de camp de toile, a donné sur place son aval pour la réalisation d’une piscine dans ce même camp dans le but d’y renforcer les activités de loisirs.

La réalisation de cette nouvelle piscine, qui vient en renfort à 250 autres projets similaires en cours de réalisation à travers le pays, s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie du gouvernement visant la généralisation des piscines et autres bassins de natation à travers les régions du Sud du pays, à la satisfaction des jeunes, a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat à la jeunesse poursuivra samedi sa visite de travail dans la wilaya de Bechar par l’inspection de plusieurs autres structures relavant de son secteur dans les communes de Boukais et Bechar.

Source APS

Le Pèlerin

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 07:49

Timimoun l’enchanteresse au bord d’une mer de sable rouge

Timimoun-l-enchanteresse.jpg

 

Une fois arrivés à l’aéroport d’Adrar, la curiosité de la ville et de la nature se fait grande. Les journalistes cherchent du regard des images, des signes annonciateurs d’un bon voyage dans le pays de Gourara. Une corvée, un effort inutile… à cause d’une chaleur caniculaire qui brûle presque tout le corps. Mais ce n’est que partie remise ! En effet, un bus arrive, et le groupe monte vite. C’est climatisé, les nouveaux hôtes du désert retrouvent le souffle. Ils respirent.  L’ambiance s’anime sur le chemin vers l’hôtel Touat. Ammi Bachir, le guide touristique, la soixantaine, est un homme plein d’énergie. Affable, avenant, les visiteurs de l’oasis rouge se sentent à l’aise en sa compagnie. Repos d’une demi-heure à l’hôtel et à nouveau le groupe est réuni dans le bus. Direction Le Centre d’information et d’orientation touristique ouvert récemment. L’architecture importe peu, elle ressemble à toutes les autres constructions, couvertes de couleur d’argile. Ce qui est intéressant, c’est la tâche confiée désormais à l’équipe installée dans le nouvel édifice. Des documentalistes et autres chargés de fournir au touriste un maximum d’informations sur la région et le désert de manière générale.C’est que l’exécutif local et l’Etat comptent s’engager sérieusement dans la relance du tourisme saharien, explique le chef du centre. Le ministère du Tourisme et l’Office national du tourisme (ONT) ambitionnent de faire du tourisme saharien un produit d’appel. La source est intarissable, et son exploration ne nécessite pas de grands moyens. «Le touriste quand il vient dans le Sud, ce n’est pas le luxe de la vie moderne qu’il cherche… Tout ce qu’il demande, c’est d’être près de la nature, marcher sur le sable, traverser le désert sur le dos d’un méhari, voir le coucher du soleil, passer la nuit à la belle étoile, se regrouper dans un bivouac, prendre un repas traditionnel… Nous n’avons pas besoin de grands moyens et de grandes dépenses pour développer le tourisme saharien», affirme  Mme  Souad Kolaï, conseillère du ministre de tutelle, Smaïl Mimoun. «L’avenir est pour le tourisme saharien», soutient un autre proche du département ministériel. Ainsi, le ministère et l’ONT, en collaboration avec les autorités locales, mettent le paquet et mobilisent leurs troupes, à différents niveaux, pour réussir le challenge. L’occasion est d’autant plus opportune que de nombreux algériens restent fidèles, dans leur esprit, au potentiel touristique du pays, le préférant à celui des voisins. Aussi, des résidants à l’étranger reviennent dans le pays, durant leurs vacances, s’abreuver à la grande source.   Adrar se relance dans l’activité touristique sans toutefois disposer de la ressource humaine qui réponde aux besoins de l’opération. Le problème se situe principalement au niveau du corps des guides. Les guides professionnels se font rares à Adrar. Ceux qui opèrent apprennent le travail sur le tas et pas tout à fait de la manière qui suscite la curiosité et la satisfaction du touriste. «Le guide est un métier», insiste un proche du secteur.
L’infrastructure hôtelière…en construction
C’est un problème très sérieux à prendre en charge dans les plus brefs délais. Un avis partagé par tous. Les responsables du tourisme à Adrar ne font pas dans la langue de bois. Ils parlent ouvertement, franchement et s’attardent, sans gêne, sur les problèmes et les difficultés qui entravent la bonne marche du tourisme saharien dans leur wilaya. Eux aussi sont pénalisés et ce n’est pas parce que c’est la célébration de la journée mondiale du tourisme qu’ils vont faire la fête sans dire leur mal de voir l’activité touristique perdre sa fraîcheur. L’expression n’est pas exagérée, car même si les touristes continuent d’arriver en grand nombre à Timimoun et autres régions d’Adrar, à l’occasion des fêtes du Mawlid Ennabaoui et de l’Achoura ainsi que du réveillon, des problèmes et des obstacles se posent sur le chemin tracé pour relever le niveau des prestations de services. La contrainte majeure réside dans le manque d’infrastructures hôtelières malgré les mesures incitatives prises aux plus hauts niveaux de l’Etat pour encourager l’investissement privé dans le domaine. «Les privés ne s’engagent pas facilement… », fait remarquer un agent de voyage qui, confie-t-il, compte abandonner le métier pour des considérations multiples. Interrogé sur la question, le wali d’Adrar, Ahmed Abdelhafid Sassi, confirme le déficit en matière d’infrastructures hôtelières. «Nos capacités d’accueil ne répondent pas à la demande. L’année dernière, un grand nombre de touristes a été hébergé chez des familles d’accueil. C’est pour cela que nous ne pouvons pas vous donner des chiffres exacts concernant le nombre de touristes qui arrivent dans la région», indique le wali, lors d’une rencontre conviviale avec ses hôtes, en début de soirée.   Le plus grand hôtel de la wilaya, le Gourara, bien connu par les habitués de l’oasis rouge, est présentement fermé pour travaux. Le Touat est dans un état peu reluisant. Lui aussi devrait être fermé incessamment pour travaux. Cela entre dans le cadre de la nouvelle politique du ministère du Tourisme de réhabiliter et de rénover les hôtels et autres établissements touristiques qui devraient assurer les meilleurs services pour les touristes nationaux et étrangers.Parlant des privés, le wali affirme son souhait de les voir s’impliquer grandement dans la construction de ces infrastructures. Dans la relance du
tourisme saharien, plus concrètement. Pour le moment, «nous avons accordé des autorisations pour six projets de construction d’hôtels» confie-t-il. «D’autres suivront», soutient-il. Pour ce qui est des guides, il dira : «Dans l’immédiat, le problème n’est pas pris en charge, mais nous avons sollicité les responsables du secteur de la formation professionnelle pour nous aider à le régler. Ils vont nous ouvrir des filières pour une formation spécialisée dans le domaine.»Tamentit. Un décor à part. Un retour dans l’histoire. Une histoire lointaine. Méconnue. Celle des ksour qui résistaient pendant des siècles aux agressions multiples, se nourrissant de la force de la terre et du soleil pour protéger des populations nombreuses. Les murs, aujourd’hui, s’effritent. Désemparés, les remparts cherchent appui. Quelques rares habitants résident encore dans des maisons qui n’offrent aucune commodité. Les gardiens du «temple» se donnent une raison pour y rester. Deux vieux, adossés à un mur de fortune, discutent, ne prêtant pas attention aux pas des touristes curieux. Des garçons arrivent en groupes et posent devant les caméras des photographes. Ils sont joyeux. Des femmes jettent un regard discret de l’intérieur de leur semblant de maison et rient, elles aussi. Le bien-être est là malgré les difficiles
conditions de vie.
Les ksour s’effritent… les palmiers ont soif
Les ksours, vieillis, occupent un grand espace sur le sol de Tamentit. Ils ont quelque chose de particulier qui fait que le touriste est de plus en plus tenté de s’en approcher davantage. Les murs qui s’effritent deviennent agréables à voir, forts intéressants à découvrir, à apprécier. C’est qu’ils ont toute une histoire à raconter. Une histoire longue de plusieurs siècles. Les ksour de Timentit sont classés patrimoine mondial par l’Unesco. Et pourtant ! Non loin de là, se trouve une «résidence de hôtes» appelée «Djenane El Malik», entourée de nombreux ksour. Malheureusement, l’image est simplement désolante. Des ordures couvrent le sable fin et agressent le regard. Elles font fuir le touriste qui, pourtant, s’il avance de quelques dizaines de mètres seulement, découvrira de belles choses. Les ordures cassent le décor. «C’est honteux de venir à pied», lance un employé. «Tous sont responsables, les autorités locales comme les habitants», accuse-t-il. Et un confrère de demander :«Comment voulez-vous attirer des touristes avec ces immondices ?» Le constat est amer. «Les collectivités locales font leur travail mais seules, elles ne pourront pas grand-chose. C’est au résidant et au touriste de préserver les lieux», affirme comme pour se justifier un employé de l’APC. Et un habitant de la région de bondir sur le problème de la restauration des ksour. «Ils ont confié les travaux de restauration à des entrepreneurs et des bureaux d’études locaux. Voilà le résultat…» dit-il. Par résultat, il entend l’arrêt total des travaux. «L’opération a échoué, ils ont donc décidé de ne rien toucher. Ce sera pris en charge par des organismes internationaux», précise-t-il. Notre interlocuteur cite l’exemple du ksar Ouled Yakoub, dans le premier site : «Ils l’ont refait avec des matériaux de construction locaux qui ne correspondent pas à la matière initiale des murs… Les voilà qui s’effritent.»  Le ksar Ouled Yakoub a été mal restauré. Depuis, aucun responsable local ne pense refaire l’opération. «Il vaut mieux les laisser comme ça en ruine – ils gardent leur authenticité – que de les massacrer par une mauvaise restauration», lance un proche du domaine. Interrogé sur la question, le wali d’Adrar répond : «La restauration des ksour n’est pas quelque chose de simple. C’est assez compliqué. Elle fait appel à beaucoup d’expertise, à une spécialisation assez particulière.» Rassurant, le chef de l’exécutif local poursuivra : «Le ministère de la Culture ouvrira prochainement le Centre national des architectures de la terre. Nous mettons à sa disposition un hôtel qui date de l’année 1900. Le ministère verra de quelle façon il procèdera pour récupérer ce patrimoine culturel et historique.» Les palmiers aussi tendent à se faner, affaiblis par le manque d’eau. En effet, d’année en année, le niveau d’eau dans les foggaras diminue. Les pauvres fellahs assistent impuissants à l’affaiblissement des précieux arbres qui, désormais, donnent très peu de dattes. «L’Etat ne nous aide pas…», se plaint un agriculteur. Ce système d’irrigation traditionnel, les foggaras, est tout de même maintenu, mais difficilement. Interrogé sur la question, le wali, Ahmed Abdelhafid Sassi, se montre, encore une fois, rassurant : «Il y a 1300 foggaras à Adrar, 900 sont actives et des efforts sont déployés pour leur réhabilitation.» Il assure que «des centaines de fellahs ont bénéficié de l’aide de l’Etat… Beaucoup d’effort ont été faits. Durant l’année 2010, 40 foggaras ont fait l’objet d’une aide de l’Etat. Une prise en charge totale en matière de réhabilitation, mais le nombre important des foggaras fait que l’action de l’Etat doit être maintenue durant plusieurs années. C’est pour cela que s’est tenu, le mois de mars dernier, un séminaire international sous l’égide des deux ministères de l’Intérieur et des Ressources en eau. Dans
une première étape, 400 millions de dinars ont été mis à la disposition de la direction de l’Hydraulique pour la prise en charge d’un certain nombre de foggaras. Il est aussi question de mettre en place prochainement un observatoire national de la foggara à Adrar. Il aura pour objectif d’assister les fellahs et les associations qui activent dans ce domaine».Le soleil se lève pour un autre jour. Il n’est pas brûlant. Bien au contraire. «Il y a de la fraîcheur aujourd’hui, c’est bien», fait remarquer une consœur. C’est même très bien, la journée s’annonce simplement magnifique. C’est que les dunes nous attendent.
Epoustouflantes les dunes… Un ravissement !
Le trajet vers Timimoun est long, quelque peu contraignant… mais au bout du chemin, des images merveilleusement dessinées sur une mer de sable rouge s’offrent au regard.Les visages s’éclairent. Les cœurs se remplissent de joie. Le regard perdu dans l’étendue du désert, une voix monte des dunes. Elle charme. Elle hypnotise. Le corps se réveille. L’âme se dévoile. Les pensées les plus dures cèdent la place aux sentiments les plus tendres, les mots les plus sincères. Liberté. Légèreté. Relâchement. Amusement. La simplicité du grand désert fascine. Au cœur du désert, l’être revient à lui… C’est cela le secret. L’être est libre dans le vaste corps de l’oasis rouge. Ces voyages dans le sud du pays ont cette particularité de libérer la personne de tout ce qui l’alourdit ; le stress du travail, le bruit mental… et toutes les pensées négatives qui polluent l’esprit. C’est pourquoi le Sahara algérien demeure une destination de choix pour les touristes, nationaux et étrangers. Le potentiel touristique est là, il est immense. Le désert algérien maintient son unité et son unicité comme un chêne ancestral qui résiste aux vicissitudes du temps sans jamais fléchir. Digne, il ne fléchit pas… mais il perd de sa force. Peut-être même de sa grâce, de son authenticité. La forteresse cherche, elle aussi, la protection. Les collectivités locales sont les premières à être interpellées sur l’état de dégradation des lieux, en ce qui concerne notamment l’hygiène publique. Le ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire aussi. Après lui, celui de la Culture qui doit s’engager longuement dans les travaux de recherche sur l’histoire et l’archéologie et consolider le partenariat avec les organismes onusiens pour une préservation réelle de ce patrimoine national, riche et varié. Cette tournée des journalistes dans la région de Timimoun, jumelée à une autre dans les deux wilayas de l’est du pays (Annaba et Souk Ahras), se veut un témoignage et un appel à la découverte, à la redécouverte de la beauté de l’Algérie, dans ses déserts, ses montagnes, ses stations balnéaires... et autres. D’où l’initiative de lancer la page Facebook «Ahna Kheir men Lheih» (ici mieux que là bas» qui est une idée du jeune Ramy de l’ENTV, adoptée aussitôt par toute l’équipe, dans la salle d’embarquement de l’aéroport d’Adrar, récemment remis à neuf. La page est destinée aussi bien aux journalistes qu’à tous les citoyens soucieux de promouvoir l’activité touristique dans le pays.
La mission était bénéfique pour tous. Elle a permis l’évasion, la détente et le renforcement des liens. Elle a rapproché les gestes, les caractères, les cultures… et c’est bien cela qui est visé par les initiateurs de l’Eductour, à travers «Le tourisme et rapprochement des cultures».   

Source La Tribune Karima Mokrani
Le Pèlerin

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:43

Sud algérien - Désertification

Les populations pauvres menacées

Dromadaire

 

Si la beauté du désert est une source intarissable pour la création poétique, son extension représente une réelle menace pour les êtres vivants. La progression des espaces désertiques pose un des plus grands défis environnementaux de l’heure et menace de manière dangereuse les besoins fondamentaux de l’homme vivant dans les zones arides.

Eau, couverture forestière, fertilité des sols, tout ce qui constitue les bases de la vie est exposé à la disparition à cause de la désertification. Selon un rapport des Nations unies sur la base de l’évaluation des écosystèmes en ce début du millénaire, la désertification est classée en bonne place comme « facteur de changement des écosystèmes potentiellement le plus menaçant pour la survie des plus pauvres ». Pas moins de 2 milliards de personnes vivant dans les pays en développement sont directement menacées par l’avancée du désert. Si la beauté du désert est une source intarissable pour la création poétique, son extension représente une réelle menace pour les êtres vivants. La progression des espaces désertiques pose un des plus grands défis environnementaux de l’heure et menace de manière dangereuse les besoins fondamentaux de l’homme vivant dans les zones arides. Eau, couverture forestière, fertilité des sols, tout ce qui constitue les bases de la vie est exposé à la disparition à cause de la désertification. Selon un rapport des Nations unies sur la base de l’évaluation des écosystèmes en ce début du millénaire, la désertification est classée en bonne place comme « facteur de changement des écosystèmes potentiellement le plus menaçant pour la survie des plus pauvres ». Pas moins de 2 milliards de personnes vivant dans les pays en développement sont directement menacées par l’avancée du désert. Outre ses incidences sur la disparition des espèces vivantes, la désertification agit aussi sur le changement climatique. Selon le même rapport, « les sols des zones arides contiennent plus d’un quart du volume total de carbone organique présent dans le monde et la quasi-totalité de carbone inorganique. A cause de la raréfaction des puits de carbone causée par la désertification et le dépérissement connexe de la végétation, les émissions de carbone sont nettement plus importantes dans ces zones ». Les spécialistes craignent donc une incidence directe sur le réchauffement de la planète. L’interconnexion entre les deux phénomènes écologiques dangereux que sont le changement climatique et la désertification a été prouvée, reste à savoir quand est-ce que le même intérêt sera accordé aux deux phénomènes de manière équitable. Il est regrettable de constater que la désertification est toujours considérée par les pays développés comme un mal touchant uniquement les pays du Sud et en particulier l’Afrique, et par conséquent ne méritant pas des dépenses d’argent considérables. La récente conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification tenue à Madrid, du 3 au 15 septembre, a encore une fois posé le problème du manque d’aide financière allouée à la convention de lutte contre la désertification. Il s’agit du parent pauvre des conventions de Rio et risque de le rester encore malgré le forcing opéré par certains pays d’Europe dont l’Espagne, lors de la dernière conférence des parties. Le nerf de la guerre a encore une fois divisé les pays signataires de la convention qui ne sont pas arrivés à s’entendre sur une augmentation du budget alloué au plan décennal de lutte contre la désertification. Le Nord et le Sud continuent d’être otages de calculs financiers. Les pays du Sud qui ont fait valoir leurs besoins matériels pour pouvoir mettre un frein à la poussée du désert n’ont pas pu convaincre les principaux bailleurs de fonds, que sont les puissances occidentales, à mettre davantage la main au portefeuille pour leur venir en aide. L’Afrique, continent lourdement touché, connaît annuellement une aridité affectant 65% de ses espaces qui engendre une perte sèche du potentiel économique de 9 milliards de dollars.

Source El Watan

Le Pèlerin

 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 06:55

La bataille du Sud a commencé

La-bataille-du-Sud.jpg

 

L'agriculture saharienne représente 18,2% de la valeur de la production agricole nationale

La réunion de Ghardaïa intervient sur fond de guerre au Mali et au lendemain de l'attaque terroriste sur le site gazier de Tiguentourine à In Amenas.

Focus sur le Sud où se joue l'avenir alimentaire du pays. La bataille pour cette sécurité alimentaire et donc de la souveraineté s'annonce rude et dure. Cette problématique a été largement abordée, hier, lors d'une grande rencontre régionale de «concertation» sur le développement local dans la capitale du M'zab (Ghardaïa) pour discuter des programmes de développement mis en place pour les wilayas du Sud. Des éleveurs, des notables et représentants de la société civile et des responsables de trois départements ministériels, le ministre de l'Agriculture, Rachid Benaïssa, des Ressources en eau, Hocine Necib et le secrétaire général du ministère de l'Intérieur, Abdelkader Ouali ont pris part aux débats. C'est à Ghardaïa que se sont rencontrés les wilayas de Biskra, El Oued, Ouargla et Laghouat. Cette conférence-débat, marque le début d'une série de rencontres régionales à Adrar, Tamanrasset, Béchar et Tindouf. L'objectif est d'«évaluer» l'impact généré par les actions prises en faveur du Grand Sud algérien de manière à «impulser» le développement économique et social de ces régions, indique le ministère. Il s'agit aussi de l'opportunité d'impliquer les acteurs locaux, dont la société civile, dans le processus de développement économique du pays. Les responsables du gouvernement ont de prime abord souligné que cette réunion a été programmée il y a de cela sept mois, mais que le contexte est têtu: elle intervient sur fond de guerre au Mali et au lendemain de l'attaque terroriste sur le site gazier de Tiguentourine à In Amenas. On ne peut donc s'empêcher de l'inscrire dans ce cadre. Aussi, ce conclave consiste-t-il à rapprocher davantage le citoyen de l'administration et de signifier la présence de l'Etat au sud du pays sérieusement perturbé par des mouvements sociaux de protestation et une conjoncture sécuritaire des plus fragiles. C'est dans ce sens d'ailleurs qu'a abondé le ministre de l'Agriculture, Rachid Benaïssa, affirmant que «cette rencontre est une occasion supplémentaire de rapprochement de tous les acteurs pour réduire les distances, favoriser la participation, l'amélioration de la mise en oeuvre des programmes de développement engagés en faveur des wilayas du Sud». Détaillant le faisceau de mesures qui est en train de se mettre en place pour le développement local au Sud, M.Benaïssa a annoncé que l'Etat accordera un prêt de 80 millions de centimes aux agriculteurs qui se proposent de construire des silos, de même qu'une aide de 60 à 70% à ceux qui veulent construire des hangars. Il a aussi annoncé que la mesure selon laquelle «la terre appartient à celui qui la travaille» est toujours d'actualité pour la région Sud. Ces mesures annonce le ministre, viennent en complément de l'enveloppe de 50 milliards de dinars dont bénéficient les cinq willayas. Le but étant de créer de la performance et une sorte de dispositif d'émulation entre les uns et les autres. L'agriculture saharienne représente 18,2% de la valeur de la production agricole nationale, qui a atteint 29,3 milliards de dollars lors de la campagne agricole 2011-2012, selon le ministère de l'Agriculture.
A elle seule la willaya d'El Oued produit 36% de la production nationale de pomme de terre. En 2012, les pouvoirs publics ont accordé une enveloppe supplémentaire de 79 milliards de DA au développement de l'agriculture dans le Sud. «Nous espérons atteindre les 30% dans les années prochaines, c'est un défi que nous lançons et que nous voulons relever» a encore annoncé le ministre. De son côté, le secrétaire général du ministère de l'Intérieur a instruit les walis et les représentants locaux de consigner toutes les doléances des intervenants et de leur donner effet sur le terrain. «Une commission sera immédiatement créée et les conseils de wilaya doivent appliquer et répondre dans la mesure du possible aux doléances des citoyens» a recommandé M.Abdelkader Ouali. «La question du foncier sera totalement assainie durant cette année 2013. S'agissant du problème de la bureaucratie, un programme d'action existe au niveau du gouvernement pour lutter de la manière la plus efficace contre ce fléau. Se taire ou l'ignorer c'est casser la relation entre le citoyen et l'Etat», a déclaré M.Ouali. Au sujet de la décentralisation, il a indiqué que son département se chargera d'envoyer des inspections régulières au niveau des wilayas. Car, il faut dire que le problème central tient à la décentralisation, à concéder plus de pouvoir aux assemblées locales, ce que refusent à présent les autorités à Alger. Lors de débats, les agriculteurs et les éleveurs se fondent souvent dans de longs cahiers de doléances mais ponctués par des revendications que d'aucuns ont estimé de nouvelles pertinentes et raisonnables. Ils revendiquent par exemple à ce que les sociétés pétrolières payent les dégâts qu'elles causent aux camelins obligés de s'abreuver dans des flaques d'hydrocarbures, ils demandent aux autorités qui payent des millions de dollars dans le cadre des aides internationales lors de catastrophes naturelles, d'intégrer les dattes comme produit de secours, ils proposent à ce que la Sonatrach s'investisse dans l'agriculture dans certaines régions du Sud, comme le fait la société française Total dans d'autres pays, ils demandent aussi des armes pour protéger leur cheptel et donc se défendre. Une demande, le moins que l'on puisse dire, nouvelle chez les citoyens du Sud.

Source L’Expression Brahim Takheroubt

Le Pèlerin

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